« Des outils pour unifier sa vie à l’âge étudiant »

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P. Emmanuel Coquet, directeur spirituel à la Maison St-Augustin, recteur de l’église St-Joseph des Carmes (6e), accompagnateur de la session « Subir ou choisir ma vie ».
© Ariane Rollier

P.N.-D. – Vous accompagnez le parcours « Subir ou choisir ma vie » depuis plusieurs années. Quel les sont les intuitions de ce parcours ?
P. Emmanuel Coquet – Cette session d’orientation est née d’un constat fait au lendemain des JMJ de 1997 : les étudiants avaient des difficultés à unifier leur vie, leurs aspirations... Le P. de Dinechin a alors eu l’idée de lancer une session donnant des outils aux étudiants en vue de favoriser leur unification personnelle et leur projet professionnel. L’idée était de leur donner davantage confiance en eux par un accompagnement plus personnel. Dix ans plus tard, cet objectif me semble d’autant plus pertinent que les jeunes évoluent dans un contexte de crise, qui suscite en eux la peur du monde du travail. Je pense qu’ils sont moins convaincus qu’autrefois que la société les attend. Il est donc important de leur faire prendre conscience de leur richesse propre et de leur faire comprendre que le monde a besoin d’eux !

P. N.-D. – Quels outils proposez-vous aux jeunes pour les aider dans l’unification de leur être ?
E. C. – L’Église a un trésor de deux mille ans dans le domaine du discernement, sur lequel on peut s’appuyer de façon crédible. Le parcours s’inspire du mouvement des Exercices spirituels de saint Ignace et s’appuie sur la doctrine sociale de l’Eglise. Cela inclut le travail de relecture de vie pour découvrir qui l’on est, mieux comprendre comment on interagit avec les autres, etc. Les grands points de la session sont les suivants : je pars de qui je suis, puis je regarde l’image que je donne de moi-même aux autres, je réfléchis sur mes aspirations, mes spécificités et mes qualités propres, et je me tourne vers le monde professionnel. Nous poussons les étudiants à sortir d’une image théorique du monde du travail, à s’affranchir de leurs idées fausses, en les guidant vers des personnes travaillant en entreprise.

P. N.-D. – En plus de cette session, que propose le diocèse de Paris pour aider les jeunes dans le discernement de leur « vocation », à une période-clé de leur vie ?
E. C. – Nous avons la chance de disposer d’un large réseau d’aumôneries étudiantes qui accompagnent les jeunes et les aident à savoir qui ils sont. Ce sont des lieux où ils peuvent trouver un encouragement à prendre leur vie en main, à faire leurs propres choix, au lieu de se laisser porter par l’air du temps. Je pense qu’outre les aumôniers, les laïcs engagés auprès des jeunes sont de bons relais pour leur faire comprendre que leurs études et leurs activités ne devraient pas se dissocier de leur foi. Il est aussi important de les renvoyer vers le monde de manière plus sereine, en leur faisant comprendre qu’ils sont appelés à témoigner du Christ là où ils sont, quand ils pourraient avoir la tentation de se retrancher dans leur pré carré. L’âge étudiant conjugue un certain nombre de choix importants et décisifs à poser : il est pertinent d’apporter alors une parole libératrice. Une autre réalité du diocèse à ne pas négliger est celle des foyers d’étudiants, où l’exigence de vie communautaire et de formation favorise l’unification des jeunes dans leur quotidien.

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