Pourquoi le "Marais chrétien ?"

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Mgr Michel Aupetit, vicaire général du diocèse de Paris.
© D. R.

P.N.-D. – Qu’est-ce que le Marais chré­tien ?

Mgr Michel Aupetit – Le Marais chrétien a été créé en 1995 pour faire connaître la fécondité du christianisme à partir de manifestations artistiques dans ce quartier (3e et 4e arr.) au patrimoine culturel et historique très riche. Depuis cette date, de nombreuses propositions sont déployées tous les ans à la même époque : concerts, représentations théâtrales, expositions d’arts plastiques, conférences, et même des projections cinématographiques comme l’année dernière, en association avec le Collège des Bernardins. Cette Semaine du Marais chrétien s’est voulue, dès le commencement, œcuménique et les catholiques travaillent de concert avec leurs frères orthodoxes et protestants.

P. N.-D. – Quel est son objectif ?

M. A. – Son objectif est missionnaire dans le sens le plus noble du partage des trésors spirituels et artistiques qui sont les nôtres. Faire connaître l’extraordinaire créativité du christianisme au travers d’œuvres anciennes et contemporaines permet de voir comment aujourd’hui encore, il peut enrichir et nourrir une humanité à la recherche de sens. Il s’adresse à un large public puisqu’il est accueilli dans les mairies des 3e et 4e arrondissements mais aussi au musée d’Art et d’histoire du judaïsme, au musée du Louvre et à la synagogue de la place des Vosges.

P. N.-D. – Quelle est la nouveauté cette année ?

M. A. – La nouveauté se déploie essentiellement autour du thème choisi : « écritures » qui inscrit dans le temps, la pérennité et l’enracinement de l’œuvre humaine dans un monde agité et fébrile. Bien sûr, cela rejoint l’Ecriture sainte contenue dans la Bible pour les chrétiens, mais aussi toutes les formes d’écritures qui parlent du transcendant : icônes, enluminures, textes spirituels, toute forme d’expression artistique qui « grave » en nos cœurs une Présence indicible et même, cette année, la bande dessinée au graphisme contemporain. Une proposition d’initiation à l’écriture Braille, des conférences sur la Bible et les sermons de Bourdaloue qui attiraient le Tout-Paris de Madame de Sévigné, sont le reflet éclectique du rayonnement de ce langage humain.

P. N.-D. – Pourquoi avoir choisi ce thè­me ?

M. A. – Ce thème a été adopté à la majorité des membres du comité organisateur. Au-delà de la permanence même de l’écrit, c’est aussi le signe de l’accueil de ce qui nous dépasse et nous rend attentifs à l’écoute et à la recherche toujours renouvelée d’une « autre parole ». L’écriture nous forme et nous parle en s’inscrivant en nous pour déployer notre intelligence à la mesure d’une humanité qui se réalise pleinement lorsqu’elle accomplit l’image de Dieu inscrite en elle. • Propos recueillis par Sophie Lebrun

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