Le débat essentiel concernant la bioéthique aujourd’hui est anthropologique, c’est-à-dire qu’il relève de visions différentes de l’homme. Dans la vision chrétienne, l’être humain est conçu par Dieu : sa dignité existe dès sa conception.
Les textes de l’Ancien Testament mentionnent la valeur de la vie commençante et de la personnalité unique de chacun connue par Dieu même antérieurement à la naissance :
- « Avant de te façonner dans le ventre maternel, je te connaissais, avant ta sortie du sein, je t’avais consacré » (Jérémie, 1, 5)
- « Ainsi parle le Seigneur qui t’a fait, qui t’a façonné dès le sein maternel ». (Isaïe 44, 2)
- « Le Seigneur m’a appelé dès le sein maternel, dès les entrailles de ma mère, il a prononcé mon nom » (Isaïe, 49, 1)
- « Tes mains m’ont formé et m’ont fait (…), de peau et de chair tu m’as vêtu et d’os et de nerf tu m’as tissé ; tu m’as accordé vie et faveur et ta sollicitude a veillé sur mon souffle » (Job 10, 18-12)
- « Car c’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère (…) Mon âme, tu la connaissais bien, mes os n’étaient point cachés devant toi quand je fus fait dans le secret, brodé dans les profondeurs de la terre. Mon embryon, tes yeux le voyaient et sur ton Livre ils étaient tous inscrits, mes jours étaient formés avant que pas un n’eût paru » (Psaumes 139, 13-15)
Ainsi dans la Bible, la vie est sacrée et appartient à Dieu.
Il y a toujours eu unanimité chez les chrétiens pour affirmer le caractère sacré de la vie humaine dès son commencement : « C’est un homme déjà celui qui doit devenir un homme » (Tertulien, Apologeticum 9, 8).
Aujourd’hui, l’Église catholique adopte une position fondée sur la vie humaine : « dès que l’ovule est fécondé, se trouve inaugurée une vie qui n’est ni celle du père ni celle de la mère, mais d’un nouvel être humain qui se développe par lui-même. Il ne sera jamais rendu humain s’il ne l’est pas dès lors(…) » [1]
Le Concile Vatican II insiste également sur le caractère sacré de la vie : « Dieu, Maître de la vie, a confié aux hommes le ministère de la vie, et l’homme doit s’en acquitter d’une manière digne de Lui. La vie doit être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception » [2]
Le Cardinal André Vingt-Trois rappelle dans un entretien à La Vie publié le 16 février 2006, que l’embryon est « un être pleinement enraciné dans l’existence humaine. » Il ajoute : « Ne doit-on pas le traiter avec le respect dû à tout être humain ? (...) Existe-t-il un seuil qui autorise à instrumentaliser l’humain, même pour des raisons généreuses ? »
D’un façon plus générale le Cardinal André Vingt-Trois affirme : « L’enjeu est ici la dignité de chaque personne humaine. S’attaquer aux éléments les plus faibles et les moins conformes d’une société, c’est s’attaquer à la valeur de chacun des membres de cette société, au-delà des victimes directes. Et c’est la qualité humaine de la vie qui perd. »
Parmi les éléments les plus faibles se situent aussi les personnes en fin de vie, dont la dignité et la vie sont également à protéger. Le père Brice de Malherbe pointe les atteintes à la dignité humaine qui s’instaurent aujourd’hui : « La valeur de la personne passe au second plan. Plus encore, la dignité de la personne humaine est mise à mal au début ou à la fin de sa vie par une anthropologie dualiste qui concentre la valeur d’un être humain dans la qualité de sa vie consciente. Ainsi, les personnes dont les capacités de vie consciente ne s’expriment pas encore ou ne s’expriment plus – comme chez les patients en état végétatif chronique – sont exclues de la communauté humaine, parfois par des gestes provoquant délibérément la mort. » [3]
À lire :
Le dossier “Bioéthique : l’embryon et la recherche” sur le site du diocèse de Paris
Le dossier “Bioéthique” sur le site de l’Église catholique en France
L’encyclique “Evangelium Vitae” du Pape Jean-Paul II
[1] Congrégation pour la Doctrine de la Foi : Donum Vitae 1, 1 ; 22 février 1987
[2] Gaudium et spes, 51 3
[3] Entretien paru dans Paris Notre-Dame n°1209 – 1er novembre 2007
