L’Église
Catholique
À Paris

Prière de confiance et de consécration à Notre-Dame de Fatima du pape Jean-Paul II

Acte de consécration à Notre-Dame de Fatima du pape Jean-Paul II

Prière prononcée à Fatima (Portugal) le 13 mai 1982.

Voici l’acte d’offrande et de consécration que le Saint-Père a prononcé à la fin de la concélébration eucharistique [1] :

1. « Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu ! » (« Sub tuum praesidium confugimus, Sancta Dei Genetrix. ») En prononçant les paroles de cette antienne avec laquelle l’Église du Christ prie depuis des siècles, je me trouve aujourd’hui en ce lieu choisi par toi, et par toi, ô Mère, particulièrement aimée.

Je suis ici, en union avec tous les pasteurs de l’Église par ce lien particulier qui fait que nous constituons un corps et un collège, de la même manière que, selon la volonté du Christ, les apôtres étaient unis à Pierre.

C’est dans le lien de cette unité que je prononce les paroles du présent acte, dans lequel je désire rassembler encore une fois les espoirs et les angoisses de l’Église dans le monde de ce temps.

Il y a quarante ans – puis à nouveau dix ans plus tard –, ton serviteur le Pape Pie XII, ayant devant les yeux les douloureuses expériences de la famille humaine, a confié et consacré à ton cœur immaculé le monde entier, et spécialement les peuples qui étaient, d’une manière particulière, l’objet de ton amour et de ta sollicitude.

Ce monde des hommes et des nations, je l’ai moi aussi devant les yeux aujourd’hui, au moment où je désire renouveler l’offrande et la consécration accomplies par mon prédécesseur sur le siège de Pierre : le monde du second millénaire qui va se terminer, le monde contemporain, notre monde actuel !

Se souvenant des paroles du Seigneur : « Allez... de toutes les nations faites des disciples... Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 19-20), l’Église a renouvelé, au Concile Vatican II, la conscience de sa mission en ce monde.

C’est pourquoi, ô Mère des hommes et des peuples, toi qui « connais toutes leurs souffrances et leurs espoirs », toi qui ressens d’une façon maternelle toutes les luttes entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres, qui secouent le monde contemporain, reçois l’appel que, comme mus par l’Esprit-Saint, nous adressons directement à ton cœur, et avec ton amour de Mère et de Servante, embrasse notre monde humain que nous t’offrons et te consacrons, pleins d’inquiétude pour le sort terrestre et éternel des hommes et des peuples.

Nous t’offrons et te consacrons d’une manière spéciale les hommes et les nations qui ont particulièrement besoin de cette offrande et de cette consécration.

« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu ! » Ne rejette pas nos prières alors que nous sommes dans l’épreuve !

Ne les rejette pas !

Accepte notre humble confiance – et notre offrande !

2. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. » (Jn 3, 16.)

C’est précisément cet amour qui a fait que le Fils de Dieu s’est consacré lui-même pour tous les hommes : « Pour eux je me consacre moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, consacrés dans la vérité. » (Jn 17,19.)

En vertu de cette consécration, les disciples de tous les temps sont appelés à se dépenser pour Je salut du monde, à ajouter quelque chose aux souffrances du Christ en faveur de son Corps qui est l’Église (cf. 2 Co 12, 15 ; Col l, 24).

Devant toi, Mère du Christ, devant ton cœur immaculé, je veux aujourd’hui, avec toute l’Église, m’unir à notre Rédempteur en sa consécration pour le monde et pour les hommes, car c’est seulement dans son cœur divin qu’elle a le pouvoir d’obtenir le pardon et de procurer la réparation.

La puissance de cette consécration dure dans tous les temps, elle embrasse tous les hommes, peuples et nations, elle surpasse tout mal que l’esprit des ténèbres est capable de réveiller dans le cœur de l’homme et dans son histoire, et que, de fait, il a réveillé à notre époque.

A cette consécration de notre Rédempteur s’unit l’Église, Corps mystique du Christ, par le service du successeur de Pierre.

Combien profondément nous sentons le besoin de consécration pour l’humanité et pour le monde, pour notre monde contemporain, dans l’unité du Christ lui-même ! A l’œuvre rédemptrice du Christ, en effet, doit participer le monde par l’intermédiaire de l’Église.

