23 mai |
L’Église catholique à Paris

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Commission diocésaine d’Art Sacré de Paris
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le renouveau liturgique (3)

La disposition des églises

I. La disposition de l’autel majeur

La conformité de l’autel majeur aux prescriptions de l’Instruction Inter oecumenici du 26 septembre 1964 doit être conçue dans un plan d’ensemble de tout le sanctuaire. On ne saurait choisir ou modifier la place de l’autel sans avoir déjà prévu exactement l’endroit où l’on érigera l’ambon et celui où l’on dressera le siège du célébrant. Bien que ces premiers paragraphes ne concernent que l’autel majeur, il importe donc d’affirmer au préalable la solidarité de l’autel, de l’ambon ou du siège présidentiel.

A. L’implantation de l’autel

« Il est mieux (praestat) de construire l’autel majeur séparé du mur, pour qu’on puisse en faire facilement le tour et qu’on puisse y célébrer vers le peuple, et il sera placé dans l’édifice sacré de façon à être véritablement le centre vers lequel l’attention des fidèles se tourne spontanément (Instruction art. 91).

1. ‑ L’autel sera séparé du mur.Cette recommandation n’a pas à être commentée, car chaque fois que le recteur d’une église ou d’une chapelle décide de déplacer l’autel, c’est en vue d’être fidèle à l’Instruction.

2. ‑ L’autel sera le centre vers lequel se tournera l’attention de l’assemblée.La notion de centre, que propose l’Instruction, est d’ordre psychologique et non géométrique. L’autel doit s’imposer à l’attention des fidèles. Il le fera s’il n’est pas trop éloigné d’eux et s’il est bien visible. Les deux conditions doivent être réunies. Il arrive qu’un autel, surélevé au fond du sanctuaire soit parfaitement visible : s’il est trop éloigné de la nef, il n’attirera pas d’emblée l’attention de l’assemblée.

a) La visibilité de l’autel sera habituellement accrue, si on le rapproche à l’entrée du sanctuaire. Mais la visibilité de l’autel est également fonction de son éclairage et de son élévation : L’autel doit être suffisamment élevé pour être bien visible. Trop élevé, il risquerait de paraître isolé de l’assemblée. Il doit être bien éclairé, par des lampes dirigées sur lui, et non pas chargé d’illuminations éblouissantes » (Directoire pour la messe, n. 47). On n’oubliera pas que tout autel requiert au moins un marchepied (Cérémonial des évêques, liv. I, c. 12, n. 16). Ce marchepied n’a pas seulement pour but de rendre l’autel visible, mais de le séparer du sanctuaire : dans un lieu saint, les abords immédiats de l’autel constituent un lieu encore plus sacré. Seul le prêtre demeure en permanence sur le marchepied de l’autel durant la liturgie eucharistique ; ses ministres ne doivent y accéder que pour remplir un ministère et en descendre aussitôt.

b) Dans le déplacement de l’autel pour le rapprocher de la nef, le problème de sa visibilité n’est d’ailleurs pas le seul. On doit tenir le plus grand compte du caractère propre de l’édifice et du rôle fonctionnel du sanctuaire. Il ne conviendrait pas de placer l’autel à la croisée du transept en avant d’un sanctuaire profond qui demeurerait vide. Mais il ne s’agit pas non plus de placer les fidèles (adultes ou enfants) à l’ancienne place de l’autel. Ce serait oublier d’abord que le sanctuaire est réservé, durant la célébration, au clergé et aux laïcs qui remplissent des fonctions liturgiques. En outre, la dissociation de l’assemblée en deux groupes occupant des espaces opposés présente de très grandes difficultés pour la proclamation de la parole de Dieu et la prédication, et elle rend impossible la célébration de l’eucharistie face au peuple. Enfin le sanctuaire a été conçu par l’architecte comme le lieu dans lequel se déroulent les rites et non comme une nef annexe. Il faut donc avoir des raisons vraiment sérieuses pour décider de modifier d’une manière aussi radicale le plan d’un édifice.

