L’Église
Catholique
À Paris

Entre juifs et catholiques

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Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris
Photo D.R.

Le dialogue entre la communauté juive et l’Eglise est une nécessité. La déclaration « Nostra Aetate », il y a plus de quarante ans le soulignait avec force : « Du fait d’un si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux juifs, le concile veut encourager et re­commander entre eux la connaissance et l’estime mutuelles, qui naîtront surtout d’études bi­bliques et théologiques, ainsi que d’un dialogue fraternel. » [1] Depuis cette déclaration, ce dialogue et les signes réciproques d’amitié ont été nombreux sous les pontificats successifs des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II puis Benoît XVI. Dans la nuit qui a précédé la mort du pape Jean XXIII, le grand rabbin de Rome n’a pas hésité à rejoindre la place Saint-Pierre accompagné d’un groupe de fidèles juifs. A la synagogue de Rome, le 13 avril 1986, Jean-Paul II a souligné l’importance qu’il y avait à ce que l’Eglise du Christ découvre son lien avec le judaïsme « en scrutant son propre mystère ». « La religion juive ne nous est pas “extrinsèque” mais, d’une certaine manière, elle est “intrinsèque” à notre religion. Nous avons envers elle des rapports que nous n’avons avec aucune autre religion. Vous êtes nos frères préférés et, d’une certaine manière, on pourrait dire nos frères aînés. » [2] En citant saint Paul (Rom 11, 28), le concile Vatican II avait affirmé que « les juifs demeurent très chers à Dieu » qui les a appelés d’une « vocation irrévocable ». Chacune de nos religions, dans la pleine conscience des nombreux liens qui l’unissent à l’autre, veut être reconnue et respectée dans son identité propre, au-delà de tout syncrétisme et de toute appropriation équivoque.

Ce patrimoine commun nous incite à rechercher à donner ensemble un témoignage encore plus unanime en collaborant pour la défense et la promotion des droits de l’homme et du caractère sacré de la vie humaine, pour les valeurs de la famille, pour la justice sociale et pour la paix du monde. Comme le disait le pape Benoît XVI dans la synagogue de Cologne en 2006, « le Décalogue constitue pour nous un patrimoine et un engagement communs. Les dix commandements […] sont la direction donnée sur le chemin d’une vie réussie. » [3] Les ur­gences et les défis sont si nombreux qu’ils nous poussent à unir nos mains et nos cœurs pour des initiatives de solidarité concrète. « Nous pouvons collaborer ensemble pour transmettre la flamme du Décalogue et de l’espérance aux jeunes générations. » [4]

L’horreur de la Shoah et l’inadmissible de ces millions de juifs assassinés concernent l’ensem­ble de l’humanité et exigent que les générations à venir soient éduquées à cette responsabilité. Le peuple juif est porteur de cette loi morale fondamentale que sont les dix commandements ainsi que, par l’élection divine, d’une transcendance que l’athéisme peut nier « mais dont toute personne humaine de la civilisation occidentale porte la trace, ne serait-ce que dans son histoire ». De par la dimension religieuse particulière du peuple juif, la Shoah relève du mépris de l’homme – image et ressemblance de Dieu –. Elle est négation de Dieu, de l’homme, de l’autre. Elle doit être enseignée aux générations à venir.

Aujourd’hui, les « yeux du mon­de  » sont tournés vers la Terre Sainte : « Terre Sainte pour les juifs, les chrétiens et les mu­sulmans ». Aujourd’hui, il est né­cessaire de persévérer afin que la religion et la Paix aillent de l’avant à l’unisson.

Vers un vrai dialogue

Cardinal Jean-Marie Lustiger

« Nous sommes parvenus à un moment historique où un vrai dialogue, interrompu il y a presque deux millénaires, peut à nouveau commencer – un dialogue, il est vrai, poursuivi comme à voix basse par d’éminents esprits trop vite oubliés. Il ne supprimera certes pas les oppositions ni les différences entre juifs et chrétiens. L’approfondissement croisé de la Parole de Dieu fera comprendre avec respect ce que l’Esprit donne à chacun de comprendre et de croire. Chrétiens et juifs se découvriront nécessaires les uns aux autres dans une vision plus vive et plus forte de la grandeur du don de Dieu et de la beauté de la destinée de l’homme »

Cardinal Jean-Marie Lustiger, extrait du livre La promesse (éd. Parole et Silence), 2002.

[1Concile Vatican II, Nostra Aetate n°4

[2Allocution du pape Jean-Paul II dans la synagogue de Rome, le 13 avril 1986

[3Discours du pape Benoît XVI dans la synagogue de Cologne en 2006

[4Discours du pape Benoît XVI au grand rabbin de Rome

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