La diaconie féminine dans l’orthodoxie

De nos jours, dans l’orthodoxie, le problème de l’ordination des femmes à un ministère est tout à fait actuel : le féminisme actif aux USA, les ordinations de femmes prêtres, pasteurs ou évêques en Scandinavie et en Angleterre remettent toujours cette question à l’ordre du jour pour nous autres, femmes orthodoxes, même si nous nous contentons de participation à des congrès locaux. L’une des façons d’éluder la question est de déplacer la question vers la diaconie

De nos jours, dans l’orthodoxie, le problème de l’ordination des femmes à un ministère est tout à fait actuel : le féminisme actif aux USA, les ordinations de femmes prêtres, pasteurs ou évêques en Scandinavie et en Angleterre remettent toujours cette question à l’ordre du jour pour nous autres, femmes orthodoxes, même si nous nous contentons de participation à des congrès locaux. L’une des façons d’éluder la question est de déplacer la question vers la diaconie.

Éluder la question, c’est mon avis ! Je m’explique donc : si le sacerdoce féminin est une instauration ou restauration de l’égalité des droits et des pouvoirs avec les hommes, alors bien sûr, l’orthodoxie retarde un peu ! Chez nous, on devrait revenir aux pratiques ancestrales des évêques mariés et des femmes-prêtres (ou évêques) là où cela s’avèrerait nécessaire ! Et si nous comprenons le problème de cette façon-là, il faut revenir à la pratique de femmes-diacres, ce qui serait une première étape sur le chemin de cette égalité de droits et de pouvoirs, donc de privilèges L’autre aspect de cette égalité comprise comme une ascension jusqu’au niveau des homme-prêtres, c’est le danger que ces derniers ne ( se ) disent : « les femmes nous ficheront la paix si on cède sur la diaconie : après tout c’est une ordination, un service d’autel… » etc. Et alors, on interprète la diaconie comme une friandise pleine de promesses, généreusement offerte à ces êtres inférieurs par les hommes supérieurs ! Je ne pense pas qu’une telle vision (même occultée) de la diaconie soit vraiment orthodoxe ! Heureusement dans l’histoire de l’église indivise, la diaconie a existé ; elle est attestée au moins depuis le IVe siècle : il s’agit d’un travail accompli, autour de la prêtrise, notamment pour l’assistance aux nouveaux baptisés. Bien évidemment, lorsque l’on baptise une femme adulte, on la revêt de quelque chose pour couvrir sa nudité : ce service doit être accompli par une femme ! Mais on ne va pas réduire la diaconie à un problème de vestiaire ! En fait, sans remonter aux situations antiques, le problème de l’ordination des femmes a intéressé et préoccupé des orthodoxes à notre époque aussi. Le livre d’Elisaberh Berh-Sigel et de Mgr Kallistos Ware date de 1998, mais bien avant la revue Orthodoxe Contact a accordé une place significative à ce sujet (depuis 1988 : n° 143 ; 159 ; 174 ; 195 ; 201…) . Bon nombre d’entre nous ont gardé un souvenir reconnaissant d’Elisabeth Behr, animant des réunions régulières de femmes consacrées au même sujet, tandis que de multiples congrès de la Fraternité Orthodoxe occidentale en faisaient un thème d’ateliers obligés. Même si le Saint et Grand Concile de Crète (Pentecôte 2016) n’a pas soulevé la question, il existe à présent une association Sainte Phèbe consacrée au thème de la diaconie fondée aux USA (après 1956).

Sainte Phèbe elle-même, mentionnée par saint Paul (épître aux Romains, 16 ;1-2) est considérée désormais comme la patronne des diaconesses, tout comme saint Stéphane est le patron des diacres. On a découvert sa fonction et parlé d’elle, peut-être sous l’influence de l’Église romaine qui célèbre sa mémoire le 3 septembre et les calendriers slaves l’ont inscrite dans les leurs. Évolution encore plus récente, le Synode du Patriarcat d’Alexandrie a pris la décision, lors de sa réunion de novembre 2016, « de restaurer l’institution de diaconesses » et de former une commission d’évêques « pour un examen approfondi de la question ». « Les membres du Synode du Patriarcat Grec Orthodoxe d’Alexandrie ont voulu souligner que les différents problèmes de la vie de l’Église ne sont pas pour nous des déviations des vérités orthodoxes : ils représentent des adaptations à la réalité africaine ». (Agence Fides Alexandrie en Égypte). Ajoutons qu’une conférence panorthodoxe consacrée au renouvellement du diaconat masculin et féminin est planifiée pour octobre prochain en Californie (USA) sur le sujet. La bibliographie proposée par ce centre montre que le sujet de la diaconie féminine reste très actuel. Je pense pour ma part que de nombreuses femmes sont déjà diaconesses sans être ordonnées – question de charismes ! Mais il s’agit tout de même de bien autre chose que de charité, vêtements de baptême ou de visites de malades pour des entretiens cœur à cœur, voire pour leur apporter la communion !
Véronique Lossky dans le Feuillet de l’Exarchat

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