L’Église donne la parole aux jeunes

En janvier dernier, le Vatican publiait le document préparatoire au synode qui se tiendra à Rome en octobre 2018, et qui portera sur les jeunes et les vocations. Comment le diocèse de Paris compte-t-il donner la parole aux jeunes à cette occasion ? Et comment recueillir les fruits de ce synode dans les mois qui viennent ? Réponse du P. Benoist de Sinety, vicaire général en charge du projet.

JPEG - 273.5 ko
Le P. Benoist de Sinety, vicaire général, en charge du projet.
© Ariane Rollier

Paris Notre-Dame – Comment le diocèse de Paris compte-t-il participer à la consultation lancée par le Vatican ?

P. Benoist de Sinety - C’est le service de la pastorale des jeunes adultes du diocèse, avec le P. Jean- Baptiste Arnaud et Évrard Brunel, qui va porter cette consultation. En attendant que le questionnaire soit publié sur internet par le Vatican, nous avons en tête de mobiliser, dans un premier temps, la vingtaine de jeunes adultes qui sont intervenus devant le cardinal et le conseil épiscopal l’an dernier. Ceux qui sont disponibles fourniront un premier noyau de réflexion. Et dès que le questionnaire sera en ligne, j’enverrai un mot aux curés et aux prêtres du diocèse ainsi qu’aux responsables de la pastorale jeune en paroisse, afin de les inciter à relayer l’information vers les jeunes. L’idée est d’essayer de constituer, dans chaque paroisse, une équipe de jeunes qui puisse réfléchir sur la base de ce questionnaire. Un peu de la même façon qu’a été menée la consultation pour le synode sur la famille. Nous comptons aussi sur le Congrès mission, organisé à la rentrée prochaine par des associations comme Anuncio, Aïn Karem ou l’Emmanuel. Leurs organisateurs sont bien conscients que cette question du synode des jeunes doit être au centre de cette manifestation, qui sera d’ailleurs plus importante que les années précédentes, avec une grande veillée prévue le samedi soir à St-Sulpice (6e). Car l’idée, au-delà du questionnaire, c’est que ce synode puisse donner un coup de boost à la pastorale des jeunes et à ce qui se passe autour.

P. N.-D. – Comment l’idée de ce synode a-t-elle été accueillie ?

P. B. S. - Je ne sais pas encore ce qu’en pensent les jeunes, mais ceux qui les accompagnent sont très contents de pouvoir profiter de l’occasion pour dynamiser leur pastorale. Toutefois, le principal service que ce synode puisse rendre aux jeunes, c’est de susciter dans les paroisses des groupes dans lesquels ils puissent réfléchir aux réponses à apporter aux questions qui leur sont posées. Et que, de là, puisse naître des initiatives ou des prises de conscience, tant mieux ! Mais on ne peut pas décréter pour eux ce qui doit sortir de tout cela. Je pense aussi que ce synode doit être l’occasion de présenter aux jeunes – et aux autres ! – ce qui se passe à Paris et ailleurs. Car de nombreuses initiatives existent par les jeunes pour les jeunes. Ce Congrès mission en est un excellent exemple. Nous ne sommes pas ici dans une structure pyramidale dans laquelle d’autres décideraient à leur place de ce qui est bon pour eux. D’ailleurs, depuis une vingtaine d’années, beaucoup d’entre eux se sont pris en main et ont lancé des initiatives – comme l’Association pour l’amitié ou Lazare, par exemple – qui bousculent parfois les institutions. Et même dans les structures plus traditionnelles, comme les groupes EVEN et les aumôneries étudiantes, beaucoup de ces jeunes acquièrent des responsabilités d’organisation et d’évangélisation importantes. Notre mission à nous, institution, est de leur offrir les cadres dans lesquels ils vont pouvoir s’exprimer, en les accompagnant, en les aidant à discerner. Ce synode est d’abord pour nous l’occasion de mettre cette réalité en évidence, afin que tous puisse en bénéficier.

Priscilia de Selve

Articles

Horaire de messes
Faire un don
Trouver ma paroisse