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“Unis dans la fête et le Carême” : la chronique hebdo #16 de Mgr Jachiet

« Fêtons avec nos jeunes les jours de carnaval pour entrer ensemble dans le rythme pascal des temps de joie et des temps de conversion qui font de nous un peuple conduit vers le salut. »

Des enfants déguisés sortent des écoles, des lycéens chahuteurs parcourent les rues, crêpes et friandises s’affichent aux menus et aux devantures des pâtissiers : c’est la fête du mardi gras ! Dès qu’il s’agit de mettre une ambiance de joie et de fête, de réjouir les enfants et leurs parents, on aime perpétuer la tradition.

Sachant que le mardi gras est avant tout la veille du mercredi des cendres qui lui-même ouvre le Carême, lequel prépare aux fêtes chrétiennes de Pâques, on pourrait objecter que tout cela ne respecte pas strictement la laïcité des établissements scolaires publics. On se verra répondre que le carnaval, héritier de fêtes païennes antiques plutôt orientées vers le défoulement, n’a pas le caractère d’une fête religieuse mais d’une tradition culturelle. En effet, le plus grand nombre de ceux qui fêtent joyeusement le mardi gras seraient en peine de faire un lien avec une démarche religieuse.

Quel sens y a-t-il à se réjouir, manger et boire de bonnes choses ensemble la veille du jour où on va se priver dans le manger et le boire, verser une aumône, prier en se reconnaissant pécheur et recevoir un peu de cendre en signe d’engagement vers la conversion ? On a pu y voir jadis l’occasion de terminer les aliments qui ne sont pas maigres. D’ailleurs, le mot carnaval vient du latin « Carne levare », littéralement on enlève les viandes !

En réalité, il y a dans tout cela un sens communautaire bien plus essentiel que la nourriture. On se rassemble dans une fête joyeuse le mardi gras afin d’être ensemble pour entrer dans le Carême le lendemain. Les jeunes chrétiens perçoivent assez bien que les temps de fête et les temps d’effort, de conversion rythment un parcours de foi qui est à la fois personnel et ecclésial. S’ils aiment faire la fête ensemble, ils aiment aussi prier ensemble en silence, à Taizé, aux JMJ, dans les veillées de prière.
Jésus a su prendre part aux repas et aux fêtes des hommes, non pour qu’ils se divertissent constamment ici-bas mais pour qu’ils se préparent à la fête céleste où il veut les rassembler un jour et les combler de sa vie.

Fêtons avec nos jeunes les jours de carnaval pour entrer ensemble dans le rythme pascal des temps de joie et des temps de conversion qui font de nous un peuple conduit vers le salut.

Chroniques « Annoncer l’Évangile au quotidien » de Mgr Denis Jachiet

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