L’Église
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L’Année de la vie consacrée

P. N.-D. - Le pape François a lancé une Année de la vie consacrée [1] du 30 novembre 2014 au 2 février 2016. Pour quelles raisons ?

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P. Jean-Pierre Longeat, moine bénédictin et président de la Conférence des religieux et religieuses de France.
© Céline Marcon

P. Jean-Pierre Longeat – Il a voulu soutenir ce projet proposé par la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée parce qu’il pense que l’humanité a besoin d’entendre les témoignages des personnes consacrées. Généralement, elles sont discrètes et ne se mettent pas en avant. Pourtant, leur quotidien est riche d’enseignement. Elles ont fait des choix à contre-courant de la vision du bonheur dans la société actuelle : la sobriété matérielle, le vœu d’obéissance, la vie communautaire, etc. Lors de l’ouverture de l’Année de la vie consacrée, le pape a lancé une interpellation, dans une lettre apostolique publiée en novembre : « Réveillez le monde ! » C’est une invitation aux consacrés à se recentrer sur les fondamentaux de leur vocation pour être des témoins de l’Évangile. Comme eux, tous les hommes sont appelés par le Christ à se dépouiller d’eux-mêmes et à se libérer des passions passagères.

P.N.-D.- Quels sont les projets de la Conférence des religieux et religieuses de France lors de l’Année de la vie consacrée ?

P. J.-P. L. – C’est une occasion pour évaluer le passé, actualiser le présent et se tourner sans peur et avec espérance vers l’avenir. Nous souhaitons en particulier mieux faire connaître l’originalité et le dynamisme des personnes consacrées. Ainsi, nous avons commandé une enquête à un institut de sondage pour faire le point sur la perception de leur engagement en France. Parmi les événements que nous organisons, il faut noter un grand rassemblement national des jeunes religieux – âgés de moins de 45 ans – dans la région parisienne, du vendredi 1er au dimanche 3 mai, ainsi qu’un colloque en décembre 2015. De nombreuses initiatives seront aussi organisées par les diocèses et par la Conférence nationale des instituts séculiers de France.

P. N.-D. - Pour vous, quels sont les principaux enjeux de la vie consacrée en France ?

P. J.-P.L. – Aujourd’hui, plus de 38 000 personnes ont répondu à cette vocation dans notre pays. Je pense qu’il faudrait travailler sur l’accompagnement des situations en tenant compte de la diversité de l’état des congrégations : certaines subissent des difficultés à cause de la diminution et du vieillissement de leurs membres, et d’autres projets connaissent un essor. La place de la vie religieuse dans les Églises locales (diocèses et paroisses) ne doit en outre pas être considérée comme celle d’une simple force d’appoint, mais plutôt dans un esprit de communion et de complémentarité autour du témoignage d’une vie évangélique et d’une annonce de la foi selon les différents charismes des ordres et congrégations. Par exemple, une Fraternité s’est constituée il y a quelques années à Angoulême (Charente), dans l’esprit de l’Ordre trinitaire avec des religieuses, des prêtres et des laïcs : elle a, au centre de la ville, un rôle d’accueil spirituel, de solidarité et de prière. Je crois aussi qu’il faut renouveler l’accompagnement de ceux qui se questionnent sur leur vocation, par exemple en créant pour eux de nouveaux lieux de réflexion et de partage. Mon plus cher désir pour l’Année de la vie consacrée serait que de nombreuses personnes puissent découvrir la joie qu’il y a à vivre radicalement au nom du Christ. • Propos recueillis par Céline Marcon

Plus d’infos :
- http://corref.fr
- Calendrier diocésain pour l’Année de la vie consacrée

[1La vie consacrée désigne le choix de toutes les personnes qui s’engagent au célibat au nom du Christ et de l’Évangile.

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