Bruno-René Huchez, 66 ans, retraité, producteur de séries télévisées
Noël, c’est l’espérance complète qu’apporte le Nouveau Testament. Un Dieu fort, de tonnerre et de colère, laisse place à un Dieu de faiblesse, avec une toute jeune femme, Marie, qui donne naissance à son bout de chou. Tout d’un coup, nous nous retrouvons avec les plus démunis : un artisan en cavale, son épouse et son bébé, qui fuient en Egypte ! Noël change toutes les données. Là, il faut s’incliner devant une femme, c’est vraiment nouveau dans l’histoire. Il y a même des rois qui viennent se prosterner devant un petit enfant. On change d’ère ! Pour moi, le jour de Noël nous invite à faire attention à notre voisin plus qu’à l’habitude : nous pensons aux gens auxquels nous ne pensons pas à l’ordinaire, nous retrouvons notre famille. J’en ai passé des Noëls seul dans ma vie mais, même seul, c’est toujours un moment extraordinaire. Je me souviens de celui de 1969, c’était au Togo. J’avais 26 ans et la messe de minuit achevée, je traînais les pieds retardant au maximum le moment où je me retrouverai seul. Et puis j’ai remarqué un jeune coopérant qui, lui aussi, traînait les pieds. Nous avons discuté, sympathisé, et finalement dîné ensemble. Bon an, mal an, il est devenu le parrain de ma fille, et nous ne nous sommes jamais quittés ! Cela fait tout juste quarante ans !
