Thierry de Lesquen D’une vie centrée sur soi au don de lui-mêmeAlors qu’il pensait avoir presque tout réussi dans la vie, il rencontre Dieu et s’engage à sa suite.
À 28 ans, Thierry de Lesquen avait presque tout du modèle de « vie réussie » qu’il voulait. Cet ingénieur originaire de l’ouest parisien avait un bon travail et une vie confortable. Il ne lui restait qu’à fonder une famille pour avoir atteint les buts qu’il pensait nécessaires pour être « un succès ». Un an plus tard, lors d’un week-end avec la communauté Saint-Jean, le jeune homme entend « un appel » et ses repères sont bouleversés. « Devant le Saint-Sacrement, il m’est apparu évident que tout ce que j’avais édifié n’avait aucun sens sans l’Amour, avoue-t-il derrière ses lunettes rondes. Pour la première fois, j’étais capable d’entendre le message du Seigneur. » En sortant de la chapelle, plus question de continuer comme avant. Thierry commence alors un chemin difficile, car « quand on classe toute sa vie dans des cases, c’est un vrai deuil de découvrir que ce ne sont pas les bonnes ». Il s’ouvre au don de soi en s’engageant avec l’association “Aux captifs la libération”. Une fois entré au séminaire, les personnes de la rue font écho aux situations de celles qu’il rencontre dans ses services pastoraux et un constat se dégage : « Que ce soit chez les enfants du catéchisme ou auprès des toxicomanes que j’ai croisés, un enjeu m’apparaît fondamental dans mon futur ministère : la famille. Car l’avenir des enfants passe par la famille ». Après un voyage en Terre Sainte, il s’intéresse aussi au dialogue entre les cultures religieuses et commence à suivre des cours d’arabe. A la maison du séminaire parisien à Bruxelles, N.-D. de la Strada, la théologie des religions est au cœur de la fin de son cursus. Et après l’ordination ? « On entend souvent : “Qu’est-ce que tu veux faire après ?”, mais c’est une fausse question, insiste-t-il. Les apôtres étaient dépassés par l’œuvre de l’Esprit, ils ne contrôlaient rien. Le ministère correspond au don total de soi. Il s’agit d’être disponible à ce que l’Eglise veut. » Pour celui qui a mis du temps à apprendre le don de lui-même et qui a remis en cause ses priorités pour embrasser celles de Dieu, pas question de refaire les mêmes erreurs. Pour l’instant, une chose est sûre : Thierry restera à Bruxelles, pour faire son mémoire de licence sur la famille ou le dialogue interreligieux. • Sophie Lebrun Phrase d’ordination : « Il faut que lui grandisse et que moi je diminue » (Jn 3, 30)
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