L’Église
Catholique
À Paris

Sur les pas de la route verte : une ascension

Témoignage suite au pèlerinage diocésain à Turin à l’Ascension 2010.

On nous avait prévenus : « On va monter, prévoyez ce qu’il faut. » Et en effet, on a monté, c’était l’ascension…

Dès le jeudi matin, nous voici marchant vers la cathédrale et vers ce qui nous a tous rassemblés et mis en mouvement, ou plutôt vers Celui qui nous a tous rassemblés et mis en route : un certain homme, torturé et crucifié, dont le visage paisible et le corps tourmenté se sont imprimés sur son linceul. Je crois que c’est bien le visage du Christ qui est là, devant moi ? Je ne peux qu’adorer .Je n’en suis pas certain ? Je peux cependant méditer sur les souffrances subies par Jésus qui pourrait être cet homme, et qui de toute façon est en tout homme qui souffre. Que le Christ ait accepté de telles souffrances pour sauver aussi ceux qui se sont acharnés sur lui avec une telle cruauté, voilà ce que dit ce Saint Suaire… « Comme il est grand, l’amour dont le Christ nous a aimés. »
Après ce face à face nous découvrons un turinois du XIXe siècle, qui s’est laissé regarder par cet homme et que ce regard a conduit à la sainteté : Don Bosco et ses intuitions d’éducateur, son audace d’homme de foi, son labeur inlassable au service des jeunes. Nous le découvrons dans ce quartier de la ville où il a établi un centre d’accueil : le Valdocco, nous l’imaginons devant ce petit bureau qui n’est là maintenant que pour parler de lui. Après une conférence de Monseigneur Vingt-Trois, la messe dans la très « décorée » église de Marie Auxiliatrice marque la fin de cette première journée. Qui a parlé de montagne, de grimper, de monter ? Turin est une ville plate. Certes, mais nous nous sommes déjà élevés en ce jour de l’Ascension.

Le vendredi doit nous emmener au « colle Don Bosco », on va donc certainement s’élever encore. Ça y est, la « route verte » est au complet, bien resserrée autour du Père François Potez dans cette toute petite chapelle du village de Capriglio. Nous les pèlerins de cette route verte, qui regroupe les ni très jeunes ni très vieux, nous sommes là avec notre vie déjà bien vécue, nos vies d’époux et d’épouses, nos joies et nos peines de parents, de grands-parents, notre célibat, volontaire ou non, et le Père nous exhorte, avec clarté et conviction, quelle que soit notre situation, à vivre pleinement le don de l’amour dans la vérité. C’est un moment très fort et après cela nous suivrions le Père François n’importe où…Cela tombe bien, car il s’égare, et nous égare, un peu et c’est bien boueux que nous arrivons « chez » don Bosco. Une belle église en bois, moderne et sobre, sa maison natale, une grande place, une belle vue sur la plaine, la présence très forte de sa mère, « Mamma Margherita », une chapelle, une statue aux lignes épurées et tourmentées à la fois pour rappeler le jeune saltimbanque qu’il fut, une évocation vivante et passionnée de sa vie par un Père salésien, une messe fervente dans une vraie communion, les souvenirs se bousculent. Il n’y a que deux jours que nous avons quitté Paris, et nous avons l’impression que c’était il y a si longtemps…Nous savourons un avant-goût de paradis…Ces deux visages rencontrés nous tirent vers le haut. Réussira-t-on à n’en pas redescendre ?

Samedi, jour de « la » montée », qui inquiète un peu les moins montagnards d’entre nous, vers le sanctuaire marial d’Oropa, cher au bienheureux Pier Giorgio Frassati, dernier visage de sainteté proposé à notre méditation. Un homme plein de fougue, brûlant de charité dès son plus jeune âge, beau, sportif, gai ; son évocation pleine d’allant et d’humour par un jeune prêtre de la Communauté St Martin nous le rend plus sympathique encore. Il montait jusqu’à ce sanctuaire chaque jour quand il n’était pas à Turin ? Nous aussi nous sommes montés. Il s’est élevé jusqu’à la sainteté ? Alors nous aussi nous sentons que nous le pouvons, à notre rythme, et que si nous devons redescendre d’où nous venons, ce sera moins bas, qu’on s’arrêtera avant d’être au ras du sol.

Tout n’est pas dit dans ces quelques mots. Sans doute l’essentiel est-il au fond des cœurs et des âmes ; permettez-moi simplement de terminer sur cette remarque ; elle a été faite par une personne assise en face de moi dans le train du retour : « Ce qu’il y a eu de beau dans ce pèlerinage, c’est que chaque jour, à tout moment, des prêtres étaient là qui donnaient le sacrement du pardon. » Comment mieux conclure ? Comment mieux dire que celui qui semble s’abaisser à regarder en lui est relevé ?

Aucun doute, pour moi, et pour bien d’autres sûrement, cette Ascension 2010 fut vraiment une montée.

Un pèlerin de la route verte.

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