Le patronage, école de responsabilité

De nombreuses paroisses parisiennes proposent – par le biais de leur patronage – des camps pour enfants et adolescents au cours de l’été. Zoom sur certaines propositions qui, des élèves des primaires jusqu’aux lycéens, visent à responsabiliser les jeunes suivant leur niveau.

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Grand jeu organisé l’été dernier par les adolescents pendant le camp du patronage de ND du Bon Conseil (18e) N.-D. du Bon Conseil (18e). Photo www.GAC.FR

Apporter : chaussures de marche, maillot de bain, pull chaud, carnet de chants, instrument de musique. Ne pas apporter : téléphone portable, console de jeux, bonbons ou nourriture personnelle. Le ton est donné ! Au camp organisé par la paroisse St-Ferdinand des Ternes (17e) du 11 au 24 juillet, pas question de jouer solo. Pour la cinquantaine d’inscrits, âgés de 7 à 17 ans, pas question non plus de se faire servir. « Chacun doit mettre la main à la pâte, explique Catherine Letorey, directrice adjointe du camp. Et cela commence dès le saut du lit : pour que les animateurs aient un moment libre, ce sont les jeunes eux-mêmes, à partir de 14 ans, qui sont responsables du petit-déjeuner. » Comme le chalet savoyard choisi par la paroisse est en gestion libre, tout le monde participe à la vaisselle, au ménage et au rangement. « C’est sympa de faire ça ensemble ! Au début, certains petits ne savent pas comment faire, donc on est là pour leur montrer », raconte Claire, 16 ans, qui participera en juillet à son troisième camp d’été.

La confiance, vrai coup de boost

Pour les activités, même principe : les grands sont là pour donner l’exemple aux plus jeunes et aider les animateurs. « Ce que je préfère, c’est avoir un rôle dans une veillée ou dans un grand jeu », explique Donatien, 15 ans. Cet été, il sera « jeune animateur » : dès qu’ils en auront besoin, les animateurs pourront lui demander de l’aide. Un engagement « naturel » pour lui, après plusieurs camps. « On m’a fait confiance dès le départ, donc j’ai envie de donner plus. » Selon François Tranchant, directeur du camp de la paroisse St-Pierre de Montrouge (14e), « la confiance, c’est la clé. Quand un jeune sent qu’on compte sur lui, il est forcément boosté ». Pendant les quinze jours prévus cet été à Quiberon (Morbihan), il veillera à proposer aux jeunes, âgés de 8 à 16 ans, des responsabilités qui les font grandir, mais à leur rythme. Si les collégiens seront responsables d’une veillée pour les petits, « on confiera une tâche à chacun, selon ce qu’il peut donner ». Le directeur de camp voit dans ces petites responsabilités, inspirées de la pédagogie scoute, une vraie école de la vie : fierté personnelle, certes, mais surtout envie d’en faire plus. Par exemple, le camp d’été est un lieu pour recruter de futurs servants d’autel, car les collégiens apprennent aux plus jeunes les gestes de la liturgie. « Les petits prennent conscience que ça leur plaît simplement parce que c’est proposé par les jeunes eux-mêmes, et non par les chefs », explique François Tranchant.

Rendre à son tour

Faire le lien entre la notion de service et la vie de foi, c’est le but final du patronage de la paroisse N.-D. du Bon Conseil (18e), géré par les religieux de St-Vincent de Paul, qui propose plusieurs camps en Auvergne. Dans l’esprit de leurs fondateurs, ils veillent à faire passer la découverte de Dieu dans l’attention aux plus petits. Dans quelques semaines, Carl, 17 ans, sera animateur pour la première fois à la colo pour les 6-14 ans. Entré à 8 ans « par hasard » au patronage, il y a découvert la joie de servir les autres en même temps que la foi. « Le plus petit que l’on doit protéger et aider à grandir, c’est le visage du Christ », résume simplement ce lycéen qui a demandé le baptême il y a quatre ans. Malgré de nombreuses propositions pour les vacances, il « donnera » trois semaines de son été car c’est pour lui un couronnement, un moyen de « transmettre le flambeau à des plus jeunes qui deviendront animateurs à leur tour, pour rendre tout ce qu’ils ont reçu gratuitement ». • Anna Latron