3. ‑ L’autel sera érigé de façon à permettre la célébration face au peuple.L’Instruction ne se contente pas de permettre l’adaptation de l’autel en vue de la célébration face au peuple, elle déclare explicitement qu’il est préférable (praestnt) de le construire séparé du mur, afin de faciliter une telle célébration. Et pour lever l’obstacle posé par le décret de la Sacrée Congrégation des rites en date du 1er juin 1957, elle permet (licet) d’adapter l’autel à cette célébration, même si on doit y placer un tabernacle, "petit sans doute, mais convenable" (art. 95). Si le prêtre doit pouvoir célébrer face au peuple, il n’est pas indispensable qu’il le fasse tous les jours. Quand il célèbre, en semaine, sans assemblée il peut légitimement souhaiter célébrer sans avoir sous les yeux une nef vide. Aussi convient-il de prévoir des deux côtés de l’autel un marchepied assez vaste pour qu’on puisse célébrer dans les deux positions.

B. La forme et les dimensions de l’autel

L’instruction ne dit rien sur la forme et les dimensions de l’autel. Celles-ci découlent de sa fonction et de l’ensemble architectural dans lequel il s’insère.

1. ‑ La forme de l’autel. L’autel est à la fois la pierre du sacrifice et la table du Seigneur. L’autel majeur sera normalement rectangulaire ou carré. Si l’on ne peut s’opposer à un autel rond ou ovale au nom des lois liturgiques, il ne semble pas que ces formes soient indiquées pour l’autel majeur. On veillera surtout à une grande sobriété dans les lignes et à un volume harmonieux. Un autel est érigé, en principe, pour durer, et une forme recherchée devient souvent insupportable en moins de vingt ans.

2. ‑ Les dimensions de l’autel. Les dimensions de l’autel doivent être déterminées d’un point de vue fonctionnel et non en référence aux dimensions qui ont eu cours depuis le XVIe siècle. Jusqu’à ces dernières années un autel était conçu comme un volume sacré qui devait, à lui seul, meubler le sanctuaire. Si l’on avait développé aussi considérablement sa longueur, c’est que le célébrant s’y tenait durant toute la messe et qu’il y occupait successivement trois emplacements distincts côté épître, côté évangile et centre. Or la rénovation de la liturgie apporte deux modifications de grande importance d’une part, le célébrant ne se tiendra pratiquement à l’autel que pour la liturgie eucharistique qui se célèbre au centre ; mais, d’autre part, il faut prévoir dans la plupart des églises la possibilité de la concélébration : il pourra donc y avoir intérêt à ériger un autel moins long, mais plus large. Mais, comme toujours, on tiendra compte du style et des proportions du cadre architectural. Quant à la hauteur de l’autel, elle devra être calculée en tenant compte de la célébration face au peuple. Mais on ne formule cette requête qu’au sujet d’un autel érigé d’une manière définitive. Avant d’arrêter l’emplacement exact et les dimensions du nouvel autel, il peut être bon d’aménager provisoirement une armature en bois ou en toute autre matière, sur laquelle on déposera une simple pierre consacrée. On veillera toutefois à la dignité, à l’harmonie des formes et au caractère sacré que doit présenter tout autel, même provisoire

C. Le matériau de l’autel

Dans le choix des matériaux destinés à sa construction et à sa décoration, on observera les règles du droit (Instruction, art. 91).

1. ‑ Les règles du droit. Le Code de Droit canon veut que l’autel soit de pierre. La table de l’autel fixe et la pierre sacrée doivent être une seule pierre naturelle, entière et non friable » (C.I.C. can. 1198, § 1). Le Code ajoute que la table d’un autel fixe doit « couvrir toute la superficie de l’autel et adhérer solidement à la base, qui sera elle-même en pierre, au moins sur les côtés, ou constituée par des colonnes de pierre et supportant réellement la table » (C.I.C. 1198, § 2).

