Le Carême : temps privilégié pour aimer

P.N.-D. – Pourquoi associe-t-on la charité au Carême ?

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P. Olivier Ribadeau Dumas, vicaire épiscopal à la Solidarité. Photo D.R..

P. Olivier Ribadeau Dumas – C’est le Christ qui nous y invite. L’Evangile du mercredi des Cendres parle de la prière, du jeûne et de l’aumône. Le Carême est un temps de prise de conscience de l’amour que nous recevons de Dieu et dont nous sommes dépositaires, et donc de la nécessité d’aimer. C’est un temps privilégié pour aimer Dieu et pour aimer l’autre, pour renouveler notre regard sur l’autre et pour renforcer notre partage avec lui.

P. N.-D. – Que signifie concrètement faire la charité ?

O. R. D. – Je préfère l’expression « vivre la charité » à « faire la charité », qui a un relent des siècles passés. Vivre la charité est quelque chose de très concret. Lorsque nous nous plongeons dans l’amour du Christ et que nous essayons d’en vivre, cela nous pousse à adopter une attitude particulière envers notre prochain. En premier lieu, il s’agit de changer de regard, en établissant une relation avec la personne à côté de laquelle nous pouvons passer. En second lieu, il est important de partager nos richesses matérielles, en ayant en tête que « la main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit », comme le dit Pedro Mecca.

P. N.-D. – Pourquoi est-il important de donner de l’argent, de faire l’aumône ?

O. R. D. – Le partage des richesses est une pratique très antique de l’Eglise. Il suffit de penser à la collecte des fidèles de Jérusalem. Il renvoie à la doctrine sociale de l’Eglise, qui parle notamment de l’option préférentielle pour les pauvres et de la destination universelle des biens de la terre. Faire l’aumône renvoie à l’engagement pour la justice dont parle Benoît XVI dans son message de Carême. Au-delà de cette justice, le Christ dans l’Evangile regarde avec respect et admiration l’obole de la veuve, qui a donné non pas de son superflu mais de son nécessaire.

P. N.-D. – Le diocèse propose-t-il des initiatives particulières pour le Carême ?

O. R. D. – L’Eglise de France organise sa collecte annuelle le 5e dimanche de Carême. Il s’agit d’aider à financer des projets mis en place par le CCFD. Il y a également l’appel du cardinal Vingt-Trois pour les offrandes de Carême, avec des projets à Haïti, en Galilée, etc. Par ailleurs, en cette période de froid, il est important d’être particulièrement soucieux des personnes qui vivent dehors. De façon plus générale, j’inviterais volontiers les chrétiens à être des veilleurs, attentifs à ce qui se vit à côté de chez eux, notamment dans leur immeuble.

P. N.-D. – On parle beaucoup des pauvres, mais ne sommes-nous pas tous petits en quelque sorte ?

O. R. D. – Nous sommes tous petits, mais avouons qu’il y a des plus petits que d’autres ! Tout le monde n’a pas soif, n’est pas en prison, ne manque pas de vêtement, n’est pas à l’hôpital. Le Carême est un temps privilégié pour se désencombrer de ses idoles, pour se recentrer sur l’essentiel, sur Dieu et sur ses frères, pour vivre la charité envers les pauvres. Mais il est vrai que celle-ci commence avec l’entourage immédiat : vivre la charité conjugale, en famille, au travail, au lycée, etc., est une exigence quotidienne du chrétien à ne pas perdre de vue. • Propos recueillis par Ariane Rollier

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