La réorganisation des séminaires

Le 8 décembre dernier, la Congrégation pour le clergé a publié un nouveau texte normatif pour la formation des prêtres catholiques. Les 18 et 19 mars, une centaine de formateurs issus des séminaires de France étaient réunis à Paris pour discuter de cette Ratio fundamentalis. Le point avec le P. Stéphane Duteurtre, recteur du Séminaire de Paris.

Paris Notre-Dame – Pourquoi fallait-il de nouvelles normes concernant l’organisation des séminaires ?

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Le P. Stéphane Duteurtre, recteur du Séminaire de Paris.
© D. R.

P. Stéphane Duteurtre – Depuis le concile Vatican II, la formation des prêtres a été profondément renouvelée. En France, de nouvelles institutions ont vu le jour, comme le séminaire de Paris ou de Toulon, par exemple. La première version de ce document datait de janvier 1970 [1]. Un premier toilettage a eu lieu en 1985. Presque cinquante ans après, cette troisième version intègre les apports des enseignements des papes successifs sur cette question essentielle pour l’Église.

P. N.-D. – Ce document prend-il en compte les évolutions de la société ?

P. S. D. – Bien sûr. Prenez deux des apports de ce document : l’un consiste à rendre « nécessaire et obligatoire » l’année propédeutique, avant l’entrée au séminaire. L’Église prend acte que les jeunes aujourd’hui ne sortent plus d’un univers aussi structuré par le christianisme qu’il y a cinquante ans. Il est donc bon de prévoir un temps pour les ancrer fortement dans le Christ. L’autre nouveauté est de lier la formation initiale (le séminaire) avec la formation permanente. Nous vivons aujourd’hui dans une société profondément sécularisée. Chaque prêtre doit entretenir la vitalité de son sacerdoce et ne peut se laisser simplement porter par son ministère, aussi beau soit-il.

P. N.-D. – En quoi consiste cette formation permanente ?

P. S. D. – Il y a une dimension académique bien sûr. Mais notre session nous a permis de comprendre que cette formation repose d’abord sur deux piliers : une vie spirituelle riche, refondée régulièrement grâce à des retraites et fortifiée par le soutien d’un accompagnateur spirituel ; et le travail intellectuel régulier, tout aussi essentiel. Si le document envoyé en décembre insiste sur ces points, c’est parce que c’est la même congrégation qui, aujourd’hui, s’occupe des séminaristes et des prêtres, et qu’elle connaît bien les difficultés que ces derniers peuvent traverser.

P. N.-D. – Quelles sont les difficultés et les forces mises en lumière durant cette session ?

P. S. D. – Dans beaucoup de séminaires de France, la première des difficultés est le petit nombre des séminaristes. Ce qui peut être intéressant pour la formation humaine mais qui complique l’organisation des cours, et prive d’un certain dynamisme. Une autre difficulté est le manque de formateurs à plein temps. Parmi nos forces, figurent quelques particularités françaises, comme le soin attaché à la direction spirituelle, ou la place faite à la formation pastorale, c’est-à-dire l’insertion des séminaristes dans les paroisses, qui intervient chez nous très tôt. Autre motif de fierté : le fait que l’accompagnement des candidats ne soit pas seulement de la responsabilité du recteur et du vice-recteur du séminaire, mais qu’il soit assuré par l’ensemble du conseil des formateurs.

Priscilia de Selve

[1Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis, promulguée le 6 janvier 1970 par la Congrégation pour l’éducation catholique.

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