Méditation adressée aux jeunes par le P. Père Jean-Marie Vincent, vicaire à Saint-Germain des Prés
« Sans moi, vous ne pouvez rien faire », nous dit le Christ. Et pourtant, il veut vraiment nous donner de participer à son œuvre. Il nous envoie travailler à la Vigne de Dieu et il veut que nous portions du fruit au centuple.
Alors, quel est le secret d’une telle fécondité ? Le roi Salomon l’a découvert et l’a compris lorsqu’il dit de la Sagesse : « Ayant ainsi raisonné en moi-même et considéré en mon cœur que la parenté avec la sagesse assure l’immortalité, que sa tendresse procure une noble jouissance, les labeurs de ses mains, une richesse inépuisable, sa fréquentation assidue, un jugement avisé (…), j’allais de tous côtés cherchant comment la prendre pour épouse. » (Livre Sagesse, 17-18)
Jeunes, vous cherchez l’immortalité ? Vous cherchez la noble jouissance des choses ? Vous cherchez la richesse inépuisable ? Vous cherchez le jugement avisé des choses de ce monde ? Alors, cherchez à prendre pour épouse la Sagesse incarnée, le Christ. Le secret réside dans cet attachement particulier. Il est à la source de toute chose concernant ce que le cœur de l’homme peut vouloir désirer.
Voulez-vous prendre le Christ pour époux ? C’est-à-dire, de consentir à être attaché à Lui de telle sorte qu’en dehors de cet attachement, votre vie n’aurait aucun goût, aucun sens.
Le temps est venu de vouloir croire à l’incroyable de l’Evangile. Oui, ou non, pouvons-nous pardonner sept fois soixante dix fois ? Oui, ou non, croyons-nous qu’il est plus difficile pour un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille ? Etc. Ou, préférons-nous encore les interprétations abstraites plaisantes pour nos vues de l’esprit ?
Oui, chers jeunes, le temps est venu de croire à l’incroyable de l’Evangile. Je dirai même plus, le temps est venu d’oser rêver le rêve de Dieu !
C’est pourquoi le Christ nous prévient : « vous êtes placés dans le monde. Mais vous n’êtes pas du monde. » Voilà l’enjeu du choix de Dieu. Ce choix ne peut être le simple fait d’une production intellectuelle éclairée et « nourrie » de valeurs chrétiennes. Erigées au rang de grands principes séduisants pour nos esprits, ces idées risquent de nous conforter et donc de nous enfermer dans notre propre idée d’un christianisme acceptable et qui serait notre religion du moment.
Non. Ce choix de Dieu relève d’une disposition intérieure, celle du cœur, capable de nous convaincre à vouloir vivre d’une certaine manière, et ce concrètement. Choisir sa vie, pour nous chrétiens, c’est choisir de la vivre attachée au Christ. De même que les époux se vivent dans le monde comme étant attachés, consacrés, l’un à l’autre. De même, le chrétien vit sa vie dans le monde à cause du choix qu’il a fait de Dieu.
Ainsi, le chrétien avance sur cette terre en pèlerin de l’Absolu parce qu’il a la connaissance d’une telle communion ! Elle engage par le fait même d’exister. C’est ce que le baptême produit pour toute personne.
Le choix de Dieu, c’est vouloir et choisir de vivre à cause de et selon le baptême que j’ai reçu. Or, le mystère du vivant en général nous enseigne ceci d’universel : personne ne s’est donné la vie à soi-même. L’action active du choix personnel de Dieu prend naissance dans la proposition vivante qui m’est faite dans et par l’Eglise. C’est Dieu qui choisit chacun d’entre nous, baptisés pour une mission particulière : le connaître, l’aimer et aimer nos frères…Seulement voilà ; voulons-nous le connaître, l’aimer et aimer nos frères !
Cher jeune. Dieu te choisit, Il te veut dans la plus grande liberté. Il t’invite à le connaître et à l’aimer. Il te donnera ce que tu cherches au-delà de ce que tu peux imaginer. L’invitation est là. C’est le moment de l’Avent, celui de la passivité d’une naissance à venir : « qu’il m’advienne selon ta parole », dit Marie à l’Ange. (Luc 1, 38) La foi de Marie la rend féconde dans son humanité. Elle vient d’engendrer le Christ en elle.
Toi aussi, cher jeune. Ta foi engendre le Christ en toi. Telle est ta dignité, ta grandeur dans l’humilité d’une naissance ; celle du Christ, la tienne…
Père Jean-Marie Vincent
Vicaire, Saint Germain des Prés
