Témoignage d’Ingrid qui a perdu son frère

Il y a dix ans, mon frère Raphaël se tuait dans un accident de voiture à l’âge de 23 ans.

Je me souviens : l’annonce si brutale, si irréelle et puis les heures de veille, d’attente, avec cette impression si palpable de mourir à petit feu, d’être engloutie dans la souffrance, la sienne et celle de tous ceux qui nous entourent. Quand on l’a mis en terre, le temps s’est arrêté. Et puis la vie a repris son cours : j’avais 19 ans, je me mariais un mois après, j’avais une formidable envie de vivre et d’être heureuse. Je ne me suis pas révoltée, j’ai juste appris à vivre avec son absence auprès de moi et dans notre famille. J’ai toujours été intimement convaincue dés la première seconde, que Raphaël continuait à vivre sa vie ailleurs, et qu’il était plus heureux que jamais. Curieusement, je peux affirmer que cette épreuve à été une bénédiction pour notre famille et pour moi. Elle nous a unis plus profondément, elle nous a forcés à approfondir nos relations et à vivre l’instant présent dans la joie, elle a ouvert notre coeur aux souffrances des autres.

Mais il y a aussi la peine inconsolable de mes parents. Perdre son enfant
c’est une amputation inguérissable. Comme une blessure d’amour qui ne se referme pas, une place qui reste vide ?

Depuis quelque temps je me rends compte que je dois faire un deuxième pas dans la foi. Je dois laisser à mon frère la place qui lui revient dans ma vie puisque je sais qu’il est vivant, qu’il vit auprès de Dieu.Un jour nous nous retrouverons, mais peut être déjà, à un certain niveau, nous sommes ensemble ?

Ingrid, 29 ans.

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