Année 2009 : Qui sont les huit nouveaux diacres ?
Huit hommes d’âge mur, célibataires ou mariés, seront ordonnés diacres permanents pour le diocèse de Paris samedi 10 octobre à 10h. La cérémonie sera présidée par le cardinal André Vingt-Trois, à Notre-Dame de Paris. Paris Notre-Dame vous présente :

Patrick Decléty
Quelques repères
58 ans, né le 30 mai 1951, marié avec Chantal et père de cinq enfants.
Paroisse : St-Jean Baptiste de La Salle (15e).
Ministère diaconal : chargé de la préparation au mariage à St-Jean Baptiste de La Salle.
Profession : Officier général en retraite.
Adjoint au directeur du Bon Conseil à Paris (7e).
Appelé à être diacre : par le curé de cette paroisse, le P. Guillaume de Menthière.
Phrase d’ordination : « Et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même. » (Eph 2 19-22).
« Je n’ai pas accepté de devenir diacre : j’ai su que le Seigneur m’appelait. Cet appel a eu pour moi l’effet d’une bombe qui explose dans le jardin. Je me suis alors demandé : « pourquoi moi ? » Et puis, avec Chantal, je suis entré dans le parcours de discernement, baigné dans la prière. J’ai alors compris que Dieu me parlait et m’attendait, qu’il s’agissait d’abord de l’entendre plutôt que de le gaver de mes soucis. Qu’il fallait changer de posture face à Dieu, comme dans le Livre de Jonas. Enfin, j’ai pris le temps d’intégrer la relation que j’aurais en tant que diacre avec l’Église. Le diacre en effet promet la fidélité à son évêque. On ne s’appartient plus tout à fait. Des signes qui se sont multipliés m’ont conforté dans l’idée qu’il se passait quelque chose. Je me suis dit que c’était en y allant que je donnerais une suite à cet appel. Ma femme a été complètement associée à ma démarche. Son avis a été capital. Quant à nos enfants, ils n’ont pas été tout de suite mis au courant. Quand on le leur a annoncé, chacun a intériorisé cet événement et l’a vécu selon son propre chemin. »

François Déprez
Quelques repères
50 ans, né le 8 novembre 1958, marié et père de cinq enfants.
Paroisse : St-Ferdinand des Ternes (17e).
Profession : Directeur commercial grands comptes industrie chez Bureau Veritas.
Appelé à être diacre : par des diacres et des paroissiens.
Phrase d’ordination :
« Soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent » (Rm12, 15-16)

« C’est dans le couple et en paroisse qu’est née ma vocation : c’est l’un des fruits de notre amour conjugal. C’est dire que la place de mon épouse est importante ! Elle m’a évidemment accompagné dans ce cheminement, sachant me laisser la liberté de suivre ou non le Christ. S’il m’a été facile d’accepter d’être diacre c’est qu’en définitive il s’agit de répondre à l’appel du Christ confirmé par son Église. Nos enfants ont trouvé « logique » ma réponse à cet appel et n’ont pas été surpris. Je peux dire qu’il n’y pas vraiment eu un avant et un après l’appel à l’ordination. Il y a une continuité de vie avec un désir de davantage s’unir au Christ. Entre le laïc et le diacre, il s’agit en fait de la même différence qu’entre des fiancés et des mariés. Le couple marié vit un engagement avec le Christ et est uni par le sacrement du mariage. Le diacre, lui, est consacré et reçoit le sacrement de l’ordre. Cette irrévocabilité ou radicalité du couple comme du diacre est déjà un témoignage singulier. Comme pour tous les baptisés, il nous faut parfois rester discret (être sel de la terre) et parfois nous pouvons manifester notre visibilité (en étant lumière du monde). »

