Dossier Carême et Pâques 2019

Le Carême, c’est :

- pour se préparer à la fête de Pâques.
- 40 jours pour se retourner vers Dieu.

Jésus nous donne plusieurs moyens pour avancer : la prière, le partage, le jeûne et le Pardon donné et reçu.

- La prière  : pour consacrer du temps à Dieu, rien que pour lui, comme à un ami qu’on aime.

- Le partage : pour montrer que l’amour que nous devons avoir les uns pour les autres est vrai, qu’il n’est pas seulement dans les mots mais dans les actes. C’est une des formes de la charité.

- Le jeûne : pour faire de la place dans son cœur, sortir de ses habitudes de confort, et ainsi être plus disponible à Dieu et aux autres.

- le sacrement de Réconciliation, le pardon de Dieu : pour préparer son cœur et se rapprocher de Jésus.

Sommaire

Message de Carême du Pape François
Comprendre pour transmettre
Démarche de Carême 2019 (cube)
Transfiguration : deuxième dimanche du Carême
Célébration de la Semaine Sainte
Réconciliation
Le temps Pascal : les pèlerins d’Emmaüs
Le temps Pascal : la pêche miraculeuse
Puzzle année C
Le jardin de Pâques
Livret vacances de Pâques 2019
Célébration de Pâques

Message de Carême du Pape François

« La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8,19)

Chers frères et sœurs,

Chaque année, Dieu, avec le secours de notre Mère l’Eglise, « accorde aux chrétiens de se préparer aux fêtes pascales dans la joie d’un cœur purifié » (Préface de Carême 1) pour qu’ils puissent puiser aux mystères de la rédemption, la plénitude offerte par la vie nouvelle dans le Christ. Ainsi nous pourrons cheminer de Pâques en Pâques jusqu’à la plénitude du salut que nous avons déjà reçue grâce au mystère pascal du Christ : « Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance »(Rm 8,24). Ce mystère de salut, déjà à l’œuvre en nous en cette vie terrestre, se présente comme un processus dynamique qui embrasse également l’Histoire et la création tout entière. Saint Paul le dit :« La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8,19). C’est dans cette perspective que je souhaiterais offrir quelques points de réflexion pour accompagner notre chemin de conversion pendant le prochain carême.

1. La rédemption de la Création.

La célébration du Triduum pascal de la passion, mort et résurrection du Christ, sommet de l’année liturgique, nous appelle, chaque fois, à nous engager sur un chemin de préparation, conscients que notre conformation au Christ (cf. Rm 8,29) est un don inestimable de la miséricorde de Dieu.

Si l’homme vit comme fils de Dieu, s’il vit comme une personne sauvée qui se laisse guider par l’Esprit Saint (cf. Rm 8,14) et sait reconnaître et mettre en œuvre la loi de Dieu, en commençant par celle qui est inscrite en son cœur et dans la nature, alors il fait également du bien à la Création, en coopérant à sa rédemption. C’est pourquoi la création, nous dit Saint Paul, a comme un désir ardent que les fils de Dieu se manifestent, à savoir que ceux qui jouissent de la grâce du mystère pascal de Jésus vivent pleinement de ses fruits, lesquels sont destinés à atteindre leur pleine maturation dans la rédemption du corps humain. Quand la charité du Christ transfigure la vie des saints – esprit, âme et corps –, ceux-ci deviennent une louange à Dieu et, par la prière, la contemplation et l’art, ils intègrent aussi toutes les autres créatures, comme le confesse admirablement le « Cantique des créatures » de saint François d’Assise (cf. Enc. Laudato Sì, n. 87). En ce monde, cependant, l’harmonie produite par la rédemption, est encore et toujours menacée par la force négative du péché et de la mort.

