L’Église
Catholique
À Paris

Saint Jean Chrysostome, homélie 21 sur 1 Co 10, 16-17

Jean Chrysostome (349-407), baptisé à 18 ans, moine puis prêtre, prédicateur, archevêque de Constantinople en 398, mort en exil, docteur de l’Église. Son surnom signifie « bouche d’or ».

« Le pain que nous rompons n’est-il pas une communion au corps du Christ ? » Pourquoi l’apôtre ne parle-t-il pas de participation seulement ? Parce qu’il veut exprimer quelque chose de plus et indiquer l’intimité de l’union. Il n’y a pas seulement participation ou partage, il y a vraiment union. Comme ce corps est uni au Christ, nous aussi par le pain nous lui sommes unis également.

Pourquoi ajoute-t-il : « …que nous rompons » ? Ce qui de fait a lieu dans l’Eucharistie, alors que sur la croix ce fut le contraire, selon ces mots de l’Ecriture : « Pas un de ses os ne sera brisé » (Ex 12, 46). Mais ce que le Christ n’a pas souffert sur la croix, il le souffre sur l’autel à cause de vous : il veut bien être rompu, afin de rassasier tous les hommes. L’apôtre vient de dire « la communion au corps… » Or il y a une différence entre celui qui communie et ce à quoi il communie. Il veut donc encore faire disparaître cette différence, si petite qu’elle pût paraître. C’est pourquoi il ajoute : « car nous sommes tous ensemble un seul pain et un seul corps ».

Que parlai-je de communion ? dit-il, nous sommes ce corps lui-même.

Qu’est-ce que ce pain ? Le corps du Christ.

Que deviennent ceux qui communient ? Le corps du Christ : ils ne sont pas plusieurs corps, mais un seul. Combien de grains de froment entrent dans la composition du pain ? Mais ces grains, qui les voit ? Ils sont bien dans le pain qu’ils ont formé, mais rien ne les distingue les uns des autres tant ils sont unis. Ainsi sommes-nous unis les uns les autres et avec le Christ. Celui-ci ne se nourrit pas d’un corps et celui-là d’un autre : nous sommes tous nourris d’un même corps, et c’est pourquoi l’apôtre ajoute : « parce que nous participons tous au même pain ».

Si nous participons au même pain, si nous devenons un même corps, pourquoi ne pas avoir la même charité et ne pas nous unir par ce lien puissant ? Relisez l’histoire de nos ancêtres dans la foi, vous trouverez ce prodige vivant : « La multitude des croyants n’avait qu’un seul coeur et qu’une seule âme (Ac 4, 32).

Que sont devenus ces beaux exemples ? Nous avons le contraire sous les yeux. Des divisions nombreuses, des dissensions profondes règnent entre tous et nous nous traitons les uns les autres avec une cruauté digne des bêtes. Et pourtant, frère, c’est le Christ qui est venu te chercher, toi qui étais si loin de lui, pour s’unir à toi. Et toi, tu ne veux pas t’unir à ton frère ? Tu n’y mets pas l’empressement que tu devrais montrer. Que dis-je ? Tu te sépares violemment de lui, toi à qui le Seigneur a montré tant d’amour et donné tant de vie ! … Il a voulu en effet nous faire participer à sa propre chair, semblable à la nôtre par sa nature, mais exempte de péché et surabondante de vie…afin que nous puissions trouver à cette table l’immortalité… Nous ne participons plus seulement, en effet, à l’autel (comme les païens), mais au Christ lui-même.

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