P. Emmanuel Dumont La communication au service de DieuEn septembre, le P. Emmanuel Dumont troquera ses deux paroisses d’Asnières et de Bois Colombes contre celle de la Ste-Trinité (9e). Un retour aux sources pour cet ancien communiquant qui a commencé son sacerdoce comme vicaire dans cette paroisse.
Bien installé dans un fauteuil, le P. Emmanuel Dumont laisse passer quelques secondes avant de répondre. Le visage fin, le regard pénétrant, le curé des paroisses N.-D. du Bon Secours (Bois-Colombes) et St-Marc des Bruyères (Asnières) n’élude aucune question, mais pèse chacun de ses mots. Cet ancien communiquant connaît bien les rouages des médias. D’ailleurs, depuis ses trois années comme vicaire de la Ste-Trinité (9e) jusqu’à son ministère actuel, il a teinté sa mission de « touches de marketing ». Depuis son ordination en 1991, le successeur de Mgr Jacques Benoit-Gonnin utilise les ficelles du métier pour remettre les bonnes questions au cœur de la vie paroissiale :quelles sont les attentes des gens ?Comment répondre à leur quête de sens ? Pas question pour autant d’inonder le quartier de la paroisse de pubs, ni de « plaquer des recettes de “com” sans discernement ». « Par exemple, avec une enquête sur les besoins pastoraux du quartier, on peut cerner les propositions qui toucheront les populations fréquentant les bureaux voisins de l’église, explique le prêtre de l’Emmanuel. Après tout, les fondateurs du marketing se sont inspirés des missionnaires qui voulaient faire découvrir Dieu aux populations américaines. » Son ancienne vie ne lui a, pourtant, été d’aucune aide quand il a découvert l’accompagnement spirituel, en 1995. « Je travaillais pour mon doctorat toute la journée et j’avais réservé des temps pastoraux pour un groupe de prière de femmes », se souvient le prêtre. Sur un ton sérieux, il égrène les situations qu’on lui confiait : crise de foi, mais aussi dépression, situations conjugales ou parentales complexes, notamment problèmes découlant de l’avortement. « Je me suis formé sur ces questions délicates car je ne comprenais pas ce qu’elles signifiaient. Au fur et à mesure, cela m’a ouvert les oreilles et le cœur. » Pleinement conscient de la place du spirituel au centre des problèmes humains et sociétaux, il arrive serein dans l’une des plus grosses paroisses parisiennes. • Sophie Lebrun
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