L’Église catholique à Paris

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Dossier

 

Pourquoi est-il important de connaître le judaïsme ?

Connaître le judaïsme, pour mieux connaître Jésus. Au-delà d’un strict intérêt intellectuel, une meilleure compréhension du judaïsme constitue une richesse spirituelle inépuisable pour le catholique qui souhaite approfondir sa foi dans le Christ. Rencontre avec Sœur Dominique de La Maisonneuve du S.I.D.I.C. [1], qui enseigne l’hébreu à l’École Cathédrale, et le P. Patrick Faure, curé de St-Eugène-Ste-Cécile
et responsable de la section « Le judaïsme » à l’École Cathédrale.

P.N.-D. : Qu’apporte spirituel­lement à un catholique d’au­jourd’hui une connaissance profonde du judaïsme ?

P. Patrick Faure – Il s’agit de trouver l’être juif de Jésus. Se rapprocher du judaïsme, c’est connaître la religion de Jésus. C’est découvrir sa famille après l’avoir rencontré lui. C’est donc mieux le connaître.

Sœur Dominique de La Maison­neuve – Connaître le judaïsme est une question de vérité vis-à-vis de mon christianisme. Dans le premier Testament [Ancien Testament], Dieu a d’abord con­fié le projet de salut de l’humanité au peuple juif. Cette charge s’accompa­gne d’une exigence : demeurer fidèle à sa parole, à la Tora. C’est cette exigence incarnée par le peuple juif, pour l’an­non­cer à toutes les nations, qui explique l’hostilité de celles-ci à son égard depuis toujours. Dans la continuité de ce projet de salut, c’est dans le peuple juif que Jésus naîtra. Si Dieu a un projet pour l’humanité, je ne peux pas ne pas le connaître dans son ensemble pour y adhérer pleinement.

A quand remonte le dialogue entre juifs et catholiques ?

P. Patrick Faure – Il y a toujours eu des échanges. Dès le Moyen-Âge, des relations étroites ont été nouées entre des ecclésiastiques et des instances rabbiniques. Mais c’est sans doute le paragraphe 4 de la déclaration Nostra Aetate (Cf. encadré) du concile Vatican II qui marque le commencement d’un véritable dialogue, non plus individuel, mais au niveau de l’Eglise catholique dans son ensemble.

Sœur Dominique de La Maison­neuve – Mais le grand déclencheur reste le scandale de la Shoah. Drame qui émane d’un peuple chrétien... Et bien que la déclaration Nostra Aetate du concile Vatican II ait pu être considérée comme trop pâle par nombre de Juifs qui lui reprochent notamment de ne jamais citer la Shoah, cette déclaration n’en demeure pas moins une réelle avancée en ce qu’elle est un texte officiel.

Quelle est sa portée ?

P. Patrick Faure – Tout rapprochement entre l’Eglise et le peuple juif est au bénéfice des relations interreligieuses en général, à la fois parce que des conflits séculaires ont déchiré les Juifs et les chrétiens, et aussi parce que le christianisme ayant sa racine en Israël le judaïsme est la religion qui lui est la plus proche et la plus intime.

Qu’avons-nous à apprendre des Juifs afin de vivre pleinement notre christianisme ?

Sœur Dominique de La Maison­neuve – Ils nous apprennent à attendre, à faire, pour faire advenir le Royaume. L’attente du Messie est palpable chez beaucoup de Juifs qui considèrent que par l’accom­plissement de la Tora, ils accomplissent le dessein de Dieu. Eux sont à l’œuvre lorsque nous risquons d’être un peu passifs. Car si Jésus est l’Alpha et l’Oméga, l’origine et le terme, nous avons à contribuer comme chrétiens, à l’accom­plis­sement déjà acquis en Jésus.

P. Patrick Faure – Être un peuple élu, c’est avoir une responsabilité vis-à-vis des autres. Cette notion de responsabilité est fondamentale, car elle détermine la relation à Dieu. Le judaïsme suscite un débat fécond sur la façon dont le croyant se situe par rapport à la Grâce de Dieu.
Il met l’accent sur l’agir de l’homme, qu’il ne faut pas comprendre comme un légalisme mal placé. Le judaïsme insiste beaucoup sur la contribution de l’homme à sa relation à Dieu. C’est d’ailleurs une religion qui donne à Dieu un nom propre : Adonaï, ce qui dénote une relation très personnelle et très particulière.

Quelle porte d’entrée conseilleriez-vous pour découvrir le judaïsme ?

Sœur Dominique de La Maison­neuve – Les portes d’entrée sont nombreuses. Chacun peut trouver la sienne. Pour un linguiste, l’hébreu ; pour un historien, la permanence d’Israël à travers les siècles ; pour un sociologue : les multiples facettes de la communauté juive ; pour tous, c’est l’immersion dans la parole de Dieu donnée à son peuple.

P. Patrick Faure – Une autre porte d’entrée, et des plus simples, est de lier relation avec des amis juifs. • Recueilli par Guillaume Desanges

Les fêtes juives

- PESSAH (Pâques) rappelle la sortie d’Égypte du peuple juif. C’est le “passage” de la servitude à la liberté. La fête dure sept jours. Le rite principal se déroule en famille, à la tombée de la nuit, autour d’un repas rituel, le seder, qui donne lieu à une liturgie particulière faite de bénédictions, de récits et de chants.

- SHAVOUOT, ou pentecôte en grec, a lieu cinquante jours après pessah. A cette fête est célébré le don de la Torah.

- SOUKKOT , ou Fête des Tentes, dure sept jours et se célèbre à l’automne. Elle fait mémoire de la traversée de 40 ans du désert par le peuple juif quand Israël vivait sous la tente et que son seul recours était Dieu.

- ROSH HASHANAH signifie « tête de l’année ». C’est le jour de l’an juif, mais surtout la célébration du Dieu-Créateur, juge de sa création. La coutume est de souhaiter une bonne année en s’offrant un morceau de pomme trempé dans du miel. La fête ouvre dix jours de pénitence, de prière, de réconciliation ; le dixième est le jour de Kippour.

- YOM KIPPOUR, ou Jour du grand pardon, jeûne absolu de 25 heures, offices à la synagogue centrés sur la reconnaissance des péchés personnels et communautaires, l’appel à la miséricorde divine.

[1Service Information Documentation Juifs et Chrétiens

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