24 mai |
L’Église catholique à Paris

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Il a vaincu la mort

L’époque de la Toussaint nous invite à méditer ce qui demeure le grand secret de l’existence humaine, ne serait-ce qu’au travers du souvenir de nos défunts et de la piété qu’il requiert. Mais pour un chrétien, c’est la liturgie du ciel qui domine toute considération, avec le texte de l’Apocalypse que l’Église propose comme lecture avant l’Évangile des Béatitudes. La certitude que ceux qui nous sont chers participent à cette liturgie nous ouvre un horizon immense, qui est la conséquence directe du grand passage accompli par le Seigneur du vendredi Saint à la nuit de la Résurrection.
C’est sans aucun doute le privilège absolu du christianisme que cette foi en la Résurrection des morts et en une vie transformée dans la lumière pascale. Il existe certes dans bien des civilisations un sentiment plus ou moins obscur d’un autre monde qui prolonge le nôtre, mais il constitue un lieu de ténèbres et de crainte. Il faudra attendre très longtemps pour que le pressentiment d’une autre vie s’impose dans la culture biblique et ce n’est que le témoignage absolument unique du Christ qui imposera cette véritable révolution : un jour la mort sera détruite et nous vivrons de la vie même de Dieu.
La Toussaint est donc le prolongement direct de Pâques. Nos morts sont déjà mystérieusement dans le Christ et ils attendent la Résurrection des corps. Car le Père a envoyé le Verbe en ce monde pour se revêtir de la condition humaine, et mourir comme chacun d’entre nous. Au delà de la Croix, il accède au séjour des morts pour délivrer les âmes et leur ouvrir le Ciel. Il ressuscite le jour de Pâques, révélant à ses disciples la transformation accomplie dans son corps de gloire. Ainsi a-t-il tracé le chemin de toute l’humanité. La mort n’est plus une fatalité pour l’homme. Elle a été vaincue. Telle est notre foi, notre espérance et la joyeuse nouvelle que nous annonçons à nos frères et à nos sœurs.

Gérard Leclerc, journaliste.