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2 septembre - Bienheureux Martyrs de septembre 1792, dont saint Salomon Leclercq

Parmi les 3 000 victimes de septembre 1792, 191 personnes mortes pour leur foi ont été béatifiées par Pie XI le 17 octobre 1926. Parmi eux, saint Salomon Leclercq, frère des Écoles chrétiennes, a été canonisé en 2016.

Fête le 2 septembre

Après la chute de la Monarchie le 10 août 1792, la fièvre monte à Paris. De nombreux suspects sont arrêtés : laïcs, prêtes séculiers, religieux, souvent réputés réfractaires, même si ce n’est pas le cas de tous. Environ 350 ecclésiastiques sont ainsi incarcérés, dont plus de la moitié étrangers à la capitale. Entre le 2 et le 5 septembre, des bandes armées d’hommes et de femmes envahissent les prisons parisiennes pour se livrer à l’exécution collective des détenus au couvent des Carmes, à l’abbaye de Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux prisons de la Force, rue Saint-Antoine.

Le couvent des Carmes, avec son très vaste enclos, est le premier et le plus symbolique théâtre des tueries. Au témoignage de l’abbé Saurin, jésuite rescapé, le contraste est saisissant entre la sérénité qui règne au-dedans, parmi les ecclésiastiques prisonniers, groupés autour de trois évêques, et, au dehors, le hurlement de la foule, les canonnades, les roulements de tambour, et finalement, le 2, vers quatre heures du soir, le tocsin de Saint-Sulpice qui donne le signal aux émeutiers. La tuerie qui a commencé dans le jardin s’achève, après un simulacre de jugement, au pied du petit escalier faisant communiquer la chapelle, où les prisonniers ont d’abord reflué et se sont mutuellement donné l’absolution, et le jardin.

« Je n’ai entendu se plaindre aucun de ceux que j’ai vu massacrés » écrira l’abbé de la Pannonie, blessé et rescapé de la tragédie des Carmes.

Parmi les 3 000 victimes de septembre 1792, 191 personnes mortes pour leur foi ont été béatifiées par Pie XI le 17 octobre 1926.

86 prêtres étaient membres du clergé parisien. Les quatre laïcs et de nombreux religieux béatifiés appartenaient aussi à l’Église de Paris.

Saint Salomon Leclercq

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Portrait de Salomon Le Clercq
© Communication La Salle France

Né en 1745 à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), dans une fratrie de onze enfants, il est le seul à être scolarisé chez les Frères des écoles chrétiennes, une communauté d’éducateurs qui offre un enseignement gratuit grâce à des donateurs. (...) Élève timide et appliqué, Nicolas a pour objectif de travailler plus tard aux côtés de son père, négociant. Il s’inscrit à un cours sur le commerce et se rend ensuite à Paris pour se perfectionner lors d’un stage.

Un séjour qui va déstabiliser Nicolas. « Je ne suis pas fait pour vivre dans le monde ; la vue de tous les péchés qui s’y commettent trouble la sérénité de mon âme », confie-t-il dans une lettre. Il prend alors la décision, à 21 ans, d’entrer au noviciat de Saint-Yon (Seine- Maritime) et revêt, quelques mois plus tard, l’habit noir des frères. Devenu Fr. Salomon, il enchaîne les missions, dans divers établissements, comme enseignant, directeur de noviciat, économe et intendant. Cet homme efficace et humble, qui ne cherche à « plaire qu’à Dieu seul », comme il l’écrit, est appelé, en 1787, par le supérieur général des Frères des écoles chrétiennes, le Fr. Agathon, à devenir son secrétaire général. (...)

En 1791, il est envoyé à Paris par le Fr. Agathon. Malgré la période tourmentée, il ne perd pas l’espérance. Le 15 août 1792, il écrit à sa sœur que « les tribulations que nous éprouvons ici-bas sont passagères, et la récompense que nous espérons sera éternelle ». Le soir-même, des révolutionnaires frappent à sa porte et l’emmènent à l’ancien couvent des Carmes (6e), transformé en prison. Restant ferme dans ses convictions, il est assassiné, le 2 septembre, aux côtés d’une centaine de prêtres, religieux et laïcs.

- Lire la biographie publiée par Paris Notre-Dame.

Église Saint-Joseph-des-Carmes
74, rue de Vaugirard, 6e arr. - M° Rennes

On peut vénérer ces béatifiés dans la crypte ossuaire érigée au XIXe siècle sous la chapelle.

L’escalier du martyre marqué d’une plaque Hic ceciderunt (Ici ils tombèrent) est aujourd’hui inclus dans le jardin du séminaire universitaire de l’Institut catholique.

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