(Re)découvrir Jésus grâce au web

Paris Notre-Dame – Pourquoi le Collège des Bernardins [1] a-t-il choisi le thème de « Jésus, l’Incomparable » [2] pour son troisième MOOC, dont vous êtes l’enseignant ?

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P. Guillaume de Menthière, curé de N.-D. de l’Assomption de Passy (16e) et délégué de l’archevêque pour la vie religieuse.
© Geneviève de Saint-Pern

P. Guillaume de Menthière – Un MOOC sur le Christ a le double avantage d’être vraiment central pour les chrétiens et en même temps très séduisant pour ceux qui ne partagent guère notre foi. Jésus est, en effet, suffisamment fascinant pour intéresser bien au-delà du cercle de ses seuls disciples. Ainsi, une possibilité est donnée de partir du cœur pour toucher les périphéries, selon le vocabulaire du pape François. N’oublions pas qu’un MOOC est une formation en ligne ouverte à tous. On peut donc toucher beaucoup de gens qui sont très loin d’avoir les idées claires sur notre Seigneur, mais qui l’approchent de manière historique ou philosophique. J’ai proposé le titre « Jésus, l’Incomparable », car il m’a paru suffisamment accrocheur et neutre pour attirer ceux qui n’adhèrent pas – encore – au dogme catholique, mais qui reconnaissent en Jésus un maître de sagesse ou un personnage décisif de l’histoire.

P. N.-D. – Comment allez-vous aborder ce thème ?

P. G. M. – Avec humilité ! Jésus ne saurait être simplement un sujet de cours, encore moins une matière. Il dépasse de beaucoup tout ce qu’on peut dire de lui. Même l’Évangile selon saint Jean se conclut par ces mots significatifs : « Il y a encore bien d’autres choses qu’a faites Jésus. Si on les mettait par écrit une à une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les livres qu’on en écrirait » (Jn 21, 25). Sans prétendre à l’exhaustivité, il est quand même possible de rendre compte de ce que l’on sait historiquement sur Jésus et de ce que l’Église énonce à son sujet. Chaque semaine, trois vidéos d’une dizaine de minutes présenteront un article du Credo (par exemple : il a été conçu du Saint Esprit, il est descendu aux enfers, etc.). Mais bien d’autres ressources seront aussi disponibles en ligne (dossier de textes, cartes, œuvres d’art, quizz, travaux dirigés, etc.). Le Catéchisme de l’Église catholique fournira une base sûre, mais un large appel sera fait aux Pères de l’Église et aussi à la littérature. On a tant écrit sur le Christ !

P. N.-D. – Comment intégrer, dans un cours à distance, la dimension spirituelle de la relation à Jésus ?

P. G. M. – Pour connaître Jésus, ni l’histoire, ni la mémoire ne suffi sent. La véritable connaissance du Christ n’est pas uniquement notionnelle ou livresque, elle est communion à ses souffrances, expérience de sa résurrection, participation à sa vie divine. « Qui dit : “Je le connais”, alors qu’il ne garde pas ses commandements est un menteur et la vérité n’est pas en lui » (1 Jn 2, 4). Jésus a promis d’être présent quand deux où trois sont réunis en son nom. En un sens, le MOOC peut apparaître comme une démarche solitaire devant son écran. Pourtant, ce type de cours joue énormément sur l’interaction. À travers la foire aux questions, les échanges entre les élèves et l’enseignant et entre les élèves entre eux, ou encore l’évaluation des élèves par leurs pairs, un vrai réseau, une vraie communauté de MOOCeurs se forment. Peut-être le Seigneur se rend-il présent quand deux ou trois se réunissent en son nom sur le web, peut-être même est-il mystérieusement l’araignée de cette toile ? • Propos recueillis par Céline Marcon

[1Le MOOC sur les sacrements du Collège des Bernardins vient de remporter le prix du coup de cœur des internautes lors de la cérémonie MOOC of the year.

[2Cours du 6 mars au 4 juin 2017. Inscription gratuite : sinod.fr

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