2. La force destructrice du péché

En effet, lorsque nous ne vivons pas en tant que fils de Dieu, nous mettons souvent en acte des comportements destructeurs envers le prochain et les autres créatures, mais également envers nous-mêmes, en considérant plus ou moins consciemment que nous pouvons les utiliser selon notre bon plaisir. L’intempérance prend alors le dessus et nous conduit à un style de vie qui viole les limites que notre condition humaine et la nature nous demandent de respecter. Nous suivons alors des désirs incontrôlés que le Livre de la Sagesse attribue aux impies, c’est-à-dire à ceux qui n’ont pas Dieu comme référence dans leur agir, et sont dépourvus d’espérance pour l’avenir (cf. 2,1-11). Si nous ne tendons pas continuellement vers la Pâque, vers l’horizon de la Résurrection, il devient clair que la logique du « tout et tout de suite », du « posséder toujours davantage » finit par s’imposer.

La cause de tous les maux, nous le savons, est le péché qui, depuis son apparition au milieu des hommes, a brisé la communion avec Dieu, avec les autres et avec la création à laquelle nous sommes liés avant tout à travers notre corps. La rupture de cette communion avec Dieu a également détérioré les rapports harmonieux entre les êtres humains et l’environnement où ils sont appelés à vivre, de sorte que le jardin s’est transformé en un désert (cf. Gn 3,17-18). Il s’agit là du péché qui pousse l’homme à se tenir pour le dieu de la création, à s’en considérer le chef absolu et à en user non pas pour la finalité voulue par le Créateur mais pour son propre intérêt, au détriment des créatures et des autres.

Quand on abandonne la loi de Dieu, la loi de l’amour, c’est la loi du plus fort sur le plus faible qui finit par s’imposer. Le péché qui habite dans le cœur de l’homme (cf. Mc 7, 20-23) – et se manifeste sous les traits de l’avidité, du désir véhément pour le bien-être excessif, du désintérêt pour le bien d’autrui, et même souvent pour le bien propre – conduit à l’exploitation de la création, des personnes et de l’environnement, sous la motion de cette cupidité insatiable qui considère tout désir comme un droit, et qui tôt ou tard, finira par détruire même celui qui se laisse dominer par elle.

3. La force de guérison du repentir et du pardon

C’est pourquoi la création a un urgent besoin que se révèlent les fils de Dieu, ceux qui sont devenus “une nouvelle création” : « Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né » (2 Co5,17). En effet, grâce à leur manifestation, la création peut elle aussi « vivre » la Pâque : s’ouvrir aux cieux nouveaux et à la terre nouvelle (cf. Ap 21,1). Le chemin vers Pâques nous appelle justement à renouveler notre visage et notre cœur de chrétiens à travers le repentir, la conversion et le pardon afin de pouvoir vivre toute la richesse de la grâce du mystère pascal.

Cette“impatience”, cette attente de la création, s’achèvera lors de la manifestation des fils de Dieu, à savoir quand les chrétiens et tous les hommes entreront de façon décisive dans ce “labeur” qu’est la conversion. Toute la création est appelée, avec nous, à sortir « de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu » (Rm 8,21). Le carême est un signe sacramentel de cette conversion. Elle appelle les chrétiens à incarner de façon plus intense et concrète le mystère pascal dans leur vie personnelle, familiale et sociale en particulier en pratiquant le jeûne, la prière et l’aumône.

Jeûner, c’est-à-dire apprendre à changer d’attitude à l’égard des autres et des créatures : de la tentation de tout “dévorer” pour assouvir notre cupidité, à la capacité de souffrir par amour, laquelle est capable de combler le vide de notre cœur. Prier afin de savoir renoncer à l’idolâtrie et à l’autosuffisance de notre moi, et reconnaître qu’on a besoin du Seigneur et de sa miséricorde. Pratiquer l’aumône pour se libérer de la sottise de vivre en accumulant toute chose pour soi dans l’illusion de s’assurer un avenir qui ne nous appartient pas. Il s’agit ainsi de retrouver la joie du dessein de Dieu sur la création et sur notre cœur, celui de L’aimer, d’aimer nos frères et le monde entier, et de trouver dans cet amour le vrai bonheur.

