L’Église
Catholique
À Paris

Entre deux tours

Par le père Laurent Stalla-Bourdillon, curé de Sainte-Clotilde et directeur du Service pastoral d’études politiques (Spep), le 28 avril 2017.

Les études menées au cours des rendez-vous électoraux des dernières années ont confirmé que les catholiques pratiquants sont moins nombreux à voter pour l’extrême-droite que la moyenne nationale. Le regretté René Rémond faisait déjà remarquer en 2002, que la montée du Front National est aussi la traduction d’une baisse des repères chrétiens dans notre société. Veut-on encore de l’Église catholique en France ? Il ne suffit pas d’appeler à une prise de position contre un candidat pour corriger les effets des incohérences dramatiques des choix politiques de la décennie passée.

Il faut donc aujourd’hui que la classe politique et avec elle toute la société se ressaisissent et s’interrogent sur la signification du rejet constant des religions et de l’Église catholique. On ne peut d’un côté brandir la laïcité pour exclure les prises de positions de l’Église lorsqu’elles dérangent et d’un autre côté en appeler à l’Église catholique pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être !

L’Église de France en appelle à la cohérence des responsables politiques et des citoyens. Portée par la foi, l’espérance et la charité que le Saint-Esprit lui inspire, l’Église, formée de l’ensemble des personnes baptisées, ne s’affaiblit pas dans ses fondements. Elle voit cependant son rayonnement faiblir lorsque sa parole cesse d’être reconnue comme une voix au service du bien commun.

Aujourd’hui, les responsables de l’Église de France rappellent qu’il appartient d’abord à chaque baptisé de s’efforcer de vivre en chrétien au milieu de leurs frères et sœurs, en cherchant à s’unir toujours plus profondément au Christ Seigneur.

Ils rappellent que les grandes familles religieuses sont les gardiennes de l’unité et de la paix, les vigies de la dignité de la personne humaine tant des enfants à naître que des vieillards, et les apôtres de la fraternité entre personnes de cultures, de races et de religions différentes, pleine de gratitude pour les dons de Dieu à l’image de Saint François d’Assise.

Ils rappellent que l’unité du pays est son premier bien commun.

Ils rappellent qu’une unité se réalise à condition du respect des différences et non en en cherchant à les abolir par la négation ou l’exclusion.

Ils rappellent que les projets populistes ne peuvent en aucun cas constituer l’assurance d’un avenir paisible et invitent les acteurs de la vie politique à dénoncer les germes de haine et de division qu’ils portent et à y renoncer.

Ils rappellent que les idoles modernes sont une aliénation de la dignité de l’être humain et la source de grande misère matérielle, morale et spirituelle. Les projets politiques fondés sur l’idolâtrie de l’argent finissent en mépris de l’être humain et font la ruine du tissu social. Seul le respect absolu de la famille comme cadre indépassable du développement humain peut lutter contre l’individualisme et nourrir la conscience de la dignité de toute personne.

Enfin, ils rappellent que seul le partage et l’offre d’un travail digne sont le remède à des souffrances aussi bien au niveau national, qu’européen et même mondial.

Il en va donc de la responsabilité de tous les candidats à des élections présentes et futures de prendre la mesure de leurs responsabilités et de savoir s’engager au service du bien de la France et de son rayonnement dans le monde par l’écoute, l’accueil et le partage.

P. Laurent Stalla-Bourdillon

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