L’Église
Catholique
À Paris

Prêtres jubilaires – À la retraite, mais pas en retrait

Au-delà de l’accueil des nouveaux prêtres, les ordinations rendent aussi hommage à ceux qui ont passé leur vie au service des catholiques parisiens. Jubilaires ou pas, ils ont de nombreuses années de sacerdoce derrière eux. Paris Notre-Dame est allé à leur rencontre.

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© S. Lebrun

Dans le jardin de la Mai­son Marie-Thérèse (14e), quel­ques hommes aux cheveux blancs, une croix discrète à la boutonnière, ont sorti des chaises devant les portes-fenêtres. L’un à la guitare, l’autre une feuille de chant à la main, ces habitants de la résidence parisienne des prêtres âgés profitent de l’après-midi. A quelques mètres, le P. Jean-Maurice Robin, 77 ans, trie des piles de livres. Depuis 2003, il habite dans ces imposants bâtiments avec une centaine de prêtres, religieux et religieuses re­traités de la région. « Même si nous ne sommes plus en paroisse, nous restons attachés à notre diocèse, confie-t-il. Nous prions régulièrement pour la communauté catholique de Paris. » Au début, pourtant, l’adaptation a été difficile : « C’est un passage, il faut trouver un nouvel équilibre. » Dans les moments de prière et les activités de la maison, il avoue se sentir « comme dans une communauté, sauf que nous ne nous rassemblons pas autour d’une règle de vie, mais au nom d’un envoi que notre évêque nous a confié le jour de notre ordination. » Bien que la majorité des pensionnaires n’aient plus d’activité parois­siale, certains, comme le P. Ro­bin, donnent « un coup de main » et gardent ainsi « l’impression d’être utile, en plus de notre soutien spirituel ».

Dans un quartier voisin, le P. Geor­ges Charreyre, 88 ans, se souvient des huit ans qu’il a passés en tant que supérieur de Marie-Thérèse. « Je pensais y rester et puis, en 2001, on m’a proposé de devenir aumônier de la Maison des Petites sœurs des Pauvres (6e) ». Après soixante-cinq ans de sa­cerdoce, il est encore « pris mais pas débordé. Je garde toujours l’enthousiasme de mes premiers jours, même si le corps ne suit pas toujours. Je suis moins partie prenante de la vie paroissiale, mais je continue à suivre ce qu’il s’y passe à travers une corres­pondance nourrie et des rencontres régulières avec des copains curés. » Pour autant, il redoute le jour où il ne pourra plus se dé­placer seul, et surtout, « quand je ne pourrai plus aller à Notre-Dame pour les ordinations. C’est un moment d’intense émotion de se retrouver dans la cathédrale, entouré de ses frères ».

Cette année, en tant que prêtre jubilaire, le P. Paul Bouqueau,
85 ans et soixante ans de sacerdoce, sera au premier rang, au cœur de la célébration. Pour l’ancien curé de St-Léon (15e) prêtre rat­taché à St-Augustin (8e), la retraite n’est pas de tout repos. « Je n’ai plus le titre mais toujours le boulot », plaisante-t-il en énumérant ses occupations : trois rondes de jeannettes, huit équipes d’Ecriture Sainte, le caritatif et une douzaine de malades à visiter. « Quand le curé et les vi­caires plus jeunes sont en camp d’été, j’assure le quotidien », ajoute-t-il. S’il apprécie avoir toujours l’impression de servir, il n’appré­hende pas pour autant le mo­ment où il devra quitter le mi­nis­tère en paroisse. • Sophie Lebrun

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