Chers frères et sœurs, le « carême » du Fils de Dieu a consisté à entrer dans le désert de la création pour qu’il redevienne le jardin de la communion avec Dieu, celui qui existait avant le péché originel (cf. Mc 1,12-13 ; Is 51,3). Que notre Carême puisse reparcourir le même chemin pour porter aussi l’espérance du Christ à la création, afin qu’« elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, puisse connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu » (cf. Rm 8,21). Ne laissons pas passer en vain ce temps favorable ! Demandons à Dieu de nous aider à mettre en œuvre un chemin de vraie conversion. Abandonnons l’égoïsme, le regard centré sur nous-mêmes et tournons-nous vers la Pâque de Jésus : faisons-nous proches de nos frères et sœurs en difficulté en partageant avec eux nos biens spirituels et matériels. Ainsi, en accueillant dans le concret de notre vie la victoire du Christ sur le péché et sur la mort, nous attirerons également sur la création sa force transformante.

Du Vatican, le 4 octobre 2018

Fête de Saint François d’Assise.

FRANÇOIS

© Librairie éditrice du Vatican

Comprendre pour transmettre : se préparer à vivre le Mystère pascal de Jésus, source de notre Salut.

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Introduction

Le mystère pascal de Jésus est au cœur de la foi chrétienne. Il comprend sa Passion, sa mort et sa Résurrection.
Écoutons saint Augustin

« Ce n’est pas grand-chose de croire que le Christ est mort, cela les païens et les juifs et tous les iniques le croient. Tout le monde croit qu’il est mort ; la foi des chrétiens, c’est la Résurrection du Christ. »

La mort et la Résurrection de Jésus sont comme les deux faces d’une même réalité, qui est le mystère du passage de Jésus de ce monde à son Père. (Jn 13, 1)
Nous savons dans la foi que ce Mystère pascal de Jésus est la cause de notre Salut : « En mourant, il a détruit la mort. En ressuscitant, il nous a donné la vie. » (1ère préface du Temps pascal de la liturgie catholique). Ce Salut est que nous ayons la vie éternelle.
Ce texte très bref indique très clairement que ce n’est pas seulement par sa mort, ni seulement pas sa Résurrection, mais par sa mort ET sa Résurrection que Jésus nous a sauvés, nous a racheté du péché.

Nous célébrons dans le Mystère pascal le passage d’un état à un autre, celui de la mort à la vie, de l’esclavage à la liberté, de l’ancien monde au monde nouveau. C’est le sens du mot Pessah = Pâque en hébreu, qui signifie passage.
La liturgie de l’Église célèbre la rencontre de Dieu et de son Peuple, et de leur Alliance.
Dans cette relation d’Amour, Dieu agit en premier, car c’est lui qui a l’initiative de l’Alliance et qui suscite la réponse du peuple des baptisés. Dieu se donne et réalise de manière centrale, par le sacrifice du Christ mort sur la Croix et ressuscité le jour de Pâques, le Salut de tout homme.

L’Église, pendant le temps liturgique du Carême, nous conduit à vivre avec le Christ ce passage de la mort à la vie, qui demande une conversion, pour vivre pleinement de la Vie de Dieu qui est amour et miséricorde.
Ce temps se termine par la Semaine sainte avec la célébration du dimanche des Rameaux, le Jeudi saint, le Vendredi saint et le Samedi saint.
La Vigile pascale, célébrée dans la nuit du Samedi saint, et le dimanche de Pâques célèbrent la Résurrection du Christ, sa victoire sur la mort, et nous font entrer dans la joie pascale de la Résurrection.

Nous allons nous attarder sur chacun de ces moments vécus par le Christ, et sur comment l’Église en fait mémoire, pour mieux en percevoir le sens et nous préparer à vivre le mystère pascal.

Le carême commence le mercredi des Cendres ; il se poursuit avec 5 semaines de carême et se termine avec la Semaine sainte qui va des Rameaux à Pâques. Il dure 40 jours.

Faire mémoire de ce que le Christ a vécu

Après son baptême par Jean-Baptiste, dans l’Esprit, Jésus fut conduit au le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable.

- Jésus reste 40 jours
Dans la Bible, le chiffre 40 désigne de manière conventionnelle les années d’une génération (ex : 40 ans de séjour au désert ; Nb 14, 34). De là, ce chiffre 40 indique une période assez longue dont on ne connait pas la durée exacte comme les 40 jours et 40 nuits pour le déluge (Gn 7, 4). La démarche est la même pour le Christ qui resta 40 jours dans le désert. Cela évoque un temps long, nécessaire pour se convertir et renaître.