Patrice Héliot
Quelques repères :
65 ans, né le 30 octobre 1943, marié avec Christine et père de deux enfants.
Paroisse : St-Lambert de Vaugirard (15e).
Profession : Retraité du secteur bancaire.
Ministère diaconal : deux missions, l’une pastorale à St-Lambert, l’autre au service de la pastorale familiale du diocèse.
Appelé à être diacre : par le curé de la paroisse.
Phrase d’ordination : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, vous connaîtrez la vérité et la vérité fera de vous des hommes libres. » (Jn 8, 31-32)
« Depuis la fin des années 70, Christine et moi sommes engagés au service de l’Eglise dans deux lieux : notre paroisse et la communauté du Chemin neuf. Le cheminement vers le diaconat n’a donc pas vraiment modifié notre façon de vivre ; il a été en quelque sorte la suite naturelle de ces engagements. Tout au plus pouvons-nous dire qu’il nous a donné une nouvelle perspective riche en joies, nous a incités à une plus grande fidélité à l’Eucharistie et nous a fait découvrir la liturgie des Heures.
Par l’ordination, je serai consacré serviteur du peuple de Dieu, engagé définitivement dans mon ministère (service). Notre monde actuel, qui vit de plus en plus dans le provisoire, se montre parfois très sensible et curieux à l’égard de ceux qui souscrivent des engagements définitifs. La surprise vient plus de celui qui écoute que de celui qui témoigne. J’attends le moment où, après l’ordination, je porterai un signe (croix ou insigne) qui m’annoncera en tant que diacre et me permettra, plus facilement qu’aujourd’hui, de témoigner de ma foi et d’entrer en contact avec toute personne intéressée ou touchée par la foi dans le Christ. »

Michel Jan
Quelques repères
60 ans, né le 16 mai 1949, célibataire.
Paroisse : St-Philippe du Roule (8e) et hôpital de la Pitié Salpêtrière (13e).
Profession : Généalogiste.
Appelé à être diacre : par l’ancien curé de la paroisse, le P. Chatillon.
Phrase d’ordination : « C’est pourquoi, j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. » (2 Cor 12, 9-10)
« Le fait de cheminer vers le diaconat a changé ma façon de vivre. Grâce à la lecture des Heures que je récite tous les jours à heures fixes, je prie plus régulièrement. Je m’arrête aussi plus souvent dans une église et essaie, dès que mon travail me le permet, d’aller à la messe en semaine. En outre, les téléphones, les mails et les lettres que m’ont envoyés amis, paroissiens, voisins et collègues de bureau, dans lesquels ils me remercient d’avoir répondu « oui » à l’appel et manifestent qu’ils comptent sur moi, sont tellement extraordinaires que je ne peux plus être le même. Je ne peux que devenir meilleur !
Si je devais répondre à la question sur ma motivation profonde pour être diacre, je dirais que j’ai décidé d’être serviteur des serviteurs, avec les plus pauvres. J’ai choisi d’avoir un célibat consacré tourné vers les autres pour la gloire du Père et non pour mon propre confort. J’ai accepté de me consacrer aux autres, aux plus pauvres et aux déshérités, notamment à travers l’exercice du ministère de la compassion dans un hôpital auprès des malades et des personnes âgées. »

Jean Nguyen
Quelques repères :
50 ans, né le 6 février 1959, célibataire.
Paroisse : Communauté vietnamienne de Paris (18e).
Profession : technicien photocopieur et fax.
Ministère diaconal : visite de prisons.
Appelé à être diacre : par le curé de cette paroisse.
Phrase d’ordination : « Aucune créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 39).
« J’ai accepté d’être diacre car je crois : c’est un appel de Dieu et je le suis. Lors d’une messe, il y a eu un moment où, en méditant les Lettres de saint Paul, j’ai éprouvé une admiration profonde pour cet apôtre qui a consacré sa vie à Dieu. J’admirais son amour, sa vie, sa ferveur et son engagement pour l’évangélisation des païens. Je me suis dit : « Seigneur, vous connaissez le fond de mon cœur et de mes pensées, qu’est-ce que je peux faire pour répondre à votre appel ? ».
Et un jour, mon curé m’a inscrit à la formation au diaconat... Je peux dire que cheminer avec Dieu vers le diaconat a amélioré ma vie spirituelle, notamment grâce à la lecture de la liturgie des Heures et à la méditation de la parole de Dieu. Je dois avouer aussi que participer à la messe tous les jours et adorer le St-Sacrement me comblent. Dans la vie courante, je suis plus calme et plus serein qu’auparavant, je manifeste plus d’affection envers mes prochains. Je cherche à avoir des paroles et des actes conformes à la volonté de Dieu. Même si je ne crois pas avoir vraiment changé dans mon travail, j’y ai toujours à cœur d’être humble, patient, joyeux et à l’écoute de mon prochain. »

