L’équipe des cinémas Action poursuit un travail précieux de restauration et de diffusion des œuvres du cinéma américain, ainsi que la composition de programmes indispensables à la compréhension du cinéma d’aujourd’hui.
Hantise (Gaslight) de George Cukor, 1944, 1h50
avec Ingrid Bergman, Charles Boyer et Joseph Cotten
(Ressortie en copie neuve le 24/01/07 dans les cinémas Action)
Mr and Mrs Smith de Alfred Hitchcock, 1941, 1h35
Avec Carole Lombard et Robert Montgomery
La dolce vita de Federico Fellini, 1960, 2h18
dans le cycle Cinéma italien 60-70 ; avec Anita Ekberg et Marcello Mastroiani
Dans les débats qui suivent les nombreuses projections en milieu scolaire organisées par le Service chrétien du cinéma, les animateurs ne se lassent pas de l’émerveillement des jeunes quand ils reconnaissent, dans les chefs d’œuvre du répertoire, la source d’inspiration des cinéastes d’aujourd’hui.
Récemment, la presse a parlé du film de Lubitsch, Haute Pègre, à propos de Hors de prix de Pierre Salvadori, en précisant malgré tout qu’il valait mieux voir l’original avant la copie. Et le voir au cinéma plutôt qu’en DVD, même si ce dernier est un outil bien utile. Rue des Ecoles (5è) et rue Christine (6è), les cinémas Action poursuivent leur œuvre de restauration et de diffusion de ces œuvres. Nous ne ferons que citer la fameuse scène de La dolce vita de Fellini, inoubliable Anita Ekberg dans l’eau de la fontaine Trevi, reprise, entre autres, par Sofia Coppola dans Lost in translation.
Alfred Hitchock et George Cukor mettent en scène le couple en tête-à-tête, dans son intimité. Elle et Lui sont interprétés par de remarquables comédiens au sommet de leur art, mais la comparaison s’arrête là. Dans Mr and Mrs Smith Carole Lombard et Robert Montgomery se donnent la réplique sous la forme d’une charmante comédie : à partir d’un scénario dit « de remariage », Hitchcock nous prouve avec toutes les ressources de son art que la scène de ménage, bien conduite, est un moteur indispensable à l’équilibre de l’amour conjugal.
A l’opposé, Hantise déploie avec une grande efficacité la force meurtrière du mensonge, utilisé par le mari assassin et voleur pour détruire la raison de sa pure et innocente jeune épouse afin de poursuivre l’éxécution de ses coupables méfaits. Charles Boyer et Ingrid Bergman jouent de toute la gamme de leur talent dans une mise en scène où George Cukor arrive à installer une atmosphère de suspense et de terreur avec les moyens du cinéma les plus simples : baisse de la lumière, ombres menaçantes, bruits bizarres…
A l’heure de la surenchère sanguinolente dans les films facilitée par l’abondance des effets spéciaux, il est précieux de montrer aux jeunes générations que la tradition classique sait dire le mal avec une efficacité augmentée de la vérité des moyens artistiques utilisés.
Bertilie Walckenaer
