« La moisson est abondante… »… dit Jésus aux soixante‐douze disciples (Lc 10,2).
A Paris, le champ de la mission de l’Église et les besoins sont immenses. Comme archevêque, avec mes collaborateurs directs, les évêques auxiliaires, les prêtres et les diacres, je prie « le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour la moisson » (Lc 10,2).
Je sais que le Seigneur exauce notre prière. La générosité des fidèles laïcs qui entourent les diacres, les prêtres et les services diocésains en témoigne. Mais les dons de Dieu ne sont pas donnés pour être conservés. Ils doivent fructifier et être mis au service de l’évangélisation.
C’est dans cet esprit que j’ai voulu cette « Charte du bénévolat ».
Chaque bénévole engagé dans la mission de l’Eglise est une personne en chemin à la suite du Christ, dans le dynamisme du baptême et de la confirmation.
Comme pasteur, il me semble primordial que nous nous donnions les moyens de favoriser la croissance spirituelle de chacun par un appel explicite, la définition précise de la mission, la structuration des liens d’accompagnement, la mise en place de lieux de relecture, la proposition de nouvelles missions.
Mais ceci implique aussi d’aider chacun à percevoir la dimension ecclésiale de sa tâche, aussi modeste ou ponctuelle soit‐elle : la participation à la responsabilité et à l’œuvre commune, la perception des enjeux et des objectifs, la nécessité de chercher à bien faire et à ne pas se contenter de l’à‐peu‐près, l’écoute des signes des temps pour ne pas répéter invariablement les mêmes séquences et trouver les chemins de la Nouvelle Évangélisation, le souci de faire surgir et d’accompagner de nouveaux ouvriers pour la moisson, ou encore, et d’abord, la mise en facteur commun de la dimension pastorale et missionnaire.
C’est ce que cette charte permettra, je l’espère. Elle est le fruit d’une longue expérience. Elle pourra servir dans les paroisses, les mouvements et les communautés du diocèse selon ce que les pasteurs locaux estimeront opportun.
Enfin sa publication m’est l’occasion de remercier et d’encourager tout particulièrement chacun et chacune de ceux qui donnent bénévolement une part d’eux‐mêmes dans les lieux les plus divers de la vie de notre Église. Qu’ils soient sûrs de ma prière, pour que le Seigneur leur donne en abondance la joie et la paix des fidèles ouvriers, et la certitude que leurs efforts, même obscurs et ignorés, participent à l’avènement du Règne de Celui qui fait toutes choses nouvelles.
+ André Cardinal Vingt-Trois
Archevêque de Paris
