L’Église
Catholique
À Paris

Première formation diocésaine : l’Église et l’eucharistie

« Ces modules de formation ont pour but d’approfondir le thème
qui nous anime cette année : « De l’eucharistie à la mission ».
Nous le ferons en travaillant à partir de l’Ecriture et des textes du
Concile Vatican II. L’expérience vécue ainsi par les représentants
des différentes paroisses pourra enrichir le contenu des assemblées
paroissiales et forger progressivement dans le diocèse une
même culture de la mission. »
(Cardinal André Vingt-Trois)

Ce parcours en 4 étapes propose une expérience diocésaine d’étude de textes de l’Écriture et de la Tradition. Cette méthode (table ronde, ateliers, enseignement) pourrait être reprise en paroisse. Outre le profit personnel qu’ils en tireront, les participants pourront nourrir la réflexion de leur paroisse, notamment lors des Assemblées paroissiales.

Les modules forment un itinéraire cohérent qu’il est toujours possible
de rejoindre à tout moment.

Le 1er module de formation a eu lieu le samedi 17 octobre 2009, de 8h45 à 12h à St-Pierre de Montrouge. Il portait sur le thème « L’Église fait l’Eucharistie, l’Eucharistie fait l’Église ».

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- Télécharger la conclusion de Mgr de Moulins-Beaufort en PDF
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Conclusion de la formation du 17 octobre par Mgr de Moulins-Beaufort

Formation Paroisses en Mission

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Les textes de base à la réflexion

« L’Église fait l’eucharistie et l’eucharistie fait l’Église »

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I Corinthiens 10, 16-17.

La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ?

Parce qu’il n’y a qu’un pain, à plusieurs nous ne sommes qu’un corps, car tous nous participons à ce pain unique.

Saint Jean Chrysostome
Homélie 24 sur 1 Co. 10, 16-17

Jean Chrysostome (349-407), baptisé à 18 ans, moine puis prêtre, prédicateur, archevêque de Constantinople en 398, mort en exil, docteur de l’Église. Son surnom signifie « bouche d’or ».

« Le pain que nous rompons n’est-il pas une communion au corps du Christ ? » Pourquoi l’apôtre ne parle-t-il pas de participation seulement ? Parce qu’il veut exprimer quelque chose de plus et indiquer l’intimité de l’union. Il n’y a pas seulement participation ou partage, il y a vraiment union. Comme ce corps est uni au Christ, nous aussi par le pain nous lui sommes unis également.

Pourquoi ajoute-t-il : « …que nous rompons » ? Ce qui de fait a lieu dans l’Eucharistie, alors que sur la croix ce fut le contraire, selon ces mots de l’Ecriture : « Pas un de ses os ne sera brisé » (Ex 12, 46). Mais ce que le Christ n’a pas souffert sur la croix, il le souffre sur l’autel à cause de vous : il veut bien être rompu, afin de rassasier tous les hommes.

L’apôtre vient de dire « la communion au corps… » Or il y a une différence entre celui qui communie et ce à quoi il communie. Il veut donc encore faire disparaître cette différence, si petite qu’elle pût paraître. C’est pourquoi il ajoute : « car nous sommes tous ensemble un seul pain et un seul corps ».

Que parlai-je de communion ? dit-il, nous sommes ce corps lui-même.
Qu’est-ce que ce pain ? Le corps du Christ.

Que deviennent ceux qui communient ? Le corps du Christ : ils ne sont pas plusieurs corps, mais un seul. Combien de grains de froment entrent dans la composition du pain ? Mais ces grains, qui les voit ? Ils sont bien dans le pain qu’ils ont formé, mais rien ne les distingue les uns des autres tant ils sont unis. Ainsi sommes-nous unis les uns les autres et avec le Christ. Celui-ci ne se nourrit pas d’un corps et celui-là d’un autre : nous sommes tous nourris d’un même corps, et c’est pourquoi l’apôtre ajoute : « parce que nous participons tous au même pain ».

Si nous participons au même pain, si nous devenons un même corps, pourquoi ne pas avoir la même charité et ne pas nous unir par ce lien puissant ? Relisez l’histoire de nos ancêtres dans la foi, vous trouverez ce prodige vivant : « La multitude des croyants n’avait qu’un seul cœur et qu’une seule âme (Ac 4, 32).

Pour approfondir :

Prière eucharistique III

Regarde, Seigneur, le sacrifice de ton Eglise,
et daigne y reconnaître celui de ton Fils
qui nous a rétablis dans ton Alliance ;
quand nous serons nourris de son corps et de son sang
et remplis de l’Esprit Saint,
accorde-nous d’être un seul corps et un seul esprit
dans le Christ.

Corpus Mysticum
Henri de Lubac, sj (1896-1991)

Par le pain unique du sacrifice, il est donc clair que chaque fidèle, communiant au corps du Christ, communie par le fait même à l’Eglise. En recevant l’eucharistie, chacun « passe dans le corps du Christ ». Ainsi se réalise peu à peu le Christus totus [1] qui est la fin, toujours présente à l’esprit, du mystère sacramentel.

Suite de l’homélie de saint Jean Chrysostome.

