P. Denis Jachiet Retour en paroisseAumônier de lycée, responsable des vocations, formateur au séminaire, enseignant à l’École Cathédrale, à 48 ans, le P.Denis Jachiet possède plus d’une corde à son arc. Nommé à St-Séverin (5e), il s’attaque à un nouveau « métier » : celui de curé.
Il rentre tout juste de Corée du Sud où, à un auditoire passionné, il a présenté, avec le P. Frédéric Louzeau, président de la Faculté Notre-Dame, le rôle de « la Parole de Dieu dans la formation du prêtre parisien ». « L’Écriture a une place centrale là bas », constate le P. Denis Jachiet sans dissimuler une pointe d’admiration pour le dynamisme de ces communautés d’Asie. La formation des futurs prêtres est un sujet qu’il connaît bien. Voici dix ans qu’il anime la Maison St-Roch. Une dimension de son ministère qui le passionne : « Pour un diocèse, un séminariste est un trésor qui mérite une forte mobilisation tant des personnes que des moyens. » À la rentrée, il sera installé curé de la paroisse St-Séverin - St-Nicolas par Mgr Jérôme Beau. Ce sera le 17 octobre prochain. Sa dernière expérience paroissiale remonte au début de son sacerdoce. Prêtre à N.-D.de Grâce de Passy(16e), il était également aumônier du lycée St-Jean de Passy. « C’est une belle joie de retrouver un ministère en paroisse », confie-t-il très serein. Si sa fonction de curé est nouvelle pour lui, il n’abandonne pourtant pas la formation des séminaristes. Le curé de St-Séverin est en effet en charge de la Maison du même nom. Sept jeunes, dont beaucoup de visages connus du P. Jachiet. « Il y a tout juste vingt ans, j’y étais moi-même en formation », se souvient il. De retour des États-Unis, où il avait entrepris un stage de fin d’études en chimie, il tournait le dos à un poste tout tracé dans une entreprise pharmaceutique, pour frapper à la porte du séminaire. Il le reconnaît, il aura certainement beaucoup à apprendre. Mais sa nomination comme curé ne semble pas l’inquiéter outre mesure : « On peut voir cela comme une difficulté, je préfère y voir une chance. » Et d’ajouter : « Le curé n’est pas celui qui fait tout. »Chimiste de formation, lui le voit plutôt comme un catalyseur des multiples dons d’une paroisse, le déclencheur qui fait que la communauté porte des fruits. « Je souhaiterais entretenir une culture de l’appel, ce souci d’appeler chacun à se donner selon sa vocation propre. » Mais attention, loin de lui l’idée de sous-estimer le dynamisme déjà existant de sa nouvelle paroisse. Impressionné par l’activité de charité qui s’y exerce et le travail accompli par son prédécesseur, le P. Jachiet entend bien prendre « le temps de la rencontre, de l’écoute, de la relation entre les personnes ».Car plus qu’un manager, le curé est pour lui un artisan de la communion, patient et appliqué au bel ouvrage. • Guillaume Desanges
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