II L’ambon
« Il convient d’avoir pour la proclamation des lectures sacrées un ambon ou des ambons disposés de telle sorte que le ministre puisse être bien vu et entendu par les fidèles (Instr. Inter OEcumenici, n° 96). Il n’est pas convenable de proclamer la Parole de Dieu en n’importe quel endroit du sanctuaire. Il convient par respect pour la Parole de Dieu que le lieu de cette Parole soit bien marqué, et reste visible même en dehors de la célébration. Le texte de l’Instruction marque une préférence pour l’ambon unique, assez élevé et sonorisé. C’est là qu’on proclamera les " lectures sacrées " (Ritus n° 41, 42, 44, 45, 46). C’est là qu’on donne l’homélie (ibid. 50). C’est là aussi que le célébrant peut diriger la prière universelle (ibid. 51).
S’il y a "des ambons " , il convient de distinguer l’ambon principal, réservé à la proclamation de la Parole de Dieu, et un ambon ou plutôt un pupitre, moins important, pour les commentaires, les annonces, la direction des chants, etc.
L’érection d’un ambon dans le sanctuaire n’entraîne pas nécessairement la destruction de la chaire placée dans la nef, surtout si celle-ci présente une valeur artistique.
III. Le siège du célébrant et des ministres
« Le siège pour le célébrant et les ministres, selon la structure de chaque église, sera placé de telle façon que les fidèles puissent bien le voir et que le célébrant lui-même apparaisse véritablement comme présidant toute l’assemblée des fidèles. Cependant, si le siège est placé derrière l’autel, on évitera la forme d’un trône, qui convient uniquement à l’évêque » (Instruction, art. 92).
Ce texte indique le double but à rechercher : que le célébrant soit bien vu, et qu’il apparaisse véritablement comme présidant toute l’assemblée. Jusqu’ici, ce siège était plutôt situé de telle façon que le célébrant paraissait se retirer de la célébration. Désormais il y vient pour jouer un rôle actif. En effet à toute messe célébrée avec peuple il s’y rend normalement après avoir baisé l’autel (ou au moins après l’oraison) et peut y demeurer jusqu’à l’offertoire. C’est donc là qu’il entonne le Gloria in excelsis et chante l’oraison (Ritus n° 23). Il peut y donner l’homélie (Ritus n° 50), et diriger de cet endroit la prière universelle (Instruction, art. 56 ; Ritus n° 51). A la messe solennelle, non seulement il y écoute les lectures, mais c’est là qu’il met et bénit l’encens, bénit le diacre pour l’Évangile, et entonne le Credo (Instruction, art. 52 b).
L’Instruction signale la place traditionnelle de la présidence, à l’abside, derrière l’autel si celui-ci est tourné face au peuple. En ce cas, le siège doit être placé sur des degrés assez élevés pour que le célébrant ne soit pas dissimulé aux regards par l’autel. Néanmoins « on évitera la forme d’un trône » c’est-à-dire que ce ne sera pas un siège majestueux par sa forme ou sa décoration. On veillera aussi à ce que le célébrant n’apparaisse pas comme coupé de l’assemblée.
L’Instruction laisse le champ ouvert à d’autres solutions, On pourra souvent placer le siège sur le côté du sanctuaire, à condition de le surélever et de l’avancer. De toute façon on choisira une solution qui obtienne les buts précisés plus haut et qui s’accorde avec la disposition générale du sanctuaire, son développement en largeur ou en profondeur, son élévation, la disposition des piliers, etc.
On évitera de placer le siège du célébrant de telle façon qu’il tourne le dos à la sainte Réserve, à moins que ce ne soit à une distance telle que cette disposition n’ait vraiment rien de choquant. En résumé, cette place de présidence attribuée au célébrant devra manifester la fonction qu’il exerce dans les rites d’entrée et la liturgie de la Parole.