2. ‑ Les convenances liturgiques. Il convient que l’autel majeur d’une église ou d’une chapelle publique soit un autel fixe, apte à recevoir la consécration de l’évêque. Si des raisons sérieuses empêchent l’érection d’un autel remplissant les conditions requises par le droit pour être considéré comme un autel fixe, il est souhaitable que la table de l’autel majeur soit entièrement constituée par un seul bloc de pierre. Bien qu’il s’agisse alors d’un autel < portatif > au sens juridique du terme, il pourra recevoir la consécration selon la forme solennelle (Pontifical romain, liv. 2, Ordo ad altare portatile consecrandurn). Une telle requête est formulée au nom de la vérité des choses. Mais on ne formule cette requête qu’au sujet d’un autel érigé d’une manière définitive. Avant d’arrêter l’emplacement exact et les dimensions du nouvel autel, il peut être bon d’aménager provisoirement une armature en bois ou en toute autre matière, sur laquelle on déposera une simple pierre consacrée. On veillera toutefois à la dignité, à l’harmonie des formes et au caractère sacré que doit présenter tout autel, même provisoire

D. La croix d’autel et les chandeliers

« La croix et les chandeliers, qui sont requis sur l’autel pour chaque action liturgique, peuvent aussi, au jugement de l’Ordinaire du lieu, être placés en dehors de l’autel » (Instruction, art 94).

1. ‑ La croix. Le code des rubriques prescrit que pour la célébration de la messe il y ait « sur l’autel au milieu une croix assez grande avec le Crucifié » (C.R. n. 527) et le Cérémonial des évêques précise que « l’image du Crucifié doit être tournée vers la table de l’autel » (C. E., liv. 1, c. 12, n. 11). La remarque du Cérémonial est d’autant plus importante que celui-ci décrit la messe épiscopale en fonction de la célébration face au peuple. Comme la disposition de la croix face au célébrant peut gêner la visibilité des fidèles, spécialement au moment de l’élévation et au Per Ipsum, l’Ordinaire du lieu peut permettre que la croix soit désormais placée non plus sur l’autel, mais en dehors, soit que son pied repose sur le dallage du sanctuaire, soit qu’on la suspende. Dans les mêmes conditions, on pourrait admettre que la croix ne soit plus placée au milieu de l’autel, mais qu’elle soit un peu écartée à droite ou à gauche, toujours cependant devant l’autel.

2. ‑ Les chandeliers. Le nombre des cierges requis pour la célébration de la messe est fixé par le Cérémonial des évêques (1). Deux de ces cierges pourront être apportés par les acolytes dans la procession d’entré : Deux suffisent pour la messe lue d’un prêtre en toute circonstance, et même pour la messe solennelle des féries per annum »t et des fêtes simples, c’est‑ à‑ dire de troisième classe. Quatre sont requis pour la messe solennelle des dimanches et des jours de 2e classe ; il en faut six pour la messe solennelle des fêtes majeures (C. E. liv. 1, c. 12, n. 11, 16 et 24). Comme le Cérémonial ne traite pas de la messe chantée sans ministres sacrés, on peut estimer que quatre cierges suffisent pour elle, quelle que soit l’importance de la fête.Les cierges peuvent être disposés à côté de l’autel avec l’autorisation de l’Ordinaire du lieu. On les placera alors soit entre l’autel et la nef, selon l’usage ancien, soit de part et d’autre de l’autel. Enfin, on veillera à allumer ces cierges pour les cérémonies. C’est une des exigences de la vérité des choses .

E. Les dépendances de l’autel majeur

Si l’on rapproche l’autel majeur de la nef, il convient qu’il soit entouré par un sanctuaire a assez vaste pour permettre d’accomplir commodément les rites sacrés (Instruction n° 9 1) et aussi pour manifester le caractère sacré de l’autel. .

La séparation entre la nef et le sanctuaire peut être marquée en outre de diverses façons, par exemple, par des degrés, ou encore par une légère clôture. La balustrade (ou cancel), sans être absolument nécessaire, demeure traditionnelle. Là où elle existe, et surtout si elle est ancienne ou de qualité, on ne s’empressera pas de la supprimer. Elle est souvent utile comme appui pour permettre aux personnes âgées ou infirmes de s’agenouiller et de se relever plus commodément.

Près de l’autel se trouvera une crédence ou une table assez grande où seront déposés le calice et les oblats jusqu’à l’offertoire (Ritus n° 53) et où l’on pourra rapporter le calice, après les ablutions (ibid. n° 82). L’ambon, dont il va être question, sera construit de façon à s’harmoniser avec l’autel. Il peut être aussi élevé que l’autel lui-même. Il convient qu’il n’en soit pas trop éloigné.

Suite La réforme liturgique