Alors, quel mal nous fait tout ce qui, dans l’Église et en chacun de nous, s’oppose à la sainteté et à la consécration ! Et quel mal suscite en nous le fait que l’invitation à la pénitence, à la conversion, à la prière, n’ait pas rencontré l’accueil qu’elle aurait dû !

Quel mal nous procure le fait que beaucoup participent si froidement à l’œuvre de la Rédemption du Christ ! Et que d’une manière si insuffisante se complète en notre chair « ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ » (Coll, 24) !

Bénies soient donc toutes les âmes qui obéissent à l’appel de l’amour éternel ! Bénis soient ceux qui, jour après jour, avec une inépuisable générosité, accueillent ton invitation, ô Mère, à faire ce que dit ton Jésus (cf. Jn 2, 5), et donnent à l’Église et au monde un témoignage serein de vie inspirée par l’Évangile !

Bénie sois-tu par-dessus tout, toi, la servante du Seigneur qui obéis de la manière la plus pleine à ce divin appel !

Sois saluée, toi qui t’es entièrement unie à la consécration rédemptrice de ton Fils !

Mère de l’Église ! Enseigne au peuple de Dieu les chemins de la foi, de l’espérance, et de la charité ! Aide-nous à vivre avec toute la vérité de la consécration du Christ pour toute la famine humaine du monde contemporain !

3. En te confiant, ô Mère, le monde, tous les hommes et tous les peuples, nous te confions aussi la consécration même pour le monde et nous la mettons dans ton cœur maternel.

O Cœur immaculé ! Aide-nous à vaincre la menace du mal qui s’enracine si facilement dans le cœur des hommes d’aujourd’hui et qui, avec ses effets incommensurables. pèse sur notre époque et semble fermer les voies vers l’avenir !

De la faim et de la guerre, délivre-nous !

De la guerre nucléaire, d’une autodestruction incalculable, de toutes les sortes de guerre, délivre-nous !

Des péchés contre la vie de l’homme depuis ses premiers moments, délivre-nous !

De la haine et de la dégradation de la dignité des fils de Dieu, délivre-nous !

De tous les genres d’injustices dans la vie sociale, nationale et internationale, délivre-nous !

De la facilité avec laquelle on piétine les commandements de Dieu, délivre-nous !

De la tentative d’enterrer dans les cœurs humains la vérité même de Dieu, délivre-nous !

Des péchés contre l’Esprit-Saint, délivre-nous ! Délivre-nous !

Accueille, ô Mère du Christ, ce cri chargé de la souffrance de tous les hommes ! Chargé de la souffrance de sociétés entières !

Que se révèle encore une fois dans l’histoire du monde la puissance infinie de l’amour miséricordieux ! Qu’il arrête le mal ! Qu’il transforme les consciences ! Que dans ton cœur immaculé se manifeste pour tous la lumière de l’Espérance !

Je veux encore t’adresser une prière spéciale, ô Mère qui connais les angoisses et les préoccupations de tes fils.

D’une manière pressante, je te supplie d’intercéder pour la paix du monde. entre les peuples qui, en diverses régions du monde, sont en litige pour des intérêts nationaux ou qui s’opposent les uns aux autres dans des actes de violence injuste.

Je te supplie en particulier, pour que prennent fin les hostilités qui opposent, depuis trop de jours, deux grands pays dans les eaux de l’Atlantique Sud, occasionnant de douloureuses pertes en vies humaines. Fais que l’on trouve finalement une solution juste et honorable pour les deux parties, non seulement dans la controverse qui les divise et les menace avec des conséquences imprévisibles, mais aussi et surtout pour le rétablissement entre eux de la plus haute et profonde harmonie, celle qui convient à leur histoire, à leur civilisation, à leurs traditions chrétiennes.

Que la grave et préoccupante controverse soit vite dépassée et terminée : de sorte que, aussi, le voyage projeté en Grande-Bretagne puisse avoir lieu heureusement, en accomplissement non seulement de mon désir, mais aussi de celui de tous ceux qui attendent ardemment cette visite et l’ont préparée avec tant d’efforts et de tout cœur.

La Documentation Catholique – 6 juin 1982 – n° 1831

Les paroisses de Paris fêtent le centenaire des apparitions de Fatima

[1Texte français distribué par la Salle de Presse du Saint-Siège.

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