- Au désert, Jésus est tenté par le diable.
Le diable est aussi appelé Satan ou le Tentateur dans la Bible. Il est celui qui divise, qui sépare. Il désigne un être personnel invisible, qui fait obstacle et qui empêche l’homme de rejoindre Dieu. Il pousse l’homme au mal en manipulant la Parole de Dieu, et lui fait douter de Dieu et de son amour pour chacun de nous. (Genèse 3, 1-5)
Jésus est celui qui a vaincu les différentes formes de tentations (Mt 4, 1-11), y compris au moment de la Passion.
A la tentation, Jésus répond par la Parole de Dieu. Comme dans le récit des tentations, ou par la prière on le voit au jardin des Oliviers priant son Père :
“« Père, tout est possible pour toi. Eloigne-moi de cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! » (Mc 14,36)”

Sens du Carême pour les chrétiens et comment le vivre

Le temps long du Carême nous est donné pour renaître, pour passer de la mort à la vie, c’est-à-dire : vivre davantage du Christ qui est la Vie même de Dieu.
L’entrée en Carême est marquée par l’imposition des Cendres.

Les cendres nous rappellent notre condition mortelle : Dieu a créé l’homme à partir de la poussière du sol et il retournera à la poussière. De cette poussière, il crée un homme nouveau : pardonné, libre, sanctifié, rempli d’amour.
Cela nous invite à ne pas nous attacher aux biens qui passent mais à ce qui vaut la peine d’être vécu qui ne passe pas : l’amour.

Dans l’évangile de Matthieu (Mt 6, 1-6.16-18) lu à la messe le mercredi des Cendres, le Christ nous donne 3 moyens pour nous tourner davantage vers Dieu : l’aumône (le partage), la prière, le jeûne :

  • Le partage nous ouvre à l’autre et à ses besoins.
  • La prière est un moyen d’entrer en communion avec Dieu qu’on ne voit pas et qui nous parle à travers sa Parole. La prière est indispensable à tout chrétien qui puise l’amour avec Dieu pour le redonner aux autres.
    La prière permet, comme le jeûne et l’écoute de la Parole de Dieu, de ne pas entrer en tentation, en faisant appel au Christ. Ecouter la Parole de Dieu nous éclaire ; elle est un chemin pour ne pas nous perdre.
  • Le jeûne nous rappelle le sens de la mesure pour ne pas oublier d’où vient la vie.

Le Carême est une démarche de pardon, de conversion.

Dieu pardonne le premier. Il nous demande de faire de même car le pardon libère. Il fait vivre.
Se convertir, c’est changer son cœur pour aimer comme Jésus. Le temps du Carême y est particulièrement propice.
Aussi l’Eglise nous encourage à (re)vivre le sacrement de réconciliation, le pardon de Dieu qui nous libère de notre péché et nous rapproche de Dieu.

Le dimanche des Rameaux : la Semaine sainte s’ouvre par le dimanche des Rameaux qui fait mémoire de Jésus entrant à Jérusalem acclamé par la foule.

L’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem

Jésus se rend à Jérusalem pour la grande fête des Juifs. Cette fête rappelle la sortie d’Egypte du peuple hébreu esclave de Pharaon. Dieu les a délivrés par le passage de la Mer Rouge.
L’entrée de Jésus à Jérusalem avec ses disciples, huit jours avant la fête de la Pâque signifie ce passage ; et Jésus juché humblement sur un petit âne est l’occasion d’une liesse populaire.
La foule l’acclame et couvre le chemin de ses manteaux et de branchages. Jésus est acclamé comme Roi, descendant de David.
La foule crie :

« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. » (Lc 19,38)

Elle veut le faire roi.
Le prophète Zacharie, cinq cents ans avant la venue de Jésus, avait averti le peuple juif : le Messie ne viendrait pas sur des chevaux, avec force et puissance, mais avec humilité, sur un âne.

« Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici que ton roi vient à toi : il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. » (Zacharie 9,9)

Sur son âne, Jésus apparait comme un roi humble.
Ce tumulte avait porté à son comble l’inquiétude qu’avaient les chefs des prêtres à l’égard de Jésus en qui il voyait un perturbateur pour l’autorité religieuse et politique. Ils décidèrent donc d’en finir avec lui et cherchaient comment le faire périr.
L’entrée de Jésus à Jérusalem manifeste la venue du Royaume que le Roi-Messie va accomplir par la Pâque de sa Mort et de sa Résurrection. (Catéchisme de l’Église Catholique 560)

Le dimanche des Rameaux

Les chrétiens se réunissent, rameaux en main pour revivre ce moment à l’église.
La célébration commence par la bénédiction des rameaux : « Dieu tout-puissant, daigne bénir ces rameaux que nous portons pour fêter le Christ notre Roi : accorde-nous d’entrer avec lui dans la Jérusalem éternelle. Lui qui règne avec toi et le Saint Esprit maintenant et pour les siècles des siècles. »
L’Evangile de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem est alors proclamé.
Comme au temps de Jésus en Palestine, les participants sont ensuite invités à acclamer le Christ en chantant « Hosanna ! » et en agitant leurs rameaux en suivant en procession le prêtre qui entre dans l’église. Nous sommes invités à reconnaître Jésus comme Roi et humble serviteur.

Le buis ou un autre branchage bénis ornera un crucifix, un coin prière ou sera déposé sur une tombe. Il symbolise la vie qui renaît à partir de la Croix et la foi en la Résurrection.

Le Jeudi saint, soit 4 jour après que Jésus ait été acclamé comme Roi à Jérusalem, Jésus va prendre son dernier repas avec ses amis, dans un lieu appelé le Cénacle, à Jérusalem.

La Cène du Seigneur

Jésus institue l’Eucharistie.
Pendant ce repas Jésus dit, en prenant le pain : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » (1 Co 11, 24) Il fit de même en prenant la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » (1 Co 11, 25)
L’amour du Christ, qui se donne dans l’Eucharistie, est le même que celui du don de sa vie sur la Croix. L’un se dit, l’autre s’accomplit dans la chair.

Mais avant, Jésus qui est reconnu Roi, se fait serviteur de ses amis en leur lavant les pieds en leur disant « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » (Jn 13, 15) C’est une manifestation de l’amour : Jésus, Dieu fait homme, se met à genoux devant l’homme pour le servir.

Le repas de la Cène et le Lavement de pieds ont la même origine profonde : le don total du Christ.
Après ce repas, Jésus part pour le Mont des Oliviers, à un domaine appelé Gethsémani avec trois de ses disciples : Pierre, Jacques et Jean à qui il a demandé de prier.
C’est là qu’il va être arrêté pour être jugé et condamné à mourir sur une croix le vendredi.

Le Jeudi saint célèbre le don de l’Eucharistie

L’Eglise fait mémoire de la Cène du Seigneur au cours de la messe du soir. C’est la fête des prêtres !
Jésus a demandé de refaire les gestes qu’il a faits sur le pain et le vin au cours de son dernier repas.
A chaque messe, par ses paroles prononcées par le prêtre, le Christ est réellement présent dans le pain et le vin.
Le Christ se donne ainsi pour nourrir notre vie de foi et pour que nous vivions de Sa vie.

Au cours de la messe du Jeudi saint, le prêtre refait les gestes de Jésus en lavant les pieds de quelques personnes. C’est l’exemple que Jésus nous a donné : être serviteur les uns des autres, en signe de son amour.
Après la messe du Jeudi saint, les hosties consacrées (ou Saint-Sacrement) sont déposées au « Reposoir » pour la nuit, lieu magnifiquement décoré de fleurs.
Les chrétiens sont invités à prier devant le Saint-Sacrement pour accompagner le Christ qui, après son dernier repas, est parti au Jardin des Oliviers où il va souffrir d’une grande angoisse et de solitude. « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » demande-t-il à ses disciples. (Mt 26, 41)

Le Vendredi saint, l’Église célèbre la Passion du Seigneur.