Christophe Sampré
Quelques repères
56 ans, né le 6 septembre 1953, marié et père de cinq enfants.
Paroisse : St-Ferdinand des Ternes (17e).
Ministère diaconal : à St-Ferdinand des Ternes.
Profession : consultant dans une société de service informatique.
Appelé à être diacre : par le curé de la paroisse.
Phrase d’ordination : « Ma grâce te suffit, car ma puissance se déploie dans la faiblesse » (2 Cor 12, 9)
« On ne demande pas souvent à un jeune mari pourquoi il a accepté d’épouser sa femme. Quand j’ai dit oui à Anne (c’est effectivement elle qui m’a demandé en mariage !), je ne me sentais vraiment pas à la hauteur. Mais c’était Anne, c’était elle qui me le demandait et elle avait suffisamment de confiance pour nous deux : je savais que je reposais sur un roc. La difficulté, avec le diaconat, ça n’a pas été de répondre oui, ça a été d’être sûr que j’étais appelé : il m’a fallu près de cinq ans pour cela. Deux ans pour donner suite à l’appel de mon curé, puis les trois ans que, dans sa sagesse, l’Eglise de Paris m’a demandé pour discerner si le Seigneur m’appelait.
Pour discerner, il y a bien sûr l’accompagnement spirituel et la prière, l’écoute dans le cœur à cœur ; mais je dois dire que j’ai été surtout sensible aux signes qui me montraient que cela ne venait pas de moi : je n’avais jamais songé à devenir diacre, je ne voyais pas bien la place du diacre dans l’Église (sous-prêtre ou super laïc ?), mon curé (celui même qui m’a appelé) me disait que lui-même ne voyait pas bien quelle place ils occupaient. Et puis, Anne me confiait que tel prêtre ou tel laïc lui avait dit qu’il me verrait bien diacre. Enfin, il y avait, il y a encore cette certitude que je ne suis pas à la hauteur. Mais c’est le Seigneur, c’est lui qui me le demande, et il a suffisamment de confiance pour nous deux : je sais que je repose sur un roc ».

Philippe Sers
Quelques repères
69 ans, né le 1er septembre 1940, marié et père de trois enfants.
Paroisse : St-Lambert de Vaugirard (15e).
Profession : chercheur en philosophie.
Ministère diaconal : à St-Lambert et au Collège des Bernardins.
Appelé à être diacre : par le curé de cette paroisse.
Phrase d’ordination : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ; la vérité germera de la terre et des cieux se penchera la justice » (Ps 84)
« Beaucoup de questions portent sur la vie du diacre. Je ne pourrai y répondre qu’une fois ordonné diacre, quand j’aurai vécu ma mission suffisamment. D’ores et déjà, outre le service de la prière et de la charité auprès des malades, dans ma paroisse St-Lambert de Vaugirard, ma mission semble devoir s’exercer très naturellement dans une perspective de recherche et d’enseignement, en particulier au Collège des Bernardins. Elle prolonge ainsi ce qu’a été mon travail de philosophe et de professeur pendant les années qui ont précédé mon ordination. Je crois que le moment le plus important pour un chercheur chrétien est celui où il prend conscience du fait que la Parole de Dieu a une véritable actualité dans les débats de son époque.
C’est le cas, me semble-t-il, pour le domaine de l’art et de la culture qui est le mien. La culture contemporaine a besoin de prendre conscience de son identité réelle et de ses questionnements profonds. La recherche peut l’aider sur ce plan. Je crois que les artistes, les musiciens et les poètes, attendent de l’Eglise un message clair. L’Evangile est appelé à visiter toutes les cultures et, avec sa richesse propre, la culture contemporaine a besoin de l’enseignement du Christ. »

Jérôme Walewski
Quelques repères
48 ans, né le 30 octobre 1961, marié et père de quatre enfants.
Paroisse : Chapelle Notre-Dame du St-Sacrement (16e).
Ministère diaconal : diacre stagiaire à la chapelle.
Profession : directeur de société.
Appelé à être diacre : par l’ancien chapelain le P. Olivier de Cagny.
Phrase d’ordination : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jean 2- 5)
« Avec l’appel au diaconat, notre vie s’est ordonnée de manière différente. Nous avons accordé plus d’importance à l’essentiel, à savoir notre vie de prière. Le seul diacre authentique, c’est le Christ, c’est lui qui se met à notre service. D’ailleurs, dans épisode du lavement des pieds, il nous dit : « Vous devez vous lavez les pieds les uns aux autres, heureux êtes vous si vous le faites. »
Ce mot heureux est l’une des clefs des évangiles. Le Christ ne vient que pour nous rendre heureux. Mon ministère s’exercera dans ma famille, mon travail et ma paroisse. En m’appuyant sur la grâce du sacrement de l’ordre, je devrai effectuer toutes les taches de la vie ordinaire comme serviteur de Évangile. »