Comment préparer Noël en famille ?
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- Anne Mayol, coordinatrice de la Pastorale des familles du diocèse de Paris
- Photo DR
PN.-D. – Comment
vivre l’Avent en
famille ?
Anne Mayol–Nous pouvons
percevoir trois niveaux
de préparation à
Noël.
Le premier est d’ordre
matériel, manuel : une
couronne de l’Avent, le
rangement de sa maison,
un coin prière. On
peut définir un thème
pour la crèche et l’installer
au fur et à mesure
du temps qui passe,
avec un ajout d’élément
semaine après
semaine. Il s’agit d’aménager
l’espace pour
recevoir quelqu’un qui
vient nous visiter et de
nous tenir dans une
attente active.
Le deuxième est la dimension
ecclésiale de
ce temps. C’est toute
l’Eglise qui est en attente.
La liturgie nous
invite à le vivre dans
nos communautés dominicales.
C’est ensemble
que nous entrons
toujours plus avant dans ce grand
mystère de Dieu fait homme. Nous pouvons
relire les Évangiles des quatre
dimanches de l’Avent, en parler en famille
en mettant en valeur tel ou tel mot,
telle ou telle attitude à vivre, comme celle
de l’espérance ou de la conversion proposée
par Jean-Baptiste.
La troisième dimension est d’ordre spirituel
: en se mettant davantage en présence
du Seigneur. Quel temps décidons-
nous de consacrer à la prière, personnelle,
familiale, communautaire ?
Sous quelle forme ? Allumer une bougie
supplémentaire chaque dimanche, chanter,
mémoriser un verset de psaume
chaque soir, porter dans la prière telle
intention ou personne. Préparer son
cœur à la venue du Seigneur c’est aussi
« aplanir la route », par exemple, travailler
à plus de paix dans la vie familiale en
étant plus accueillants les uns envers
les autres.
P. N.-D. – Noël est un
temps qui ravive aussi
les blessures pour
ceux qui souffrent de
solitude. Comment les
aider ?
A. M. – En effet, Noël
est un moment douloureux
pour ceux dont
les familles souffrent de
séparations ou de solitude.
Ils sont nombreux.
N’hésitons pas
à avoir des attentions
délicates envers les
personnes de notre
entourage qui connaissent
ces situations :
une carte, des petits
gâteaux, un petit personnage
fabriqué par
les enfants offert pour
la crèche. La grâce de
Noël est celle de la paix
apportée aux hommes
de bonne volonté :
chacun peut en transmettre
la promesse.
Place à l’imagination !
P. N.-D. –Comment ne
pas perdre de vue
le sens de Noël dans
une société qui nous pousse plus à la
consommation qu’à l’intériorité ?
A. M. – Nous ne sommes pas à l’abri de
la surenchère commerciale. Dans un
quotidien souvent agressif, profitons de
ce temps de l’Avent pour ménager des
instants de calme et de silence, pour dire
du bien des autres, pour apprécier ce
prochain qui nous est indispensable.
Nous ne redirons jamais assez le sens
de Noël : c’est d’abord Dieu qui nous fait
un cadeau inouï ! Nous nous inscrivons
dans cette dynamique. Quand l’amour
que nous avons les uns pour les autres
est le lieu où s’expriment ces échanges
de cadeaux, alors oui, ils ont toute leur
place. Il ne suffit pas de réunir les conditions
extérieures du bonheur pour être
réellement heureux : la joie vraie, profonde,
durable, naît de la relation : avec
Dieu, avec les autres, avec soi-même.
• Propos recueillis par Ariane Rollier