Accompagner les malades à l’hôpital, une vocation

Plus de 500 bénévoles sont aujourd’hui mobilisés en aumôneries pour accompagner les malades en milieu hospitalier à Paris. Une mission magnifique, comme en témoignent nombre de ceux qui l’exercent, mais qui exige de se former. À l’occasion de la 25e Journée du malade, retour sur cette « vocation reçue du Seigneur » [1].

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© Natalia Bratslavsky - fotolia.com

« Accompagner un malade, ce n’est pas arriver avec sa boîte à outils et ses réponses toutes faites. C’est prendre le temps d’écouter. Chaque rencontre est unique et invite au discernement. » Le P. Alain Gambart est vicaire épiscopal, en charge de la Pastorale de la santé. « Ceux qui font appel à nous ont souvent simplement besoin de se confier, sans nécessairement vouloir aller plus loin », explique-t-il. Et pour lui il n’y a aucun doute : « Ceux qui demandent à s’approcher des malades portent en eux une sorte d’appel. Personne n’arrive ici de façon anodine ». Si le pape François parle de « vocation reçue du Seigneur », Doriane Villordin, responsable d’aumônerie depuis seize ans, à l’hôpital Cochin (14e) puis à Robert Debré (19e), va plus loin : « Pour moi, cela a été une révélation. » Infirmière à l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) durant vingt-deux ans, avant de travailler en libérale, elle témoigne que, durant de longues années, la mort lui a fait peur. « Soignant, on nous apprend à guérir, et j’ai longtemps appréhendé la vision des corps et la douleur des familles. En devenant visiteuse à l’hôpital, j’ai vu la mort autrement, de façon plus sereine, plus paisible. » Doriane Villordin parle de cette conversion comme d’un « passage ». « Le Seigneur m’a appelé à l’hôpital, dans un lieu où j’avais travaillé durant plus de vingt ans. Mes collègues, qui connaissaient ma foi, ont parfaitement compris ma démarche. Ils m’ont dit : « Tu as soigné les corps, maintenant tu soignes les âmes ! » En 2016, elle devient responsable d’aumônerie à l’hôpital pédiatrique Robert Debré. « Je suis arrivée dans une structure plus petite – 400 lits – et j’ai formé deux personnes afin de constituer une équipe. » Car Doriane ne conçoit pas sa mission seule. « Il est essentiel de pouvoir partager ses expériences auprès des malades avec les autres membres de l’équipe, de relire sa journée avec eux. »

Une formation sur sept journées

Mais entre l’appel et la réalisation de cette mission, reste une étape essentielle : la formation. « Dans notre démarche, rappelle le P. Gambart, nous engageons le visage de l’Église. Nous avons une responsabilité auprès de l’hôpital, en particulier dans les hôpitaux publics où s’exerce une laïcité stricte. Nous devons en respecter les règles. » « Il faut être très professionnels, car nous travaillons avec des professionnels », insiste Florence Derumez, responsable des aumôneries des hôpitaux à la Pastorale de la santé. « C’est pourquoi nous recherchons des personnes motivées, prêtes à se former. » Chaque année, le diocèse organise ainsi une session de sept journées, réparties dans l’année. « Cette formation, commune à toute l’Île-de-France, aborde des thèmes précis : la dimension ecclésiale de la mission, le cadre législatif, le fonctionnement des établissements de santé, etc. » Si cette fonction peut être rémunérée, elle doit rester « une démarche gratuite », souligne Florence Derumez. « Je prends toujours le temps d’expliquer à ceux qui viennent me voir qu’il ne s’agit pas d’un job mais d’une mission d’Église. » Une mission prenante, exigeante, certes, mais où aucun jour ne ressemble à un autre. « C’est un service magnifique, un beau cadeau que le Christ nous fait », sourit Doriane Villordin. « Car s’il est une chose dont je suis sûre, c’est que c’est au milieu des malades que le Christ réside. Dans ma mission, je rencontre son visage tous les jours. » • Priscilia de Selve

[1Pape François, Message pour la 25e Journée du malade 2017, 8 décembre 2016.

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