Résumé des évènements de la Passion

Des autorités religieuses souhaitent se débarrasser de Jésus car pour eux c’est un malfaiteur (Jn 18, 30) qui se prétend Fils de Dieu. (Jn 19, 7)
Judas, l’un des douze Apôtres, livre Jésus pour qu’il soit arrêté. (Jn 18, 2-3)
Jésus est jugé par le tribunal religieux juif, le Sanhédrin, qui demande à Pilate le gouverneur romain, de le condamner à mort. (Jn 18, 31)
Jésus est flagellé. Les soldats tressent une couronne d’épines et la lui mettent sur sa tête. Ils l’habillent d’un manteau pourpre et se moquent de lui « Honneur à toi, roi des Juifs ! » (Jn 19, 3)
Pilate, après beaucoup d’hésitations car il ne trouve aucun motif de condamnation (Jn 19, 6), finit par livrer Jésus aux Juifs pour qu’il soit crucifié. (Jn 19, 16)
Jésus porte lui-même sa croix jusqu’au Calvaire où il est crucifié avec deux autres condamnés. (Jn 19, 18-19)
« Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix, avec cette inscription ‘Jésus le Nazaréen, roi des juifs’. » (Jn 19, 19).
Vers la 9ème heure (3 heures de l’après-midi) « Jésus dit : ‘’Tout est accompli.‘’ Puis, inclinant la tête, il remit l’Esprit. » (Jn 19, 30)
Jésus est déposé dans un tombeau tout proche. (Jn 19, 42)
Alors que tous l’abandonnent, Marie reste fidèle au pied de la Croix avec Jean, le disciple que Jésus aimait, et quelques femmes ; et elle a conduit son enfant jusqu’au tombeau.

Jésus accepte librement sa mort. Son amour est tellement grand pour nous qu’il offre sa vie en offrande à son Père, par L’Esprit Saint, pour réparer notre désobéissance.

« Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. » (Jn 13, 1)

Jésus, au cours de son dernier repas, a donné le sens de sa vie offerte : « Prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna en disant : ‘Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle répandu pour la multitude en rémission des péchés.’ » (Mt 26, 27-28)
Il nous a tous connus et aimés dans l’offrande de sa vie. (Catéchisme de l’Église Catholique 616)

Le Vendredi saint, l’Église célèbre la Passion du Seigneur

L’Évangile de la Passion selon saint Jean est lu au cours de la Célébration de la Passion du Seigneur. (Jn 18, 1 à 19, 42)
Le récit retrace les évènements de la Passion : Jésus qui se rend au Jardin des Oliviers après son dernier repas, son arrestation, son procès et sa mise à mort sur une croix, sa crucifixion avec Marie et Jean au pied de la croix, sa mort et sa mise au tombeau.

L’adoration et la vénération de la croix sont proposées au cours de cette célébration.
Devant la croix du Christ, nous la contemplons en faisant mémoire du serviteur de Dieu broyé par la souffrance et nous prenons conscience de nos péchés qu’il porte pour nous.
Jésus est mort sur une croix pour chacun de nous. Le Christ a rejoint le péché et la misère du monde. Lui qui n’a jamais péché prend sur lui tous les péchés et descend dans la mort pour y emporter toutes nos misères, nos souffrances et les vaincre DÉFINITIVEMENT.
C’est cet homme de douleur, le Christ, qui est vainqueur de la mort et du péché.
La Croix est devenue le signe des chrétiens.

Un chemin de croix est souvent proposé le Vendredi saint.
Quand c’est possible, il a lieu vers 15 heures, faisant mémoire de l’heure où le Christ rendit l’Esprit.
Par ce chemin ponctué de 14 stations, nous méditons les étapes de la Passion du Christ jusqu’à sa mise au tombeau.
Les stations peuvent être représentées par de petits tableaux suspendus tout autour de l’église.

L’Église catholique propose à ses fidèles un jeûne (se passer d’un repas) comme le mercredi des Cendres et le Vendredi saint, et de s’abstenir de viande les vendredis du carême. En nous privant du nécessaire, nous nous rappelons que Dieu nous est encore plus nécessaire. Le jeûne aide à acquérir la liberté du cœur. Cela signifie que nous souhaitons ne pas être centrés sur nous-mêmes, sur nos désirs, sur nos besoins. Le jeûne nous aide ainsi à nous ouvrir à Dieu et aux autres, et par conséquent nous stimule dans la prière. (L’Eglise catholique à Paris)

Le temps de l’attente. Jésus est au tombeau. Pour l’Église, c’est un temps d’attente et de silence.

