Luc Reydel De la parole des hommes à celle de DieuLa chaleur et la simplicité de Luc trahissent tout autant le service sacerdotal qu’il s’apprête à accomplir que son ancien métier de comédien.
Acte I. Le rideau s’ouvre sur une scène de vie familiale au Havre, quatre décennies plus tôt. On y voit Luc, souriant et espiègle, apprendre le don de soi. Deuxième d’une famille de trois garçons, la souffrance aura pour lui bientôt un visage. D’abord celui d’un aumônier scout, en fauteuil roulant, mais rayonnant et joyeux, puis celui de son père atteint de sclérose en plaques. La relation à son père malade donnera à Luc de mesurer son incapacité à aimer jusqu’au bout sans l’aide de Dieu. Acte II. Diplôme du CNAM en poche, Luc passe un an à l’école Jeunesse Lumière où il reçoit et vit la joie de la mission auprès des jeunes. Puis, à Paris, Luc se consacre au théâtre, découvert en jouant L’Annonce faite à Marie, de Claudel, et une adaptation du mystère de l’apôtre Pierre. Cet art-créateur de relation peut être mis au service de l’annonce de l’Évangile. Comédien, assistant metteur en scène comme dans Récits d’un pèlerin russe, Luc travaille dans diverses pièces où la mission a toute sa place. Il garde un souvenir ému des Fioretti de saint François. Acte III. À la mort de son père en 1997, Luc change de travail. Il sent que jouer sur scène un rôle qui n’est pas le sien l’empêcherait de vivre ce deuil. Il trouve un poste dans une entreprise de téléphonie et s’investit dans la vie paroissiale. Infatigable soutien logistique de la paroisse, il accompagne également un catéchumène. Ces engagements préparent Luc à vivre… un coup de théâtre ! Le 3 juillet 2003, il reçoit en plein cœur cette parole de l’Évangile : « Ayant aimé les siens, il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1). Est-il à la fois plus bel élan, généreux et raisonnable que celui qui engage à tout risquer pour le Christ ?, se demande-t-il. L’appel est irrésistible. A la rentrée suivante, il est à la Maison St-Augustin. Au seuil de son ordination, Luc n’aspire plus qu’à alimenter la flamme divine dans le cœur de ses contemporains. Voilà jetées les bases d’un magnifique quatrième acte ! • Guilhem Dargnies Phrases d’ordination : « Toi, suis-moi » (Jn 21, 19).
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