L’Église
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« Le pape de la paix dans l’Égypte de la paix »

À l’approche du voyage du pape François en Égypte, les 28 et 29 avril, entretien avec Mgr Michel Chafik, vicaire copte catholique à St-François de Sales (17e) .

Paris Notre-Dame – Le dimanche des Rameaux, en Égypte, les Coptes ont encore été la cible d’attentats. En maintenant son voyage, le pape François pose-t-il un geste fort de soutien aux chrétiens ?

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Mgr Michel Chafik, vicaire à St-François de Sales (17e) et ancien recteur de la Mission copte catholique de Paris.
© Alexia Vidot

Mgr Michel Chafik – Le pape est un homme courageux. En bon pasteur, il veut montrer son soutien et sa solidarité à l’Église qui souffre. C’est bien une Égypte en deuil qu’il va rencontrer. Deuil des chrétiens – ce petit troupeau de 8 à 10 millions de personnes (10% de la population) à majorité copte orthodoxe – qui pleurent leurs morts. Mais deuil aussi des musulmans qui, pour beaucoup, sont dans la compassion et la révolte face à des crimes horribles commis au nom de l’islam.

P.N.-D. – Pastoral, le voyage du pape est donc aussi interreligieux ?

Mgr M.C. – Hautement. Le 28 avril, juste après sa visite au président Abdel Fattah al-Sissi, il interviendra devant la Conférence mondiale sur la paix organisée par Ahmed al-Tayyib, le grand imam de l’université d’al-Azhar qui est la plus haute autorité de l’islam sunnite. Le pape veut montrer par ce geste que l’islam et le christianisme ne sont pas en guerre. Il répètera aussi sans aucun doute que « tuer au nom de Dieu est diabolique ».

P.N.-D. – Si tôt après ces attentats, ce rapprochement avec l’université d’al- Azhar n’est-il pas difficile à accueillir pour les chrétiens ?

Mgr M. C. – Être chrétien, c’est reconnaître, en tout homme, un frère que l’on respecte et que l’on aime. À qui l’on pardonne, même lorsqu’il tue. Si le pape ne témoigne pas de cette ouverture propre au christianisme, s’il n’appelle pas au pardon de l’ennemi, qui donc le fera ? Face à la haine, le chrétien n’a pas d’autres armes que l’amour. Que la Croix. Cette croix plantée dans nos cœurs, tatouée sur nos poignets et au nom de laquelle le sang des Coptes coule depuis des siècles. D’ailleurs, avec Tawadros II, le pape des Coptes orthodoxes, le pape François témoignera de l’union des chrétiens dans le sang des martyrs.

P.N.-D. – La folie terroriste vient d’ébranler une nouvelle fois Paris. Jésus nous veut-il les victimes résignées de cette violence ?

Mgr M.C. – L’amour jusqu’au pardon, oui, mais justice et vérité toujours. Regardez Jésus. Il nous demande de tendre l’autre joue, mais quand luimême est giflé, il rétorque : « Si j’ai mal parlé, montre en quoi ; si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » (Jn 18, 23). En Égypte, le pape va suivre l’exemple du Christ : proposer le pardon comme seule réponse à la violence, mais dire les choses, parler vrai, et dénoncer le mal. Je veux croire que « le pape de la paix » contribuera à la renaissance de cette « Égypte de la paix » (le thème du voyage) défigurée par la montée du radicalisme islamique. Cette paix, nous la demandons aussi pour la France.

Alexia Vidot

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