Jésus est au tombeau

Visiblement, la mort a eu le dernier mot. Pour le peuple juif, c’est le shabbat, temps de repos pour Dieu. Les femmes attendront le dimanche pour se rendre au tombeau.
Le Samedi saint, Marie garde ces évènements dans son cœur et croit en la promesse.
Elle sait que son Fils a gagné le combat contre le Mal pour nous et avec nous.
Marie croit et espère dans le silence.

Pour l’Église, c’est un temps d’attente et de silence

L’Église est comme vidée. Symboliquement les églises sont sans décoration, ni lumières, ni fleurs, ni bougies. L’autel est nu. La porte du tabernacle est ouverte. Il n’y a pas d’hosties consacrées.
Les cloches se sont tues depuis le soir du Jeudi saint.
C’est comme une absence de Dieu. Où est Dieu alors que l’homme est prisonnier de sa misère ?
C’est un temps triste, de recueillement, comme un jour de deuil.
L’Église fait mémoire de ce qui s’est passé les derniers jours.

Par Marie et par sa foi en la promesse de Dieu, le Samedi saint devient un jour d’espérance.
Avec elle, nous attendons dans la confiance et l’amour, les lueurs de l’aube de la Résurrection qui vont bientôt apparaître.
Marie qui a souffert de la mort de son fils est la première à nous aider dans nos difficultés et nous soutenir.

Pâques : le 1er jour de la semaine.

Ce que disent les Évangiles

Aucun texte d’Évangile ne dit comment s’est passé la Résurrection du Christ, car personne n’en a été témoin. Par contre les disciples disent ce qu’ils ont vu, pour en témoigner :
Tôt le dimanche matin, des femmes et des hommes se sont rendus au tombeau pour finir les rites funéraires et ils ont vu le tombeau ouvert… et vide.
Des anges présents annoncent la Résurrection du Christ :

« Soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples :
‘’Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là vous le verrez. ‘’ » (Mt 28, 5-8)

L’Eglise célèbre la Résurrection du Christ

Le samedi soir, à la Vigile pascale, l’Église célèbre le Christ ressuscité, vainqueur des ténèbres, de la haine, et de la mort.
Vainqueur de la mort par sa Résurrection, Jésus révèle notre délivrance définitive de l’esclavage du péché.
Par la Résurrection du Christ s’accomplit pleinement le Salut de Dieu. C’est le fondement de la foi chrétienne.
Comme le dit saint Paul : « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu ; notre foi aussi est sans contenu. » (1 Co 15,14)

Pâques est la plus grande fête chrétienne de l’année.

La célébration de la Vigile pascale

  • Elle commence dans les ténèbres et s’illumine progressivement à partir du cierge pascal, signe du Christ lumière pour notre vie qui est allumé à un grand feu béni. La lumière du cierge pascal se répand de cierge en cierge que chacun tient à la main.
    L’annonce de la Résurrection est acclamée.
    On entre dans l’église en répondant par trois fois à l’acclamation : « Lumière du Christ ! »,
    « Nous rendons grâce à, Dieu ! »
  • Puis vient le chant de louange pascal :
Qu’éclate dans le ciel, la joie des anges !
Qu’éclate de partout la joie du monde !
Qu’éclate dans l’Église la joie des fils de Dieu !
La lumière éclaire l’Église, La lumière éclaire la terre, Peuples, chantez !

(Chant de l’Exultet)

  • Une alternance de lectures et de psaumes retrace l’histoire du Salut depuis le récit de création jusqu’à ce jour de délivrance.
  • L’Évangile de la Résurrection est ensuite acclamé avec de retentissants ALLELUIA  !, avant d’être proclamé. (Alléluia signifie ‘Vive Dieu’)
    Pendant tout le carême, l’Église ne chante pas d’Alléluia jusqu’au jour de Pâques, pour mieux signifier notre joie à la résurrection : la Vie a vaincu la mort. L’amour est plus fort que la mort.
Alléluia ! Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Telle est notre foi.
  • Les cloches de l’église se remettent à sonner à toutes volées pour signifier la joie de la Résurrection, l’église resplendit de lumière.
    Pendant la nuit de Pâques, des catéchumènes, ceux qui se préparent au baptême, sont baptisés.
    Plongés avec Jésus dans Sa mort, le baptisé ‘ressort’ de l’eau avec Jésus ressuscité pour la vie éternelle, celle qui ne connait pas la mort.

