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L’Église d’Afrique : une voix dans le désert ?

Le point de vue de Nicolas Kapinga, président de la Communauté Chrétienne des Africains à Paris

A l’occasion du synode, la Communauté Chrétienne des Africains à Paris a eu deux rencontres : une avec le Cardinal de Ouagadougou et une autre avec l’évêque de Fada, au Burkina Faso. Ils nous ont parlé de ce que les évêques font à Rome sur le thème : « L’Eglise d’Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix ».

Le cas très concret que vivent les Africains, c’est celui de la Guinée où les militaires sont au pouvoir et qui ont promis qu’ils ne se présenteraient pas aux élections. Sans oublier qu’au même moment il y a eu l’enlèvement d’un prêtre et d’un séminariste au Sud-Kiwu, au Congo (RDC). Ça a touché l’Eglise puisque des rançons ont été demandées. Ce sont des événements que l’on n’avait jamais vécus avant. Il y a aussi des points de conflits au Niger et en Mauritanie. Ça nous touche parce que cela montre un manque de justice, le goût de l’opulence et le goût du pouvoir.

Les africains à l’étranger sont touchés personnellement dans leur chair. A tout moment, par la radio, par les téléphones portables, par Internet, ils sont au courant de ce qui se passe au pays et vivent les événements au jour le jour.

On est solidaire par la prière, on demande au Seigneur qu’il donne la paix. On se soutient par la prière. Il y a aussi, de temps en temps, des collectes d’argent ou d’habits pour envoyer au pays. Ce sont des participations concrètes qu’on peut faire.

En ce qui concerne le renouveau politique, il y a toujours des gens qui participent à des partis politiques, qui cherchent des solutions pour s’en sortir. On est touché dans sa profondeur humaine et on comprend pourquoi certains font de la politique.

L’enjeu de ce synode est très important. En effet, quand les évêques vont rentrer dans leur diocèse ou dans leur pays, ils en parleront dans leurs assemblées de prière. Ils parlent aux chrétiens et ils parlent aussi aux gouvernements en place. Le dialogue entre chrétiens et membres du gouvernement doit toucher les personnes, afin que nos dirigeants puissent changer leur comportement. Les chrétiens peuvent aussi prier si le gouvernement ne va pas dans le sens de la justice et de la paix.

Les évêques en Afrique sont écoutés par les gouvernements. Les plus courageux ne se taisent pas : ils parlent ! Parmi les évêques qui sont à Rome en ce moment, il y en a qui sont déterminés et tenaces : même si les dirigeants ne les écoutent pas, ils ne perdront pas confiance et laisseront le message de Dieu faire son chemin.

En savoir plus
- Bilan et action de grâce pour le synode le 1er novembre à Notre-Dame de Paris
- Communauté Chrétienne des Africains (CCDA) à Paris