Nathanaël Garric « Ne mets pas de ténèbres, là où il y a la lumière »Après six années de séminaire passées à l’étranger, Nathanaël Garric revient à Paris pour exercer son futur ministère.
Nathanaël est serein. A la rigueur plus inquiet pour les préparatifs que pour l’ordination en elle-même. Le 26 juin sera pour lui « une grande joie ». Le chemin jusqu’au sacerdoce a été « clair », « paisible ». Le fait d’avoir grandi avec la communauté de l’Emmanuel (ses parents en faisaient partie) a contribué à démystifier la fonction : « Rencontrer des séminaristes heureux, ça a été déterminant. Le prêtre, homme ordinaire, c’était pour moi une chose acquise. » Là où certains se questionnent à plus soif, lui se rappelle cette phrase que son père spirituel lui a enseignée durant son année de propédeutique à Namur : « Ne mets pas de ténèbres, là où il y a la lumière. » Cela ne fait que quelques mois qu’il est de retour à Paris. Car Nathanaël a suivi toute sa formation durant son séminaire à l’étranger. Une belle chance. Ses quatre premières années, il les passe à l’Institut d’études théologiques de Bruxelles (IET), avec un intermède à Jérusalem au sein de l’Ecole biblique. « Je souhaitais disposer de six mois pour me plonger dans l’étude de l’Ecriture Sainte », explique-t-il en toute simplicité. Son expérience marquante reste sans nul doute son année au Brésil, en 2009, avec Fidesco. A Salvador de Bahia, il gère un centre de formation professionnelle. Un « job » atypique pour un cet ancien étudiant de philosophie. « J’y ai tissé des liens forts », confie-t-il. Si forts qu’un Brésilien fera même le déplacement pour assister à son ordination ! Et lui n’exclut pas d’y retourner un jour. Les souvenirs sont encore tout frais. L’excitation également. « Là-bas, les gens attendent tout du prêtre, dans une paroisse, on est comme sur le pont d’un navire, en permanence en première ligne. » Mais le grand bain paroissial, ce ne sera pas pour demain, car il lui reste un an pour achever sa licence de théologie. Son sujet : « Le Christ comme parole. » Les études, il adore cela, « ça me tient aux tripes », dit-il. C’est pour lui une véritable passion. Ces amis – tous ne sont pas pratiquants – évoluent dans des milieux intellos. « Pour aider les gens à entrer dans la contemplation du Seigneur », la prédication l’attire beaucoup. S’il étudie, c’est toujours dans l’optique de rendre ce qu’il apprend à ceux qui sont loin de l’Eglise. Il a à cœur cette phrase exigeante de l’épitre de saint Pierre : « Soyez toujours prêts à rendre compte de votre foi. » (1P 3, 15) • Guillaume Desanges Phrase d’ordination : « L’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous » (2 Cor 5, 14)
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