Être proche de ceux qui sont loin de l’Église

Fondée en 1941, la Mission de France est aujourd’hui mal connue. Trois de ses membres, qui résident à N.-D. d’Espérance (11e), font découvrir cette prélature territoriale au service de ceux qui sont loin de l’Église.

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De gauche à droite, P. Bernard Michollet, P. Philippe Deterre et P. Guy Trambly de Laissardière, à N.-D. d’Espérance (11e).
© Céline Marcon

« Il y a un mur qui sépare l’Église de la masse. Ce mur, il faut l’abattre pour rendre au Christ les foules qui l’ont perdu. » Ce cri d’alarme lancé dans les années 1940 par le cardinal Emmanuel Suhard, initiateur de la Mission de France, reste toujours d’actualité. Le cardinal André Vingt-Trois a soutenu ainsi la création, il y a un an et demi, à Paris, d’une équipe de la Communauté Mission de France, alors qu’il n’en existait plus depuis plusieurs années dans la capitale. Elle est composée de six membres – prêtre, diacre ou laïc –, qui partagent un temps commun toutes les trois semaines.

Trois d’entre eux, prêtres et résidents à N.-D. d’Espérance (11e), témoignent pour Paris Notre-Dame. « Notre mission, c’est d’être proche de ceux qui sont loin de l’Église, d’assurer une présence ordinaire dans des situations ordinaires », explique le P. Philippe Deterre, prêtre incardiné à la Mission de France. Si tout baptisé est appelé à être « disciple-missionnaire », selon les mots du pape François, leur vocation spécifique est d’être avant tout au service des milieux déchristianisés – ils ne participent que ponctuellement à la vie de la paroisse N.-D. d’Espérance. « Être missionnaire, c’est une tournure d’esprit, qui implique l’ouverture aux autres », précise le P. Bernard Michollet, membre de la Communauté Mission de France et prêtre incardiné dans le diocèse de Belley-Ars (Ain).

Autre particularité de la Mission de France : certains de ses prêtres exercent une activité professionnelle. « Je ne sais pas comment je serai prêtre sans mon travail ! », s’écrie spontanément le P. Deterre, chercheur en biologie. Le P. Guy Trambly de Laissardière, prêtre incardiné à la Mission de France, est, lui, enseignant-chercheur en physique. Un métier qui rejoint son désir « de recevoir le Christ », en allant « à la rencontre de milieux différents ». Au fil des années, il a pris conscience que des personnes « dont les fondements ne sont pas chrétiens peuvent quand même suivre une trajectoire de vie solide » : un signe que le Christ habite dans leur cœur ? La Mission de France cherche en tout cas non seulement à abattre les murs, mais aussi à construire des passerelles entre l’Église et le monde.

Céline Marcon

Un peu d’histoire

La Mission de France est née de la prise de conscience de la déchristianisation de la société française. Fondée en 1941 par l’Assemblée des cardinaux et archevêques, cette prélature territoriale – statut proche de celui de diocèse – contribue à l’effort missionnaire dans les milieux les plus éloignés de l’Église. Son siège se situe à Pontigny (Yonne). Depuis la création de la Communauté Mission de France, en 2002, tous ceux qui le souhaitent peuvent s’y engager. Actuellement, 622 prêtres, diacres et laïcs en sont membres et sont présents dans 60 diocèses de France et dans d’autres pays.

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