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Le logement, cause importante du surendettement

Actuellement le surendettement est principalement lié à des problèmes de logement venant de séparations ou d’accession à la propriété. Un divorce ou une séparation entraîne un déséquilibre budgétaire pour le foyer. En effet lorsque les deux conjoints travaillent, deux salaires permettent de faire face aux dépenses du foyer. Lorsque l’un des deux quitte le foyer, il n’y a plus qu’un salaire pour payer le loyer qui reste aussi élevé. Pour pouvoir assurer les autres charges, il est tentant de recourir à des emprunts.
Propriétaire de son appartement, un rêve...
Il est légitime de vouloir être propriétaire de son appartement, mais les vendeurs d’immobilier ne signalent pas toujours les frais supplémentaires afférents à la co-propriété par rapport à la location.
Très souvent l’aspirant propriétaire constate que le remboursement mensuel de l’emprunt n’est pas beaucoup plus élevé que le loyer mais les charges ne sont pas les mêmes. Le locataire ne paye que les « charges locatives » alors que le co-propriétaire paye sa quote-part des charges incombant au propriétaire : honoraires de syndic, travaux de maintenance de l’immeuble (peinture des parties communes, réfection de toitures, ravalements, assurance de l’immeuble, mises au normes des ascenseurs, etc.)
L’observatoire national des charges de copropriété signale que le taux moyen d’augmentation de ces charges s’est élevé en 2006 à 5,7 % s’établissant à environ 21,1¤ par mètre carré en moyenne. Il est évident que l’acheteur d’un appartement qui n’a pas pris en compte ces charges supplémentaires, risque de ne pas pouvoir y faire face.
Les seules solutions possibles sont soit revendre l’appartement, soit avoir recours à un emprunt supplémentaire qu’il faudra bien rembourser, augmenté des intérêts. Le piège de la vente à la découpe.

Un cas particulier d’achat d’appartement se présente lorsqu’il y a vente à la découpe.
On appelle vente à la découpe le fait qu’un investisseur rachète un immeuble complet dans le but de le revendre appartement par appartement.
Le bailleur doit informer le locataire de la mise en vente de son appartement en lui indiquant qu’il a priorité pour l’acheter et en lui faisant connaître toutes les conditions de l’achat.
Si le locataire ne veut pas acheter, il devra, sauf cas particuliers (avoir plus de 70 ans, être en invalidité, avoir des ressources imposables inférieures certains plafonds promulgués tous les ans) évacuer le local qu’il occupe dans un délai maximum d’environ trois ans (seuls quelques cas bien définis permettent d’augmenter un peu ce délai).
Afin de ne pas quitter un appartement habité depuis longtemps, beaucoup de locataires essaient d’acheter même si leurs ressources ne sont pas très élevées et s’ils doivent recourir à l’emprunt. Si l’immeuble commence à être ancien, il peut survenir de grosses réparations (ravalement, toiture, etc) d’où obligation de réemprunter et risque de surendettement.
Les risques de l’achat des appartements HLM
Afin de construire de nouveaux logements, les HLM veulent vendre des appartements qui seront proposés aux occupants actuels. Cette offre d’accession à la propriété est assez alléchante, mais là encore il faut bien tenir compte des dépenses complémentaires que l’achat d’un appartement ne manque pas d’entraîner. Les offices HLM sont conscients de ces problèmes puisqu’il est prévu que l’acheteur ayant des difficultés de paiement puisse redevenir locataire selon des modalités qui restent à définir.
En conclusion, lors d’accession à la propriété, il faut absolument :
- établir très exactement le montant réel à verser mensuellement : rem- boursement de l’emprunt, intérêts, honoraires du syndic, montant des charges de maintenance et d’assurance de l’immeuble, etc…
- bien se renseigner sur les travaux à venir (ravalements, toitures, mises aux normes (ascenseurs, plomb, amiante, etc…)
- et vérifier que le montant total à payer mensuellement peut être pris en charge dans le budget du foyer.
Ces quelques conseils montrent que les pièges en matière de logement sont importants. Ils conduisent à la précarité dans ce domaine et représentent donc un facteur grave de déshumanisation dans notre société.