Ce que vous avez toujours voulu savoir sur Noël
Jésus est-il né un 25 décembre ? Quand les crèches
apparaissent-elles ? Le sapin de Noël a-t-il un caractère chrétien ?
Voici, en quelques mots, les réponses à vos questions.
D’où vient le mot Noël ?
Ce mot vient de l’adjectif latin
« natalis », qui signifie « relatif à
la naissance ». Au fil des siècles,
la prononciation du mot a
évolué en « nael » puis, à partir
du XIIe siècle, en « noël ». N’en
déplaise aux commerçants, à
Noël on célèbre d’abord une
naissance, celle de Jésus.
Jésus est-il vraiment né
un 25 décembre ?
Nous ne savons pas quel jour
Jésus est né : aucun texte ne le
précise. Cette date est donc
tout à fait symbolique : elle n’a
d’ailleurs été fixée en Occident
qu’au IVe siècle. Dans un but
bien précis ! A cette époque, les
Romains rendaient un culte au
« Soleil invaincu », le 25 décembre, au moment du solstice d’hiver quand les jours recommencent à croître. Impossible de rayer cette fête du calendrier, tant elle était populaire.
Alors les chrétiens l’ont
christianisée. En arrêtant le jour
de la Nativité au 25 décembre, ils
annoncent que la vraie lumière
vient d’une personne : Jésus.
Pourquoi fête-t-on Noël
à minuit ?
Cette heure est également symbolique
: minuit marque le début
d’un jour nouveau, le passage
des ténèbres à la lumière. Elle
rap pelle un texte de l’Ancien
Testament : « Le peuple qui marchait
dans les ténèbres a vu une
grande lumière, et sur ceux qui
habitaient le pays de l’ombre de
la mort, la lumière a resplendi »
(Isaïe 9, 1). Pour des raisons pratiques,
la messe de minuit est
aujourd’hui souvent dite dès 19h.
Jésus est-il né
dans une crèche ?
Seuls deux évangélistes relatent la Nativité : Luc et Matthieu.
Saint Luc, qui donne le plus de
précisions, écrit : « Elle [Marie]
mit au monde son premier-né,
l’enveloppa de langes et le coucha
dans une crèche, parce qu’il
n’y avait pas de place pour eux
dans l’hôtellerie. » Le mot « crèche
», « cripia » en latin, désigne
la mangeoire. Par extension, il
désigne le lieu de la naissance de
Jésus, peut-être une grotte aménagée
en étable. Mais saint Luc
veut surtout dire que Jésus n’est
pas le roi puissant que l’on
attendait pour restaurer la grandeur
d’Israël ; il naît dans la pauvreté
!
Y avait-il un âne et un boeuf ?
Ni saint Luc ni saint Matthieu ne
parlent d’âne et de boeuf. Cette
tradition d’introduire un âne et
un boeuf dans les représentations
de la crèche apparaît dès le
IVe siècle. Saint François d’Assise (1182-1226) les fait figurer dans
une crèche vivante en 1223, à
Greccio (Italie), mise en scène
dans une grotte. Il aurait ainsi
voulu rendre la Nativité plus parlante
aux habitants de l’Ombrie.
On dit que saint François
d’Assise a inventé
la crèche. Est-ce exact ?
Ce n’est pas tout à fait juste. Dès
le XIIIe siècle, on sait que des jeux
scéniques ou « mystères », dans
lesquels des fidèles miment la
Nativité ou les Évangiles, sont
organisés dans les églises, puis
sur les parvis.
Quand apparaissent
les premières crèches
avec figurines ?
Elles apparaissent dans les églises,
au XVIe siècle. Ce sont les ordres religieux qui encouragent
leur installation. Les crèches familiales font leur apparition en
France au XVIIIe siècle, dans les
maisons bourgeoises. Quant
aux crèches provençales, leur
essor est dû… à la Révolution
française ! Fin décembre 1791,
en effet, les autorités de Marseille ferment les églises. Les fidèles
ne peuvent plus aller contempler
Joseph, Marie et Jésus. Le
Marseillais Jean-Louis Lagnel a
alors l’idée de mouler en terre
des « santons » (c’est-à-dire des
« petits saints ») dans de l’argile.
Les mages ont-ils
vraiment existé ?
On sait peu de chose sur ces personnages. L’évangéliste Matthieu
évoque des « mages venus
d’Orient » (Mt 2, 1), sans préciser
leur identité. Les premiers chrétiens
voient en eux des adorateurs
du dieu perse Mithra. Au fil des
siècles, ils vont les qualifier de
« rois », en référence notamment
au psaume 72 : « Les rois de Tarsis
et des îles apporteront des présents,
les rois de Saba et de Seba
feront leur offrande, tous les rois
se prosterneront devant lui. » Puis
ils vont leur donner des noms
– Gaspard, Melchior et Balthazar –
et, à partir du XIIe siècle, les associer aux régions du monde connues à l’époque : l’Europe, l’Asie
et l’Afrique. Ces personnages représentent les nations païennes
qui accueillent Jésus avec simplicité.
Dans
les
maisons,
on trouve
aussi
un sapin.
A-t-il
un
caractère
religieux ?
On peut voir un sapin de
Noël sur le parvis de la
cathédrale Notre-Dame ainsi
que sur la place Saint-Pierre
à Rome. Pour Jean-Paul II, le
sa pin « rappelle l’arbre de la
vie, figure du Christ, don suprême à l’humanité » (Gn 2, 9).
Dans de nombreuses civilisations,
le sapin symbolise la vie.
C’est à partir du Moyen Âge
qu’il fut surtout utilisé, dans les
drames liturgiques, où il faisait
notamment référence à l’arbre
de vie du jardin d’Eden.
A Noël, les églises
sont pleines. Est-ce la plus
grande fête de l’année
pour les catholiques ?
Pour les catholiques, la plus
grande célébration de l’année
est Pâques, fête de la résurrection
de Jésus, de la victoire de la
vie sur la mort. Cela dit, Noël est
une très grande fête dans le
calendrier chrétien, liée à celle
de Pâques. Les circonstances
dans lesquelles naît Jésus
annoncent déjà les événements
qui vont suivre. Beaucoup
d’icônes de la Nativité représentent
d’ailleurs la mangeoire
comme un autel et un tombeau.
Pour les auteurs de ces œuvres,
on ne peut comprendre Noël
que dans la perspective de la
Passion et de Pâques. • Bénédicte Hériard