Que deviennent ceux qui communient ? Le Corps du Christ.
Ils ne sont pas plusieurs corps, mais un seul. Que de grains de froment entrent dans la composition du pain ! Mais ces grains, qui les voit ?
Ils sont bien dans le pain qu’ils ont formé, mais rien ne les distingue les uns des autres, tant ils sont unis. Ainsi sommes-nous unis les uns avec les autres et avec le Christ. Celui-ci ne se nourrit pas d’un corps et celui-là d’un autre : nous sommes tous nourris du même Corps, et c’est pourquoi l’apôtre ajoute : parce que nous participons tous au même pain. Si nous participons au même pain, si nous devenons un même corps, pourquoi ne pas avoir la même charité, et ne pas nous unir par ce lien puissant ?
Relisez l’histoire de nos ancêtres dans la foi, vous trouverez ce prodige vivant : la multitude des croyants n’avait qu’un cœur et qu’une âme. Le Christ a daigné s’unir à vous, et vous ne daigneriez pas être uni à votre frère ?
L’Église n’existe pas pour que nous restions divisés en y venant, mais bien pour que nos divisions y soient éteintes : c’est le sens de l’assemblée. Si c’est pour l’Eucharistie que nous venons, ne posons donc aucun acte qui contredise l’Eucharistie : ne faisons pas de peine à notre frère, ne méprisons pas l’indigent. Vous venez rendre grâce pour les bienfaits reçus : ne vous séparez pas de votre prochain. Quoi ! Vous feriez mémoire du Christ, et vous dédaigneriez le pauvre, et vous ne seriez pas saisi d’horreur ?
Vous prenez part à ce repas divin ; vous devez être le plus compatissant des hommes. Vous avez bu le Sang du Seigneur, et vous ne reconnaissez pas votre frère ? L’eussiez-vous méconnu jusque-là, vous devez le reconnaître à cette table.
Il nous faut tous être dans l’Église comme dans une commune maison : nous ne formons qu’un seul Corps. Nous n’avons qu’un même baptême, une même table, une même source, et aussi un seul Père…
Saint Jean Chrysostome (v350-07)
Homélie sur 1 Co 10, 17, 24, 2 27, 3-5
