Passeurs d’espéranceDans un contexte de raréfaction du parcours funéraire traditionnel en plusieurs étapes, du lit de mort à l’inhumation, ils sont plusieurs centaines, bénévoles ou salariés du diocèse, mobilisés pour proposer un accompagnement chrétien des défunts et apporter soutien et espérance à leurs familles. Une démarche exigeante,mais riche de sens pour ces laïcs engagés.
Un petit livre de prières bien en main, Anne Faure, responsable de l’aumônerie catholique de l’hôpital Ste-Périne (16e), accueille les membres de la famille Marin [1] dans les couloirs de la morgue de l’établissement. Elle serre quelques mains, s’enquiert du moral des proches du défunt puis, discrètement, se met en retrait, laissant oncles, cousins et amis se retrouver dans la tranquillité et l’émotion.Quelques minutes passent et chacun franchit le seuil qui conduit dans une grande pièce où se trouve le cercueil, dans lequel chacun peut voir le visage reposé du défunt. Dans une atmosphère recueillie, Anne propose à l’assistance de lui rendre hommage. Lecture de textes, prières et témoignages se succèdent : tout est fait pour que l’adieu soit le plus doux possible, comme enveloppé de l’espérance chrétienne. Soutien, conseil, présenceCela fait plus d’une décennie qu’Anne est présente ainsi au plus près des familles qui perdent un proche à Ste-Périne. La levée du corps peut être, à leur demande, l’occasion d’une bénédiction mais pour Anne comme pour la trentaine de personnes de son équipe, la mission d’accompagnement est loin de s’y résumer : « Parfois, c’est le personnel de l’hôpital qui me demande d’être présente mais, quand ce sont des proches, je tiens toujours à les rencontrer et à parler avec eux, explique-t-elle.Même si elles l’expriment de manières très diverses, les familles sont presque toujours en demande de soutien, de conseil ou simplement d’une présence. Notre rôle est de donner une dimension plus humaine à ces moments souvent difficiles. » Ce rôle essentiel de témoins du message évangélique, Anne-Marie Terreau et Odile Leleu en font elles aussi l’expérience. Membres de l’aumônerie de la chambre funéraire des Batignolles (17e), elles assurent avec leur équipe des permanences dans leur petit bureau ouvert sur la salle d’attente de cet établissement destiné à recevoir les corps dans la période qui précède les obsèques. « Notre première mission est d’accueillir et d’écouter les familles qui le souhaitent. Nous pouvons aussi proposer un temps de prière avant la fermeture du cercueil, souligne Anne-Marie. Il n’est pas rare que ce soient des personnes non ou peu croyantes qui viennent à notre rencontre car elles ressentent un besoin de parler ou sont en recherche de réponses sur la résurrection ou sur le sens de la vie par exemple. »
Des équipes mobiliséesDans de nombreuses paroisses, justement, de plus en plus d’équipes de laïcs sont mises en place pour seconder l’action des prêtres et proposer un accompagnement plus important des familles. C’est le cas à N.-D. de la Croix (20e), où l’équipe « Deuil et Espérance » fonctionne depuis 2007. « Quand j’ai perdu mon mari, ça a d’abord été le trou noir, se souvient Michelle Bègue, l’une des membres. Mais j’ai été soutenue par des laïcs qui m’ont vraiment accompagnée et aidée à prier. En faisant cela à mon tour, je me sens utile, ça me tient vraiment à cœur. » Renseigner, accueillir la famille aux côtés du prêtre, conseiller pour la cérémonie, mais aussi prendre des nouvelles dans les semaines qui suivent, les missions de cette équipe de bénévoles sont diverses. Leur but : être à l’écoute, tenter de répondre à chaque situation. Et en trois ans, l’équipe a pleinement trouvé sa place. « Pour moi, ce que fait “Deuil et Espérance” apporte vraiment une aide importante, souligne le P. Pimpaneau, curé de la paroisse. Nos rôles sont complémentaires. »
NB : Une formation en huit vendredis consacrée à « L’accompagnement des familles en deuil » par le P. Jean-Michel Albert débute le 19 novembre au Collège des Bernardins. Rens. : 01 53 10 74 44 ou www.collegedesbernardins.fr (onglets « Formation » puis « Cours publics » puis « Théologie » et « Liturgie et sacrements »).
[1] Le nom a été changé |