Bernard Miclescu Désigner Celui qui sauveLa vocation de Bernard Miclescu s’est manifestée entre Bacau, sa ville natale, en Roumanie, et Paris. Une recherche de Dieu, discrète et confiante, ancrée dans le quotidien de sa vie.
C’est au creuset de l’Église roumaine orthodoxe que Bernard Miclescu a fait son éveil à la foi. « J’ai été élevé dans le rite catholique latin par des parents pratiquants, mais c’est l’exemple de mon grand-père, prêtre orthodoxe entièrement donné à ses paroissiens qui a été déterminant », confie-t-il. Fils unique, Bernard grandit très tôt dans une famille recomposée auprès de sa mère, à Bacau en Roumanie. À l’âge de 13 ans, un appel profond se fait entendre. « En assistant à la messe, j’ai été attiré comme un aimant par la présence du Christ. Une question m’est venue : pourquoi ne pas devenir prêtre, être une aide aux fidèles dans leur rencontre avec Dieu ? » Enfouie très vite, cette question ne ressurgira que bien plus tard. À 16 ans, Bernard part s’installer chez son père, qui avait émigré à Paris dans les années 1980. La barrière de la langue, le mal du pays, les difficultés scolaires lui mènent la vie dure. Un seul endroit lui permet de retrouver une sérénité dans son quotidien : l’église, et plus particulièrement les messes de St-Louis d’Antin (9e). « J’y renouais petit à petit le contact avec le Seigneur et avec Sa grâce », raconte-t-il. À 19 ans, Bernard commence à travailler dans l’hôtellerie. De nature timide, il y découvre la joie du contact humain et du service. « Le Seigneur utilise des voies humaines pour nous appeler. Moi, il m’a pris dans mon travail », témoigne-t-il. À St-Louis d’Antin, Bernard commence à cheminer, accompagné par un prêtre. « J’ai enfin osé poser des questions que je n’avais jamais pu poser en Roumanie. Là-bas, les prêtres sont difficilement approchables. En France, j’ai découvert une Église très humaine, à l’écoute de chaque personne. » Ce cheminement aboutit à son entrée, en 2004, à la Maison Saint-Augustin puis au séminaire de Paris, l’année d’après. « Durant ces sept ans, j’ai senti que ma liberté était appelée à grandir, en redisant “oui”, à chaque étape du discernement. En vivant avec les autres séminaristes, on découvre que l’Esprit Saint travaille au cœur de chacun, tels que nous sommes. Aujourd’hui je suis heureux d’être appelé à devenir un autre Jean-Baptiste, qui désigne Celui qui sauve ; de rendre accessibles l’Eucharistie et la Parole de Dieu, afin que toute personne puisse accéder au bonheur que je vis. » • Laurence Faure
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