Trois questions au P. Guillaume de Menthière : St-Jean-Baptiste de La Salle (15e) relance son patronage

Depuis bientôt un an, la paroisse a décidé de remettre sur pied son patronage centenaire, désormais appelé « Pasteur Jeunes ». Lieu de vie pour les adolescents, il les accueille tous les soirs de la semaine après les cours. Trois questions au P. Guillaume de Menthière, curé de St-Jean-Baptiste de La Salle (15e).

Paris Notre-Dame : Pourquoi avoir relancé le patronage paroissial ?

P. Guillaume de Menthière : Trois raisons nous y ont incités. En premier lieu, la célébration du centenaire de la paroisse nous invite à avoir de l’ambition pour les cent prochaines années et à renouer avec le projet initial de « cité paroissiale » qui, en 1910, comprenait école et patronage. Ensuite, la perspective de nouveaux locaux qui se libéreront dans un ou deux ans nous offre une vraie opportunité, notamment pour le développement d’activités sportives. Enfin, notre projet a été « confirmé » par le redéploiement diocésain de la pastorale des jeunes, qui insiste sur l’enracinement des aumôneries sous un clocher paroissial, le curé devenant l’aumônier.

Quelles valeurs voulez vous mettre au coeur du projet « Pasteur Jeunes » ?

G. de M. : Le foyer de ce nouveau patronage s’appelle « Don Bosco ». On y voit les portraits de saint Dominique Savio et du bienheureux Pier Giorgio Frassati ; on y trouve une bibliothèque remplie de vies de saints. Le programme est donc fixé : l’éducation à la sainteté. Notre valeur ajoutée, c’est Jésus, le seul saint.

Quels sont vos projets pour l’été ? Et pour la rentrée prochaine ?

G. de M. : Nous avons eu un camp de ski en février, mais il n’y a pas, pour l’instant, de camp d’été prévu. Les plus jeunes peuvent se rendre à l’autre patronage paroissial, le « Chalet Cotentin » – réservé aux 4-12 ans – qui reste ouvert tout le mois de juillet. L’effet Coupe du monde et le relâchement du rythme scolaire amènent un certain nombre de nouveaux à « Pasteurs Jeunes » en ce moment. Des élèves en classes prépa ont donc proposé aux plus jeunes une initiation à la science. Pour la rentrée, un cours de rock et un groupe de théâtre sont en projet. L’objectif est que le bouche à oreille fonctionne dans le quartier et que toute une population absente de notre église puisse être rejointe par le biais du patronage. • Propos recueillis par Anna Latron

Contact : 01 47 34 52 11 et pasteurjeunes@yahoo.fr

UN NOUVEAU SITE INTERNET AVEC LES PROPOSITIONS DES PATRONAGES

La Fédération des Associations Culturelles, Educatives et de Loisirs du diocèse de Paris regroupe 45 centres de loisirs qui sont soit d’anciens patronages, soit de nouveaux centres, tous liés à une paroisse ou à une école. Afin de mieux répondre à la demande des parents à la recherche de propositions variées pour leurs enfants, la FACEL vient de mettre en ligne un nouveau site Internet, consultable depuis début juin.

Sur le site internet http://www.facel-paris.com/spip.php sont répertoriés tous les centres de loisirs avec leurs spécificités (activités, tranches d’âge, etc.) et leurs propositions d’activités. • A. L.

À noter que deux camps ont encore de la place pour cet été :
- Alésia Jeunes (14e) : Camp à Quiberon, du 3 au 16 juillet, pour les 8-16 ans. Il reste 18 places. Renseignements au 01 43 95 41 46 et alesiajeunes@free.fr
- St-Joseph des Tanneries (13e) : Camp en Savoie, du 8 au 21 juillet, pour les 6-12 ans. Il reste 15 places. Renseignements au 01 45 81 36 84 et st.joseph.tanneries@free.fr

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