Deux-mille douze : une année plus fraternelle ?

P. N.-D. - En souhaitant « Joyeux Noël » autour de vous, à quoi pensez- vous au juste ?

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Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France
Stephane OUZOUNOFF – CIRIC

Mgr Bernard Podvin – Le journalisme emploie l’expression « marronnier » pour désigner des événements répétitifs au calendrier. Mon souhait est que Noël ne soit pas un marronnier ! Pas un Noël de plus. Mais un Noël nouveau. Dieu ne cesse de nous surprendre. La Nativité, c’est « Dieu avec nous ». On ne s’habituera jamais à ce mystère. Que nos célébrations, nos rencontres familiales soient rayonnantes du Prince de la Paix. Et si nous nous faisions la surprise d’un Noël qui nous rende plus sereins par le sourire, par une visite prolongée, par un geste délicat, par une action solidaire, une intention de prière ? Mettons nous à l’école du Christ. « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », dit-il. Voilà Noël : humilité envers Dieu et douceur envers autrui.

P. N.-D. - Quel bilan tireriez-vous de l’année 2011 ?

Mgr Bernard Podvin – Les bilans ne manquent pas en fin d’année. 2011 fut paradoxale : une fragilité planétaire comme jamais et, en même temps, un sursaut impressionnant de dignité. Le monde me semble "tectonique". En sismologie, les experts détectent les failles géologiques, mais sont comme impuissants à prévoir les possibles catastrophes. Qui sait dire ce qui adviendra en 2012 ? Il est urgent de solliciter ce que l’homme a de meilleur en lui ! L’Église, en ce contexte, a une mission de veille. C’est dans cet esprit que les évêques ont publié un texte en vue des élections 2012, pour susciter la confiance en notre capacité à traverser les épreuves, si nous nous mobilisons au service de la personne. Il ne faut pas tricher avec le citoyen ! Lui dire en vérité les choix de société. Le vote n’est pas un chèque en blanc. Il y aura d’autres événements en 2012, comme la célébration des cinquante ans de Vatican II à Lourdes. Par ailleurs, les JMJ 2011 auront marqué les esprits : pensez donc ! 50 000 jeunes Français à Madrid ! L’Eglise est vivante. Elle est engagée dans le respect de l’humain et la nouvelle évangélisation.

P. N.-D. - Qu’espérez-vous pour 2012 ? Que souhaitez-vous de bon à vos confrères et concitoyens ?

Mgr Bernard Podvin – Difficile de formuler des vœux "généraux". J’aime personnaliser à chacun le message du nouvel An. Tenir compte de ce qu’il vit. Sa santé, son travail, ses joies, ses épreuves, ses projets. Le porte parole des évêques souhaite à notre société, et à tous les lecteurs de Paris Notre Dame, une année plus fraternelle, c’est-à-dire dans une estime croissante des uns envers les autres. Mon souhait, pour 2012, est que nos libertés d’agir et de penser ne brisent pas notre fragile vivre ensemble. Ne nous replions pas sur nous-mêmes. Dieu, par le prophète Isaïe, nous dit pour l’année qui vient : « N’aie pas ce regard anxieux, car je suis avec toi. Ne ressasse pas les faits d’autrefois. Je vais faire du neuf, qui déjà bourgeonne. Ne le reconnais-tu pas ? » (Is 41 et 43). • Propos recueillis par Ariane Rollier

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