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Les saints de Cracovie : bienheureux P. Jerzy Popieluszko

Les saints de Cracovie : bienheureux P. Jerzy Popieluszko

Le Père P. Jerzy Popieluszko est né le 14 septembre 1947 à Okopy, un petit village de Voïvodine, au nord-est de Bialystok, dans le nord-est du pays, non loin de la frontière lituanienne, au sein d’une famille de paysans profondément chrétiens.

Entré au grand séminaire de Varsovie en 1965, il est appelé un an plus tard sous les drapeaux, pour faire trois années de service militaire dans une unité spéciale. Les autorités militaires procèdent alors à un endoctrinement anticlérical et antireligieux dans le dessein de détourner les séminaristes de leur vocation. Jerzy Popieluszko est l’objet de vexations et de persécutions qui portent atteinte à sa santé.

Il est cependant ordonné prêtre le 28 mai 1972. Il est nommé par le cardinal primat aumônier des aciéries de Huta Warszawa.

Après la proclamation de la loi martiale, en 1981, le P. Popieluszko commence à célébrer des « Messes pour la patrie ». Les homélies de l’aumônier charismatique du syndicat Solidarnosc affrontent des thèmes religieux et spirituels comme des questions de société, de politique et de morale : il enseigne la doctrine sociale de l’Église, fait connaître celui de Jean-Paul II et les positions du cardinal primat Stefan Wyszynski. Il n’en fallait pas plus pour attirer sur lui la vindicte des autorités communistes.

Une liste de 69 « prêtres extrémistes » est établie par le gouvernement du général Jaruzelski et remise au cardinal Josef Glemp, qui a succédé au cardinal Wyszynski, avec pour consigne de les faire taire ! Le Père Popielszko y figure, en compagnie de deux évêques, Mgr Tokarczuk et Mgr Kraszewski, auxiliaire de Varsovie, et du confesseur de Lech Walesa, le P. Jankowski.

Le martyre d’un résistant

En décembre 1983, l’abbé Popieluszko est placé en garde à vue pendant deux jours. La police prétend avoir découvert chez lui des armes et des explosifs, ainsi que des tracts de Solidarnosc. La nuit suivante, un inconnu sonne chez lui et lance une grenade, mais il échappe de justesse à cet attentat.

Accusé d’« abus de sacerdoce », il est convoqué treize fois par la milice, au cours des seuls quatre premiers mois de l’année 1984. Le porte-parole du gouvernement communiste, Jerzy Urban, le qualifie de « fanatique politique ».

Ainsi, le vendredi 19 octobre 1984 - il y aura trente ans cette année - à 22 heures, trois officiers de police arrêtent la voiture du P. Popieluszko en rase campagne, sous prétexte d’effectuer un alcotest. Son chauffeur parvient à s’enfuir, le prêtre reste seul entre les mains des forces de sécurité. Il a 37 ans.

On ne sait plus rien de lui jusqu’au 27 octobre, lorsque le capitaine Grzegorz Piotrowski avoue : « C’est moi qui l’ai tué, de mes propres mains ». Son corps est retrouvé dans le lac du barrage de Wloclawek, sur la Vistule, à une centaine de kilomètres au nord de Varsovie. Les Polonais reçoivent la nouvelle sans céder à la colère, comme le demandait le père Jerzy : « Nous devons vaincre le mal par le bien ». Ainsi, les jours du régime étaient comptés.

La commémoration liturgique du bienheureux Jerzy Popieluszko est fixée au 19 octobre, date anniversaire de son martyre que le père Daniel Ange a raconté avec des documents archives : “Le 19 octobre, il célèbre sa toute dernière messe. Quel jour est-on ? Les martyrs du Canada. Dans quelle église ? Celle des saints Frères Martyrs polonais ! Sans commentaire. Il y médite le Rosaire. Quels mystères ? Les … douloureux. Son ultime parole ? « Prions pour que nous soyons libres de toute peur, de l’effroi et surtout du désir de vengeance et de violence. » Sur la route de Torun, la voiture du Père Jerzy est arrêtée par des fonctionnaires en uniformes de la milice. En réalité, c’était des agents de la SB (services de sécurité de l’Etat). Le chauffeur de la voiture est obligé de remettre les clefs de l’auto aux deux hommes et de monter dans leur véhicule. On lui met les menottes. Les deux fonctionnaires l’assomment violemment et le déposent dans le coffre de leur voiture et se sauvent. Le chauffeur du Père Jerzy réussit à sauter du véhicule, se sauve, et se met à la recherche de secours. Au bout de quelques kilomètres, le véhicule s’arrête. Le prêtre est à nouveau frappé. « Ensuite, on lui a attaché les pieds avec un sac de pierres, on lui a passé un nœud coulant autour du cou. Une des extrémités de la corde entravait les jambes repliées de la victime et à chaque mouvement, le nœud coulant étouffait le père Popieluszko » (citation du procès). A ce moment le père est encore en vie. Les assassins décident de le noyer. Le 20 octobre, on annonce au journal télévisé du soir, l’enlèvement du Père Jerzy. Une foule s’est rassemblée à l’église Saint Stanislas Kostka pour prier. Le soir même une messe est célébrée à son intention. Jour et nuit les fidèles prient dans l’église, jusqu’au moment dramatique où la vérité éclate. Le 30 octobre : on annonce que le corps du père Popieluszko est retrouvé dans la Vistule. Sa dépouille mortelle est transportée à l’église saint Stanislas Kotska, le soir du 2 novembre. Le lendemain a lieu son enterrement, auquel participent quelques centaines de milliers de Varsoviens et des délégations venant de toute la Pologne.”

Sources : Zenit 17/01/14

Jerzy Popiełuszko n’a rien publié de son vivant, mais ses Sermons pour la Patrie ainsi que ses carnets intimes (rédigés entre 1980 et 1984) ont été publiés en polonais et, plus tard, traduits en français par l’entremise de Jean Offredo.
- Jerzy Popieluszko : le chemin de ma croix. Messes à Varsovie Traduit par Michel de Wieyzka. Préface : Jean Offredo, publ. par Cana, Paris 1984.
- Jerzy Popieluszko : carnets intimes (1980-1984). Traduction et introduction : Jean Offredo, publ. par Cana, Paris 1988. (2e édition 1997)

Informations
http://www.popieluszko.net.pl

Formulaire de messe (19 octobre)

Omnipotens sempiterne Deus, qui in tua providentia beatum martyrem Georgium, presbyterum, firmum testem Evangelii earitatis et defensorem humanae dignitatis reddidisti, eius intercessione et exemplo concede nobis, ąuaesumus, ut in vera libertate viventes bono malum vincere valeamus. Per Dominum.

Dieu éternel et tout-puissant, dans ta providence tu as fait du bienheureux Georges, prêtre, un témoin inébranlable de l’Évangile de la charité et de la dignité humaine, jusqu’au martyre ; Par son intercession et a son exemple, permets, nous te prions, que, en vivant dans la vraie liberté, nous sachions vaincre le mal par le bien. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

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