IV. La sainte Réserve
" La sainte Eucharistie sera conservée dans un tabernacle solide et inviolable, placé au milieu de l’autel majeur ou d’un autel mineur, mais qui surpasse vraiment tous les autres. Selon les coutumes légitimes et dans des cas particuliers que doit approuver l’Ordinaire du lieu. elle pourra aussi être placée dans un autre lieu de l’église. très noble et bien décoré. Il est permis de célébrer la messe face au peuple, même s’il y a sur l’autel un tabernacle, petit sans doute, mais convenable " (Instruction, art. 95).
Étant donné qu’il est préférable de disposer l’autel majeur de façon à permettre la célébration face au peuple, on a donc, dans cette hypothèse, le choix entre deux solutions : ou mettre la sainte Réserve en dehors de l’autel majeur ou placer sur celui-ci un tabernacle de petite dimension. Il semble que, chaque fois qu’on pourra aménager un lieu convenable pour la sainte Réserve en dehors de l’autel majeur, il sera préférable de le faire, car un tabernacle de trop petites dimensions risque de ne pas répondre aux exigences du culte eucharistique. Le tabernacle pourra dès lors recevoir des dimensions plus amples et on pourra créer autour de lui les conditions propices à l’adoration de la sainte Eucharistie. De plus la célébration liturgique se déroulera autour de l’autel majeur dans de meilleures conditions.
Ce n’est pas sans raison, en effet, que le Cérémonial des évêques prescrit de retirer le Saint Sacrement de l’autel où l’évêque doit célébrer solennellement (C. E. liv. 1, c. 12, n. 8) La présence eucharistique du Seigneur sur l’autel, dès le début de la messe, rend moins perceptible aux fidèles sa présence dans l’assemblée, dans le célébrant et dans la parole de Dieu. Or la découverte par le peuple chrétien des modes multiples de la présence du Christ dans l’action liturgique constitue l’un des principes généraux sur lesquels repose, d’après la Constitution conciliaire, la restauration de la liturgie (Constitution De Sacra liturgia, art. 7).
On notera que si l’Instruction permet de placer la sainte Réserve en dehors d’un autel, c’est « selon les coutumes légitimes et dans des cas particuliers que doit approuver l’Ordinaire du lieu ». Parmi ces cas particuliers on peut noter celui d’une chapelle de dimensions restreintes, où il est difficile à la fois de placer le tabernacle sur l’autel face au peuple, et d’ériger un second autel. Mais une solution normale et digne consistera le plus souvent à placer la sainte Réserve sur un autel et dans une chapelle qui servira pour les messes de semaine. Dans tous les cas, on veillera à ce que la solution adoptée favorise la dévotion envers le Saint Sacrement, bien loin de donner l’impression que celui-ci est mis à l’écart et laissé à l’abandon. Pour cela, il faut que la chapelle de la Réserve soit très accessible, d’une décoration et d’un entretien particulièrement soignés.
V. Les autels mineurs
« Les autels mineurs seront en petit nombre, et même, autant que le permet la structure de l’édifice, il est très convenable de les placer dans des chapelles quelque peu séparées de l’espace principal de l’église ». (Instruction, n° 93). Il ne convient pas que ces autels, sauf exception, portent un tabernacle.
VI Le baptistère
« Dans la construction et la décoration du baptistère, on veillera soigneusement à ce que la dignité du sacrement de baptême apparaisse clairement et que le lieu se prête aux célébrations communes » (Instruction, n° 99).
La « dignité » apparaîtra si le baptistère s’inscrit parfaitement dans l’architecture de l’édifice et s’il est convenablement orné et entretenu. Il n’est pas nécessaire qu’il se trouve au fond de l’église. Pourvu qu’il se trouve auprès d’une porte, ce qui est essentiel à son symbolisme, il peut être placé en haut de l’église, non loin du sanctuaire. Pour que « le lieu se prête aux célébrations communes » il n’est pas nécessaire qu’il ait de vastes dimensions : il suffit qu’il s’ouvre assez largement sur un narthex ou sur l’église elle-même.
20 juillet 1965