Le dimanche de Pâques et la semaine qui suit le dimanche de Pâques (l’octave de Pâques), la Résurrection du Christ est proclamée et célébrée au cours de messes festives où le chant de l’Alléluia résonne.

Par sa Résurrection, Jésus est venu donner la vie aux hommes. La mort, au sens de séparation avec Dieu, n’existe plus, elle est vaincue dans la Résurrection du Christ. Comme Jésus a vaincu la mort, nous aussi « avec lui, par lui, en lui » nous ressusciterons. C’est notre foi, notre espérance, notre joie !

Le dimanche est jour de la Résurrection

Le premier jour de la semaine est le dimanche, en latin ‘dies domini’, jour du Seigneur.
C’est le jour où le Christ est ressuscité.
Si c’est possible, on ne travaille pas le dimanche car c’est un jour consacré au Seigneur, où on laisse de la place à Dieu.
Les chrétiens sont invités à vivre l’Eucharistie et à partager avec leurs frères, la vie de Dieu reçue.

Les cinquante jours du temps Pascal : le jour de Pâques, en célébrant la mémoire de la Résurrection du fils de Dieu, c’est tout le Mystère pascal qui est célébré sous un aspect particulier. Il inaugure le ‘’Temps pascal’’ qui dure 50 jours, jusqu’à à la Pentecôte.
Les dimanches de ce temps sont considérés comme des dimanches de Pâques. (Sources : SNPLS)

L’Ascension

La solennité de l’Ascension du Seigneur est célébrée le jeudi, 40 jours après Pâques.
40 jours après être ressuscité, le Christ est monté avec son corps au ciel devant ses Apôtres, d’où le terme d’« Ascension ».

« Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel » (Actes 1, 11).

L’Ascension du Christ est intimement liée à sa Résurrection, comme le soulignent les évangiles de saint Marc (année B) et de saint Luc (année C). Sans s’astreindre à la chronologie des faits, ceux-ci ont le souci de rattacher le retour de Jésus vers son Père à l’événement de Pâques, en présentant la Résurrection et l’Ascension comme un mouvement unique qui emporte le Seigneur dans la gloire.
Mais, plus encore qu’un événement, la solennité de l’Ascension célèbre un mystère, celui de l’accomplissement de la Pâque dans le Corps total du Christ, le Christ comme chef et nous comme membres. En ce jour, le Christ « a fait entrer notre nature avec sa faiblesse dans la gloire de Dieu » , il est « monté au ciel pour nous rendre participants de sa divinité » (Canon romain). La liturgie ne cesse de le redire en des termes où s’expriment tour à tour allégresse et action de grâce (P 1), humilité et désir du ciel (P 2, 3).

La Pentecôte

Pentecôte vient du grec Penta qui signifie cinquantième jour : 50 jours après Pâques, le Christ a envoyé l’Esprit Saint sur les Apôtres réunis autour de la Vierge Marie au Cénacle. La Pentecôte clôt le Temps pascal et ouvre le temps de l’Eglise et de l’Evangélisation.

« Que l’Esprit Saint nous fasse pénétrer plus avant dans l’intelligence du mystère eucharistique et nous ouvre à la vérité toute entière ». (Prière sur les offrandes, dimanche de la Pentecôte)

Le temps Pascal s’achève en nous révélant son vrai visage : il est le temps de l’Esprit Saint. Une double effusion de l’Esprit le marque au premier et au dernier jour, au soir de la Résurrection et au matin de la Pentecôte.

Par son Esprit, le Christ demeure présent avec nous, aujourd’hui comme hier. C’est la promesse qu’il a faite à ses disciples avant de rejoindre son Père : « et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

Malette d’activités pour aller vers Pâques

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