« L’école catholique doit être un lieu de convictions fortes »

Jean-François Canteneur succède, à la rentrée, à Frédéric Gautier à la direction de l’Enseignement catholique du diocèse. Rencontre avec ce quadragénaire discret et efficace.

Paris Notre-Dame : Quel parcours vous a mené jusqu’au poste de directeur de l’Enseignement catholique à Paris ?

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Jean-François Canteneur, nouveau directeur de l’Enseignement catholique du diocèse de Paris.
© Ariane Rollier

Jean-François Canteneur – J’ai commencé à travailler dans l’Enseignement catholique il y a plus de vingt ans comme cadre éducatif, puis comme responsable de la pastorale scolaire à Saint-Joseph à Reims, avant d’en diriger le lycée. Ce milieu m’attirait par l’intérêt que je portais à la transmission et au travail dans une communauté éducative unie. Auparavant, j’avais servi dans l’armée et suivi une formation universitaire en sciences et en philosophie, matière que j’ai également enseignée. En 2003, je suis devenu adjoint au directeur diocésain de l’Enseignement catholique à Paris. J’ai également eu la chance de vivre des expériences décisives en dehors du domaine éducatif, où j’ai puisé une connaissance plus large du diocèse de Paris. J’ai en effet coordonné le congrès Paris Toussaint 2004, où j’ai eu l’occasion de creuser la question de la possibilité d’évangéliser aujourd’hui. En 2008, j’ai encore été délégué général pour l’organisation de la venue du pape à Paris. Ces expériences ont été déterminantes pour moi et m’ont donné l’occasion de travailler avec les services publics.

P. N.-D. : Quelle est, selon vous, la mission d’un directeur de l’Enseignement catholique ?

J.-F. C. – De mon prédécesseur, Frédéric Gautier, je garde l’idée que le directeur de l’Enseignement catholique est d’abord en charge de faire l’unité dans le respect de la diversité des établissements. À la rentrée, je serai au service d’un ensemble d’institutions qui réunissent 5 000 enseignants, 3 000 salariés non enseignants, 1 000 bénévoles et 78 000 élèves répartis dans 140 établissements à Paris. Il n’est pas question de juger de l’Enseignement catholique à partir de la petite dizaine d’écoles que chacun connaît ! Je devrai donc aider à la communion en nommant des chefs d’établissement capables de respecter ces particularités. C’est vrai aussi à l’intérieur des établissements, aux publics très divers. Nos sessions de formation de chefs d’établissement portent ainsi sur le management de la diversité culturelle, la recherche de cohérence et la fraternité. Ma mission est de favoriser l’action concordante, de respecter l’autonomie de chacun. La cellule de base demeure l’établissement qui porte la réalité quotidienne.

P. N.-D. : Quelle ambition l’Enseignement catholique se donne-t- il à Paris ?

J.-F. C. – Nous voulons permettre la croissance des jeunes à travers la recherche de la vérité. J’évite de définir le fameux « caractère propre » du privé en termes de catéchèse. Il s’agit d’une réalité bien plus vaste. Il nous faut une école où la communauté éducative lie l’élève à son maître dans une relation chaleureuse, ouverte à la grâce reçue par l’autre, tout en gardant l’exigence intellectuelle. C‘est pourquoi nous ne recrutons pas que des professeurs catholiques (il n’y aurait de toutes façons pas assez de candidats !) mais des personnes en chemin vers l’évangélisation, animées par des convictions chrétiennes. L’école n’est pas une paroisse, ni le lieu de la vie sacramentelle ! C’est le lieu où il faut révéler le Christ à travers la connaissance et le service, la poignée de main, l’attention au plus faible. Il me semble important de ne pas créer un enseignement profane d’un côté et une bonne catéchèse musclée de l’autre. Mais la question de Dieu doit pouvoir être abordée partout, conjointement au travail formidable de nos soixante aumôniers. Il y a vingt ans, je considérais qu’une école était catholique par son recrutement d’élèves majoritairement catholiques. Mais j’ai compris qu’elle avait un service plus grand à rendre et que ce qui la faisait catholique était son chef d’établissement, son projet, le fait qu’elle soit un lieu de convictions fortes. En Terre Sainte, certains établissements catholiques sont tenus par trois religieuses. Ils reçoivent 90% de musulmans qui veulent que leurs enfants soient éduqués comme les enfants chrétiens. Dans notre société plurielle, où les convictions se ramollissent, c’est le modèle que nous pouvons proposer, être comme le levain dans la pâte ou encore la lumière du monde dont parle le Christ dans l’Évangile. • Propos recueillis par Pauline Quillon

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