L’Église
Catholique
À Paris

Dans notre société mercantile, le don a-t-il encore une place ?

Réponse de Christelle, infirmière et co-organisatrice d’Holywins.

Aujourd’hui nous vivons dans une société tournée sur elle-même. On a les oreilles fermées par nos walkmans, on est vissés sur les ordinateurs.
Ceci dit, nous sommes une société dans laquelle le don a une place : par la présence d’un bon nombre d’associations où l’on peut donner de soi. Mais pour proposer aux jeunes de faire un acte de don, il faut aller les chercher, les titiller.

Aller vers l’autre n’est pas une démarche facile, il faut de l’audace et cette audace il faut la proposer : « allez, tiens, tu viens avec moi on va aller donner (du temps ou du sang, chacun à sa façon) sinon personne ne bouge. Il faut que l’un entraîne l’autre : un copain invite un copain et ce copain invite un copain. Ainsi, s’engager à plusieurs permet de faire tomber la peur, d’être plus à l’aise. C’est poser un acte de confiance.

Ce sont des gens qui n’ont peut-être pas été sensibilisés au don. S’ils n’ont pas cette notion de don, si on ne leur a pas expliqué, je ne sais pas s’ils poseront cet acte de donner. Certaines façons de donner plaisent particulièrement aux jeunes : les maraudes de St-Vincent de Paul, Macadam café, les restos du cœur… C’est du temps gratuit. Si on donne du temps c’est parce qu’on aime. C’est notre vocation à tous d’aller donner du temps et d’aimer.

Il faut appeler au don ! Proposer pour voir ce que c’est, et accompagner pour montrer que donner de son temps c’est rencontrer l’autre, l’écouter, l’aimer tout simplement, ce n’est pas compliqué. En donnant gratuitement on n’attend rien en retour mais on se construit soi.

Dans le thème choisi pour Holywins « Don de vie, don de soi », qui est aussi la grande cause nationale 2009, il y a cette proposition de sensibilisation à la culture du don. On est en manque de sang, on est en manque de plaquettes, surtout dans cette période d’états grippaux. « Don de vie, don de soi », nous touche, tous, et y compris nous, chrétiens, en la personne du Christ qui est mort et ressuscité pour nous sauver.
Cela rejoint des hommes et des femmes qui ont fait don de leur vie et don de soi en suivant le Christ et sont le chemin de la sainteté. Ce sont des personnes qui sont des exemples audacieux pour nous : pour nous construire, aider notre prochain et poser des actes généreux.

Nous espérons que ce thème va toucher le maximum de personnes, qu’elles soient chrétiennes ou non. Si on ne se bouge pas, on ne pourra percer ce monde centré sur lui-même. C’est pourquoi il y aura des formations dans les paroisses pour proposer aux personnes qui appréhendent l’évangélisation de rue d’aller à la rencontre de l’autre dans la rue : comment leur proposer ce qui nous anime, ce qui nous fait vivre, leur proposer notre espérance chrétienne. C’est pour solidifier l’annonce de la Bonne Nouvelle dans la rue. Ce n’est pas évident de s’adresser à une personne dans la rue et de lui dire notre message de chrétien. Faire de l’évangélisation de rue, c’est déjà un don qui n’est pas donné à tous. Mais il faut aller de l’avant, chacun à sa manière parce que la mission c’est une urgence. Dieu nous appelle à aimer de toute urgence !
Sainte Catherine de Sienne a dit : "Si vous êtes celui que vous devez être, vous mettrez le feu dans le monde entier !"

En tant qu’infirmière, je me sens particulièrement concernée car je travaille dans un service où nous accompagnons régulièrement des personnes en fin de vie.
Lorsqu’un malade est en attente de plaquettes, je vois son espérance dans son regard. L’espérance est vraiment palpable dans le monde hospitalier !

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