Que sont devenus ces beaux exemples ? Nous avons le contraire sous les yeux. Des divisions nombreuses, des dissensions profondes règnent entre tous et nous nous traitons les uns les autres avec une cruauté digne des bêtes. Et pourtant, frère, c’est le Christ qui est venu te chercher, toi qui étais si loin de lui, pour s’unir à toi. Et toi, tu ne veux pas t’unir à ton frère ? Tu n’y mets pas l’empressement que tu devrais montrer. Que dis-je ? Tu te sépares violemment de lui, toi à qui le Seigneur a montré tant d’amour et donné tant de vie !… Il a voulu en effet nous faire participer à sa propre chair, semblable à la nôtre par sa nature, mais exempte de péché et surabondante de vie… afin que nous puissions trouver à cette table l’immortalité… Nous ne participons plus seulement, en effet, à l’autel (comme les païens), mais au Christ lui-même.

Saint Augustin.
Sermon 272.

Saint Augustin (354-430), rhéteur romain, baptisé à Milan à Pâques 387, évêque d’Hippone de 391 à sa mort, docteur de l’Église.

Mes frères, ces mystères portent le nom de « sacrements » parce que l’apparence ne correspond pas à leur réalité profonde. Que voit-on ? Un objet matériel. Mais l’esprit y discerne une grâce spirituelle. Veux-tu comprendre ce qu’est le corps du Christ ? Écoute l’Apôtre dire aux fidèles :

« Vous êtes le corps du Christ et ses membres » (1 Co 12, 27).

Si donc vous êtes le corps du Christ et ses membres, c’est votre propre symbole qui repose sur la table du Seigneur. C’est votre propre symbole que vous recevez. A ce que vous êtes, vous répondez : « Amen », et cette réponse marque votre adhésion.

Tu entends : « Le corps du Christ » et tu réponds : « Amen ». Sois un membre du Corps du Christ afin que ton « amen » soit vrai.

Comment ce pain est-il donc le Corps du Christ ? Ne proposons pas ici d’opinion personnelle mais écoutons encore et toujours l’Apôtre qui déclare à propos de ce sacrement : « Quoique nombreux, nous sommes un seul pain, un seul corps » (1 Co 10, 17).

Comprenez et réjouissez-vous ! Unité. Vérité. Piété. Amitié. Un seul pain. Qui est ce pain unique ? « Quoique nombreux, un seul corps. » Rappelez-vous que le pain n’est pas formé d’un seul grain, mais d’un grand nombre. Au moment des exorcismes, vous avez été broyés. Au moment du baptême, vous avez été comme imbibés d’eau. Et quand vous avez reçu le feu de l’Esprit-Saint, vous avez été comme apssés à la cuisson. Soyez ce que vous voyez et recevez ce que vous êtes.
Voilà comment l’Apôtre a parlé du pain. Désormais, le sens de cette coupe ne vous échappe plus, quoique l’on n’en ait rien dit. En effet, pour donner au pain une apparence sensible, on a mélangé dans l’eau des grains nombreux qui n’ont plus formé qu’une pâte, symbole des premiers chrétiens dont parle l’Écriture sainte : « Ils n’avaient qu’une âme et qu’un cœur pour Dieu » (Ac 4, 32). Il en est de même du vin. Frères, rappelez-vous comme on fait le vin. Les grains pendent, nombreux, à la grappe, mais ils se fondent en une seule et même liqueur.

Tel est le modèle que nous a donné notre Seigneur Jésus-Christ. Il a voulu que nous adhérions à lui et il a institué sur sa table le sacrement de l’unité sans garder le lien de la paix, reçoit, en guise de sacrement profitable, un témoignage qui le condamne.

Tournons-nous vers le Seigneur, notre Dieu et Père tout-puissant, et d’un cœur pur, dans la mesure de notre faiblesse, rendons-lui d’immenses et sincères actions de grâce. Prions avec toute notre âme sa munificence extrême, afin que nos prières lui plaisent et qu’il daigne les exaucer. Qu’en sa puissance, il chasse l’Ennemi de nos actes et de nos pensées. Qu’il multiplie en nous la foi, qu’il gouverne notre esprit, qu’il nous inspire des pensées spirituelles et nous conduise jusqu’à sa félicité. Par Jésus-Christ son Fils. Amen.

(Trad. Fr. Quéré-Jaulmois)

Concile Vatican II
Constitution dogmatique sur l’Église : Lumen gentium.

N° 7 :

Le Fils de Dieu, dans la nature humaine qu’il s’est unie, a racheté l’homme en triomphant de la mort par sa mort et sa résurrection, et il l’a transformé en une créature nouvelle (cf. Ga 6,15 ; 2 Co 5,17). En effet, en communiquant son Esprit à ses frères, qu’il rassemblait de toutes les nations, il a fait d’eux, mystiquement, comme son Corps.

Dans ce corps, la vie du Christ se répand dans les croyants que les sacrements, d’une manière mystérieuse et réelle, unissent au Christ souffrant et glorifié. Par le baptême, en effet, nous sommes rendus semblables au Christ : "Car nous avons tous été baptisés en un seul Esprit pour n’être qu’un seul corps" (1 Co 12,13). Par ce rite sacré est signifiée et réalisée l’union avec la mort et la résurrection du Christ. "Nous avons été mis au tombeau avec lui par le baptême qui nous plonge en sa mort", et "si nous sommes devenus avec lui un même être par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une semblable résurrection" (Rm 6,4-5).

Participant réellement au Corps du Seigneur dans la fraction du pain eucharistique, nous sommes élevés à la communion avec lui et entre nous. Puisqu’il n’y a qu’un seul pain, à nous tous nous ne formons qu’un corps, car tous nous avons part à ce pain unique" (1 Co 10,17) Nous devenons ainsi les membres de ce corps (cf. 1 Co 12,27) "étant chacun pour sa part membres les uns des autres" (Rm 12,5).

[1Christus totus : le Christ total

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