Homélie du cardinal André Vingt-Trois – Inauguration de l’aumônerie Cep Grands Moulins

Jeudi 8 janvier 2009 - Paris XIIIe

Le Cardinal Vingt-Trois a inauguré l’aumônerie Grands Moulins, espace catholique dédié aux étudiants de Paris 7 – Diderot , de l’Ecole d’Architecture de Paris- Val de Seine située rue Hélène Brion 75013 Paris.
Si vous souhaitez rentrer en contact avec notre aumônerie : mail

- 1 Jn 4, 19-5, 4 ; Ps 71, 1-2. 10-13 ; Lc 4, 14-22a

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois

Chers amis, frères et sœurs,

Après avoir écouté ces lectures de la première lettre de saint Jean et de l’évangile selon saint Luc, nous pouvons en retenir trois points qui peuvent éclairer le moment que nous vivons ce soir.

Tout d’abord nous avons entendu l’annonce d’une année de grâce et de bienfaits de la part du Seigneur. Un acte de foi nous est demandé pour considérer que le temps que nous vivons, c’est-à-dire cette année-ci, est un temps de grâce et de bienfaits.
En effet, nous sommes plutôt sensibles aux difficultés du moment, aux efforts que nous devons fournir et à ce qu’il peut y avoir de contraignant ou de décourageant dans ce qui nous est proposé. Une année d’études supplémentaire ne nous apparaît pas forcément comme une année de bienfaits soit que nous estimions en avoir fait assez, ou que les programmes n’en fassent pas la meilleure période de notre vie.
Or le regard du Christ sur ces temps de la vie des hommes y discerne un temps de grâce parce que c’est celui de l’avènement du Messie d’Israël. Dès lors nous sommes invités à poser nous aussi un regard de foi sur ce moment de notre histoire, à chercher dans le tissu et l’enchaînement des événements le signe de la grâce et de l’amour de Dieu et à découvrir comment Dieu répand ses bienfaits pour l’humanité. Plus que d’autres nous devons même nous passionner pour la quête de ces signes d’espérance afin de montrer que le temps que nous vivons est vraiment un temps d’espérance.

La deuxième réflexion que me suggèrent ces lectures concerne la mission du Christ serviteur « envoyé pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres », selon les mots du prophète Isaïe (61, 1-2).
Vous le savez, l’onction du baptême et de la confirmation par laquelle nous recevons le don de l’Esprit Saint, nous configure au Christ prêtre, prophète et roi, comme le dit la formule du rituel baptismal. Comme chrétiens, nous sommes donc associés très profondément à cette mission du Christ d’annoncer la bonne nouvelle aux pauvres et d’être témoin de la délivrance que Dieu veut apporter à l’humanité.
Or nous sommes spontanément sensibles à la disproportion qu’il peut y avoir entre les moyens dont nous disposons et la grandeur de cette mission. Quand nous comparons par exemple ce local très beau certes, mais d’une surface si modeste, et les immenses immeubles et toutes les activités au milieu desquels il se trouve, ou bien quand nous prenons la mesure de nos faibles capacités et de l’ampleur de la tâche d’annoncer la délivrance et la bonne nouvelle du Salut à ceux qui nous entourent, nous pouvons nous demander si nous ne sommes pas dans une sorte de projection illusoire en imaginant que si convaincus et si motivés que nous puissions être, nous pourrions changer quelque chose à la vie des hommes par notre manière d’exister et par le témoignage que nous rendons à l’évangile.
Là aussi, il nous est demandé un acte de foi : cette annonce n’est pas notre œuvre mais c’est la mission du Christ qui s’accomplit à travers des hommes et des femmes qui n’en ont pas les moyens humains mais qui utilisent cependant du mieux qu’ils peuvent les forces et les talents reçus et se dépensent pour apporter ce témoignage.

Enfin, la troisième réflexion que je voudrais proposer à votre prière concerne le lien que la première épître de Jean établit pour nous entre la foi en Dieu et la pratique de l’amour. Le texte opère un va-et-vient constant entre l’amour que nous voulons et disons vivre pour Dieu, et l’amour de nos frères : « Celui qui dit qu’il aime Dieu qu’il ne voit pas et qui n’aime pas son frère qu’il voit est un menteur » (1 Jn 4, 20).
Notre profession de foi dans la valeur du temps que nous vivons comme un temps de grâce et notre profession de foi dans la mission du Christ à laquelle nous sommes associés se vérifient ultimement dans notre manière de vivre la charité entre nous qui sommes membres d’une même Église, mais aussi avec tous ceux qui nous entourent. Ce qui donnera à notre témoignage d’être non seulement écouté mais pris au sérieux, c’est la manière dont nous mettons en pratique le commandement de l’amour.

Alors, au moment où nous inaugurons cette aumônerie destinée à être un lieu de la profession de foi et un lieu de l’accueil dans la charité, nous demandons au Seigneur de nous aider à voir ce temps comme le temps de sa grâce et de ses bienfaits, et d’ouvrir nos cœurs pour être témoins de son amour au milieu de la population si nombreuse et si variée de ce quartier. Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris

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